Une salle hostile, des spectateurs qui quittent la projection et deux acteurs qui rient dans leur coin : voilà le souvenir que Brad Pitt et Edward Norton ont gardé de la présentation de Fight Club à Venise, en 1999. L’accueil réservé au long-métrage de David Fincher était alors bien loin de laisser présager sa réputation actuelle.
Brad Pitt savourait déjà son film
Pour comprendre l’enthousiasme de Brad Pitt, il faut revenir à ce qu’en racontait son partenaire dans le récit publié par The Ringer en 2019. Au milieu des réactions négatives, l’interprète de Tyler Durden semblait parfaitement heureux du résultat. Edward Norton rapportait ainsi :
“[Le film ] a été hué. Ça ne marchait pas bien du tout. Brad s’est retourné et m’a regardé en disant : ‘C’est le meilleur film dans lequel je pourrais jamais être.’ Il était tellement content.”
Cette remarque prend une saveur particulière vingt-sept ans plus tard. Alors que la projection tournait au désaveu, Pitt éprouvait déjà une immense fierté à l’idée d’avoir participé à cette aventure.
Tyler Durden, le visage d’une satire dérangeante
Adapté du roman de Chuck Palahniuk, Fight Club suit un employé désabusé, incarné par Norton, dont la rencontre avec Tyler Durden bouleverse l’existence. Ensemble, ils mettent sur pied des combats clandestins qui deviennent le point de départ d’une entreprise autrement plus inquiétante.
20th Century Fox
Fincher mêle humour noir, violence et critique de la société de consommation dans un récit qui interroge aussi le malaise masculin. Avec son charisme et ses discours provocateurs, Tyler Durden offre à Pitt un personnage aussi séduisant que dangereux. Un rôle dont l’ambiguïté nourrit une grande partie de la force du film.
À Venise, cette dimension satirique ne faisait manifestement pas rire tout le monde. Certaines provocations suscitaient même des réactions immédiates.
La réplique d’Helena Bonham Carter qui a fait quitter la salle
Dans le même article de The Ringer, Pitt évoquait notamment une phrase prononcée par Marla Singer, le personnage d’Helena Bonham Carter.
“On arrive à l’une des répliques scandaleuses d’Helena – ‘Je n’ai pas été baisée comme ça depuis l’école primaire !’ – et littéralement le gars qui dirigeait le festival s’est levé et est parti”, se remémorait-il. Avant de préciser : “Edward et moi étions toujours les seuls à rire.”
Ce décalage entre les deux comédiens et la salle résume la réception mouvementée de Fight Club. Le film avait ses défenseurs dès sa sortie, mais sa brutalité et son ton corrosif lui ont également valu de vives critiques. Ses résultats décevants au box-office n’ont rien fait pour apaiser la controverse.
20th Century Fox
Une seconde vie qui lui a donné raison
La carrière de Fight Club s’est toutefois prolongée bien au-delà des salles. Les visionnages à domicile et le bouche-à-oreille ont permis à un public toujours plus large de découvrir le film, de le revoir et d’en discuter. The Ringer rappelle ainsi que son édition DVD s’est écoulée à plus de six millions d’exemplaires au cours de sa première décennie de commercialisation.
Aujourd’hui noté 4,5 sur 5 par les spectateurs d’AlloCiné, le long-métrage compte parmi les œuvres les plus marquantes de David Fincher. L’enthousiasme de Brad Pitt, si surprenant au milieu des huées de Venise, paraît désormais beaucoup plus facile à partager.
Fight Club est actuellement disponible en streaming notamment sur Netflix, Canal+, HBO Max et Ciné+ OCS.