Le lancement de la plateforme JLA Play le mardi 6 octobre 2026 a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux. Entre bugs, intelligence artificielle et un prix d’abonnement jugé trop élevé, les fans des Mystères de l’amour (notamment) ont exprimé leur mécontentement. En exclusivité pour AlloCiné, le producteur Jean-Luc Azoulay (le fondateur d’AB Productions puis de JLA Productions) répond à ces critiques.
AlloCiné : Comprenez-vous les réactions du public suite au lancement de JLA Play, et notamment par rapport au prix de l’abonnement ?
Jean-Luc Azoulay : J’ai vu les réactions et c’est vrai que certaines personnes, pas toutes, ont râlé. Je les comprends tout à fait : ils ont l’habitude de voir nos programmes gratuitement, et ne serait-ce que dix euros aujourd’hui, vu le contexte actuel, c’est une somme.
Mais il y a deux choses à savoir. D'abord, toute œuvre humaine demande des moyens financiers pour payer les équipes, on ne peut pas fabriquer tout ça gratuitement. Ensuite, notre application a une vocation internationale : elle sort partout, aux États-Unis comme ailleurs. Au départ, on s’est donc calqué sur les standards du marché mondial pour ne pas paraître totalement à côté de la plaque, ni brader notre travail. On reste d'ailleurs moins cher que des plateformes comme DramaBox.
Cela dit, face aux impératifs du marché français, on a réagi tout de suite : on a appliqué une réduction immédiate de -40 % sur les tarifs. Et nous sommes dans une phase transitoire : à terme, j'espère bien que de la publicité permettra aux gens de débloquer des épisodes simplement en regardant une pub.
Les gens se sont surtout focalisés sur le prix de l'abonnement [30€, ndlr], mais l'abonnement donne accès à l'intégralité du catalogue - on a déjà 60 séries courtes au lancement et de nouvelles arriveront chaque semaine.
Mais si quelqu'un ne veut regarder que les épisodes des Mystères de l'amour, c’est possible ! Un épisode coûte entre 2€ et 2,40€. Or, dès l'inscription, on offre 150 points (à peu près 1,50 €). De cette manière l'utilisateur n'a quasiment rien à ajouter de sa poche. Je tiens à rassurer tout le monde, tout a été pensé pour que la transition ne soit pas trop brutale.
Certains utilisateurs ont rencontré des difficultés pour s’inscrire et naviguer sur la plateforme. Ces soucis ont-ils été corrigés ?
Le problème a été réglé immédiatement. En réalité, on a juste fait exploser les serveurs ! On a lancé l'application en soirée, vers 19h ou 20h, avec un simple post sur les réseaux sans aucune campagne de pub. On s'attendait à un petit démarrage tranquille, et les serveurs ont été saturés sous le volume des connexions ! Il a fallu changer d'infrastructures en catastrophe pour absorber cette demande totalement incroyable. Il y avait une vraie attente, notamment autour du retour des Mystères de l'amour.
Les fans regrettent l’utilisation de l’intelligence artificielle pour fabriquer le nouveau générique des "Mystères de l’amour"…
Pourquoi l’IA ? C’est tout simplement un choix artistique. On a des graphistes formidables chez nous qui ont beaucoup travaillé sur le projet ; ils ont proposé ce générique, on a trouvé ça sympathique, moderne et ça changeait. C’était aussi une façon de saluer leur travail.
Malgré tout, on s’est bien sûr posé la question de l’utilisation l’IA, mais le fait est de constater que l'intelligence artificielle entre plus généralement dans notre quotidien, c'est comme ça et il faut s'y habituer.
Êtes-vous satisfait du lancement de JLA Play ?
Les résultats après seulement 24 à 30 heures sont impressionnants pour un lancement sans publicité. On compte déjà 12 000 abonnés/inscrits. Pour Les Mystères de l’amour, on enregistre près de 16 000 vues. Notre série originale Elsa in LA cartonne aussi avec près de 13 000 vues. En à peine une journée, c'est formidable, on est très optimistes.
On assiste à un changement d'époque : aujourd'hui, les gens font tout sur leur smartphone — commander à manger, draguer, échanger des nouvelles. La fiction doit s'adapter à cette nouvelle consommation pour les moments où le public n'est ni devant la télé ni devant l'ordinateur. C'est pour ça qu'on travaille sur ce projet depuis près d'un an.