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    Thierry Frémont dévoile son Empire !
    27 févr. 2006 à 00:15

    A l'occasion de la diffusion de "L'Empire du Tigre" sur TF1, AlloCiné Séries vous propose une interview exclusive de Thierry Frémont, qui nous parle de sa carrière et de son expérience sur ce téléfilm.

    AlloCiné Séries : Vos dernières prestations ( "Espace Détente" ; "Dans la tête d'un tueur" ; "L'Empire du Tigre") vous font incarner des personnages " extrêmes " , vous n'avez pas peur que l'on vous associe toujours à ce genre de rôle ?
    Thierry Frémont : Non, parce que j'en ai joué tellement de différents dans ma vie. Là en ce moment, je préfère faire ces rôles-là car je les trouve plus intéressants, plus complexes à défendre, dans ce qu'on me propose. Par rapport à ce que l'on me proposait à ce moment-là, j'ai préféré jouer ces personnages, qui n'ont rien à voir entre eux, on le voit avec Francis Heaulme et le personnage que je joue au théâtre actuellement (ndlr : dans la pièce Le Miroir d'Arthur Miller). Leurs chemins de vie et leurs problèmes ne sont pas les mêmes, cependant ils restent des personnages complexes et pas extrêmement simple. Le métier d'acteur ne m'intéresse pas seulement pour jouer la comédie, mais par rapport à tout ce qui est lié à la construction du personnage. C'est d'aller dans l'univers de quelqu'un et c'est vrai que plus l'univers est complexe, plus c'est intéressant. Ils sont mêmes plus intéressants aux yeux du public. Quelqu'un d'extrêmement bien dans ses pompes, qu'est-ce qu'on peut en dire sinon qu'il est très bien dans ses pompes. Cela ne m'empêche pas d'avoir envie de faire des comédies et d'en faire de temps en temps. Je fonctionne en fonction des projets qui arrivent. Je lis, je lis, puis à un moment j'ai un coup de coeur. Il y a eu trois rôles successifs de personnages complexes, pas forcément, sympathique de prime abord, dont un qui est carrément répulsant, qui est Francis Heaulme, mais c'est ceux que je trouvais le plus intéressant. Il n'y a pas de volonté de ma part de toujours vouloir faire des compositions, d'ailleurs ils sont pas tous forcément de grosses compositions.

    Cependant, dans la comédie , "Espace Détente", vous incarnez là aussi un personnage très sombre...
    Parce que je préfère la comédie à l'anglaise plutôt qu'à la française. Dans la comédie anglaise, les personnages ne vivent pas forcément des trucs drôles, ce sont les situations qui deviennent drôles, mais eux ils ne sont pas obligés de faire des grimaces pour faire rire, ce qui est souvent l'esprit de la comédie française. On compte beaucoup là-dessus, ce n'est pas pour rien qu'en ce moment les grandes vedettes en France, sont uniquement des mecs qui viennent du one man show. Mais ce n'est pas forcément la comédie qui me fait le plus rire. Mon personnage peut faire rire, mais lui n'est pas drôle. Ce sont les situations qui deviennent drôles.

    Quel genre de personnages que vous n'avez pas encore eu l'occasion d'aborder aimeriez-vous jouer ?
    Il y en a plein, il y a tellement de possibilité de vies à aborder, c'est ce qui me tient à coeur. Faire des rôles qui sont très loin les uns des autres, très loin de moi et donc il y a encore des milliers de possibilités... Je n'ai pas une envie particulière, il y a plein de personnages que j'aimerais jouer. C'est plus facile dans le théâtre, puisqu'il y a un répertoire. J'ai des idées, mais j'aimerais tout faire en faite. J'ai la prétention de dire, et peut-être que je me trompe, que je peux tout faire. J'en ai envie, je ne veux pas m'enfermer dans un style de rôle. Je souhaite explorer plein de genres... C'est vraiment au coup de coeur, je lis un scénario et c'est le sujet même ou le metteur en scène qui m'intéresse. Donc, il y a des milliards de possibilités.

