Exclu. Paolo : le créateur du thriller déconseillé aux moins de 16 ans dénonce "l'uniformisation" du genre
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On a rencontré le réalisateur Sébastien Marnier, créateur de la série "Paolo" diffusée sur HBO Max.

Par Clément Schmidt

Sortie le 25 septembre, Paolo est la première incursion du réalisateur français Sébastien Marnier en terre de séries. Grand amateur de thrillers machiavéliques teintés de critique sociale, le cinéaste prend ici un malin plaisir à troubler les codes moraux du spectateur au fil des épisodes, pour mieux le faire frissonner.

Paolo
Paolo
Sortie : 2026-09-25
Série : Paolo
Avec Jérôme Niel, Yoann Gasiorowski, Magalie Lépine Blondeau
Presse
4,2
Spectateurs
3,4
Disponible sur HBO MAX

Entre thriller addictif, critique sociale et ambiance horrifique, Paolo est une série aussi inquiétante et insaisissable que son héros éponyme. Rencontre avec Sébastien Marnier, la tête pensante de ce cauchemar.

"L’horreur est intimement politique"

Paolo se distingue des autres séries de genre par sa description frontale du contexte politique et social dans lequel évolue son personnage. Un ancrage réaliste qui contribue grandement à instiller la peur, et qui fait tout le sel de ce genre d’histoire selon Sébastien Marnier.

AlloCiné : L’une des grandes réussites de la série, c’est son approche décalée des codes de l’horreur. Nous vivons à une époque où tous ces codes ont été digérés par le public, et où nous sommes abreuvés d’images violentes, notamment à travers les réseaux sociaux. Est-ce encore possible de faire frissonner, voire de choquer ces spectateurs-là ?

Max

Sébastien Marnier : Moi qui vais encore voir tous les nouveaux films d'horreur qui sortent en salle, je constate une certaine uniformisation de ce cinéma, parce qu’il n’a plus grand-chose de politique. Et l'amour du genre et du cinéma d'horreur, je crois qu'il est intimement lié à ça. Ça a toujours été sa dimension politique qui m’a intéressé, cette rencontre avec la vision du monde d'un auteur, découvrir comment il se sent dans le monde et comment il le perçoit. Ramener la politique, c’est d’abord assumer de ramener ça.

Et le faire dans une série, c’est très agréable, parce que le format m’a permis de prendre mon temps, de faire des sorties de route, de prendre des chemins détournés à l’image, à la mise en scène, et de faire en sorte que le spectateur soit constamment surpris. Et surtout, le fait de prendre mon temps pour lui faire aimer tous ces personnages fait que c'est d'autant plus choquant et d'autant plus angoissant lorsqu’il y a quelque chose d'inéluctable qui se met en place.

Max

AlloCiné : Cette dimension politique justement, qui n'existe plus dans la majorité des films d'horreur que vous allez voir au cinéma, pourquoi ne pas la réinjecter vous-même dans une histoire purement horrifique ? Non plus détourner les codes, mais les assumer directement ?

Sébastien Marnier : J'aimerais bien ! Je veux ça, je veux faire ça, et j'espère pouvoir le faire ! Et on voit bien quand même que le genre commence à trouver sa place, en tout cas qu’il infuse de plus en plus le cinéma et l'audiovisuel. Quand on voit Vermines, le premier rôle de Jérôme Niel au cinéma, c’est un pur film d’horreur pop-corn mais avec un sous-texte politique qui est là, qui est très clairement là, et le film marche quand même ! Donc j’espère y arriver ! Mais en même temps, pour être tout à fait honnête, je crois que le film d'horreur que je suis en train d'écrire… je crois qu'il ne sera pas purement un film d'horreur en fait. Je crois que ce n’est pas ça mon destin à moi.

Un nouvel épisode de Paolo est diffusé chaque vendredi sur la plateforme HBO Max.

Propos recueillis par Clément Schmidt le 14 septembre 2026.

Clément Schmidt
Clément Schmidt
Horreur, thriller, docu, romance... En séries comme en films, Clément ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.
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