Toujours à l’affiche de Resident Evil de Zach Cregger, Austin Abrams affronte dès ce mercredi un tout autre genre de menace... Dans Englouti, le comédien incarne Jay, un jeune plongeur parti au large de la Californie à la recherche de la dépouille de son père, incarné par Josh Brolin. Mais alors qu’il explore les fonds marins, Jay est soudainement avalé par un énorme cachalot ! Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste qu’une heure d’oxygène pour trouver un moyen de s’échapper.
Un véritable compte à rebours, qui transforme cette aventure sous-marine en course pour la survie… mais aussi en voyage intime pour ce jeune homme confronté au souvenir de son père.
Sur le papier, la situation semble appeler une bonne dose d'effets numériques. Pourtant, pour le réalisateur Brian Duffield (déjà à l'œuvre sur Traquée), l'enjeu était justement de faire ressentir physiquement au spectateur ce que traverse le héros de son film. Et pour cela, le réalisateur a fait construire de véritables décors.
Un véritable estomac
Une grande partie de Englouti se déroule à l'intérieur du cachalot. Le réalisateur a donc choisi de construire les différentes parties de son anatomie nécessaires au tournage : la bouche, l'œsophage et plusieurs estomacs.
"Ils n'ont pas construit la moitié d'un estomac. Ils ont construit un estomac entier dans lequel on pouvait entrer et avec lequel on pouvait réellement interagir ", raconte Austin Abrams dans une interview accordée à Entertainment Weekly.
Lors de l'avant-première du film, le comédien confie à notre micro qu'il devait intégralement s'enduire de lubrifiant pour y entrer (par le sphincter).
Brian Duffield ajoute : "Il n'y a pas d'images de synthèse. On a simplement construit un estomac. Et comme c'est assez étroit et qu'Austin interagit constamment avec ce qui l'entoure, on a tenté de rendre l'expérience la plus immersive possible pour qu'il puisse travailler pleinement en tant qu'acteur. Mais c'était aussi la seule façon de tourner avec de vraies caméras. Donc il y a beaucoup d'effets spéciaux pratiques."
Austin Abrams a ainsi passé plusieurs semaines dans cet impressionnant décor. Dans une interview accordée à British GQ, il précise avoir passé cinq semaines dans un estomac de neuf pieds de long, soit environ 2,75 mètres, suffisamment étroit pour qu'il ne puisse pas s'y tenir debout. "C'était collant, visqueux... Tous les mots dégoûtants auxquels vous pouvez penser", explique-t-il
Et le décor n'était pas simplement là pour faire joli à l'image. Il pouvait réellement être manipulé autour du comédien. Brian Duffield explique à Empire que l'équipe remplissait l'estomac artificiel d'eau avant de le vider. Une opération qui pouvait modifier complètement sa forme. "Nous le remplissions d'eau puis nous vidions l'eau, et l'estomac prenait une forme complètement différente le lendemain".
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Conséquence : une partie du travail préparé en amont devait être repensée une fois l'équipe à l'intérieur du décor. "Tout notre storyboard, notre prévisualisation et notre préparation ne fonctionnaient plus une fois à l'intérieur de la baleine", poursuit-il.
Le réalisateur avait également imaginé un autre élément pour rendre l'expérience aussi physique que possible : le cœur du cachalot se trouve à proximité de l'estomac et devait continuer à battre pendant que Jay se trouve à l'intérieur. Le décor pouvait donc réagir physiquement aux battements du cœur.
Comment faire entrer la caméra ?
Construire un estomac dans lequel un acteur peut réellement entrer est une chose. Y faire entrer une caméra en est une autre. C’est même l’un des principaux défis auxquels l’équipe a été confrontée pendant le tournage.
"C’était un combat permanent pour essayer de trouver comment faire entrer la caméra là-dedans" , raconte Austin Abrams dans une interview accordée à Entertainment Weekly.
Mais la réponse à ce problème se trouve finalement dans la conception même du décor. Puisque Brian Duffield voulait tourner dans de véritables éléments de l’anatomie du cachalot, il fallait penser l’estomac comme un véritable plateau de tournage : suffisamment étroit pour donner à Austin Abrams la sensation d’être réellement prisonnier, mais suffisamment accessible pour permettre aux équipes et aux caméras d’y travailler.
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C’est notamment pour cette raison que le réalisateur a fait construire plusieurs versions de l’estomac. Brian Duffield explique à Empire que la production en a fabriqué environ six, permettant notamment de varier les configurations et de trouver les meilleures solutions pour filmer les différentes scènes.
Les caméras pouvaient ainsi être installées directement dans ces décors construits à taille réelle, plutôt que de filmer Austin Abrams seul devant un écran vert avant de recréer entièrement l’environnement en postproduction. Chaque mouvement du comédien, chaque déplacement de caméra et chaque élément du décor devaient être pensés en fonction de cet espace particulièrement réduit.
Immersion du spectateur
Brian Duffield a donc fait de cette contrainte une partie intégrante de la mise en scène. Dans une interview accordée à TheWrap, il explique que le film devait donner au spectateur la sensation d’être coincé avec Jay à l’intérieur du cachalot. Une grande partie du film reste ainsi à l’intérieur de l’animal, sans couper constamment vers l’extérieur.
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"Le gros du film se déroule à l’intérieur de la baleine et nous restons très longtemps sans couper vers l’extérieur" explique-t-il. L’idée était donc de ne pas tricher avec la situation : si Jay est prisonnier d’un espace minuscule, la caméra doit elle aussi composer avec cet espace. Le spectateur se retrouve ainsi quasiment enfermé avec le personnage, dans un décor qui existe réellement autour de lui.
Et cette méthode de tournage a forcément demandé beaucoup à Austin Abrams. L’acteur a d’ailleurs décrit cette expérience à la Press Association comme "la chose la plus folle que j’aie jamais faite".
Cette approche ne signifie évidemment pas que Englouti a été tourné sans effets numériques. Les décors physiques ont été complétés par des effets visuels afin de créer l'environnement marin et de donner vie au cachalot. Mais l'idée était de donner à Austin Abrams quelque chose de concret avec lequel jouer.
Englouti est à découvrir au ciné dès ce 14 octobre.