    Vous avez un souvenir du tournage ?
    C'était surtout le tournage au Cambodge. Mêler l'aventure au métier d'acteur m'intéresse beaucoup, parce que forcément ce qu'il vit dans le pays nourrit le personnage, sans qu'il y ait forcément corrélation. Cela lui donne une autre densité sans que l'on ait forcément besoin d'y penser. Et puis c'est un privilège de pouvoir découvrir un pays comme ça et d'être impliqué dans la réalité sociale des personnes travaillant sur le plateau, ce qui est la manière la plus intelligente de faire du tourisme... Retravailler pour la troisième fois avec Bernard Giraudeau et juste un an après Dans la tête du tueur où l'on se retrouve un peu dans des rôles inversés. C'est un bon souvenir. Je n'ai pas d'anecdote particulière, je n'ai pas eu la malaria et il y avait une bonne ambiance sur le plateau... Simplement l'éblouissement de la rencontre avec ce pays. C'est d'ailleurs ce qui fait le charme de ce film et de tous ceux qui traitent de l'Indochine. C'est un pays très envoûtant. Avec ce film et en le tournant, on voyage vraiment, on part dans une autre dimension, avec d'autres codes et c'est son intérêt. Parce que partir en Indochine dans les années 30 c'était vraiment un destin, une aventure humaine, un autre monde.

    A l'image de votre personnage dans "L'Empire du Tigre", jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour une cause qui vous semble juste ?
    La chose qui me semble juste c'est d'être un grand acteur et me défoncer. Je suis prêt à faire beaucoup de sacrifices, même mettre gravement en parallèle ma vie privée au bénéfice de mon art. Pour ma conviction, qui est celle de faire mon métier d'une façon absolu, d'avoir envie d'être un grand acteur. Ce que je suis prêt à faire c'est ce que je fais dans mes rôles.

    Vous ne pensez pas que la multiplication des grosses productions de téléfilms met en avant le débat sur le choix des rôles des acteurs entre télévision et cinéma ?
    Je pense qu'il n'y a plus cette barrière entre télé et cinéma, ça ne veut plus rien dire. Il y a des acteurs de cinéma qui acceptent des rôles à la télévision parce qu'ils se rendent compte que l'on peut y défendre des sujets qu'on ne pourrait pas défendre au cinéma. Il y a deux-trois téléfilms (comme Dans la tête du tueur) qui reflètent une vraie tendance que pourrait être la télé, c'est à dire une télé qui prend des risques. Donc on peut être novateur, croustillant et faire une télé nouvelle comme le fait la BBC depuis très longtemps ou HBO aux Etats-Unis.

    Vous serez bientôt à l'affiche au cinéma de l'adaptation des "Brigades du Tigre", et vous apparaissez dans "Un Ticket pour l'espace", vous pouvez nous en dire un peu plus sur ces rôles ?
    Dans Un ticket pour l'espace, c'est un clin d'oeil, la scène est extraordinaire, mais c'est juste une journée de tournage. C'est parce que Kad Merad est un copain, alors je suis venu faire un petit tour dans le film. Par contre dans Les Brigades du Tigre, j'ai un rôle très important, celui d'un des ennemis des Brigades. Celui qui dans le film est un terroriste anarchiste russe.

    Vous avez d'autres projets ?
    Pour l'instant j'ai déjà le théâtre (Broken Glasses) (ndlr: les représentations se sont terminées le 26 février 2006), c'est un vrai plaisir de jouer cette pièce d'Arthur Miller. Tout se passe très bien, on a de super critiques, un bon accueil du public. Ma réalité pour l'instant c'est ça, " step by step ", je suis ravie d'être là tous les soirs. On continue d'apprendre, on peut tenter des choses. Le reste est trop hypothétique alors je préfère ne pas en parler.

    Vous avez déjà une bonne carrière d'acteur derrière vous, vous n'avez jamais voulu passer à la réalisation ou le chant (art lyrique – ténor) ?
    Si, mais il faut que je trouve le sujet adéquat. J'ai envie de réaliser un jour ou l'autre, en plus j'adore diriger les acteurs. Je vais trouver un sujet pour lier les deux, peut-être en racontant l'histoire d'un chanteur d'opéra. J'ai cette frustration, avec la part du chanteur en moi qui ne s'est pas exprimée jusqu'au bout. Mais ça me sert, parce que le fait d'avoir beaucoup travaillé ma voix me permet de bien la placer au théâtre. Je n'ai pas de problème vocal. Puis ça m'aide à travailler des rôles, sur Francis Heaulme par exemple (Dans la tête du tueur), cela m'a permis de changer ma tonalité de voix, de parler plus aigu que dans la vie. Ce qui m'a permis de raconter et d'aller vers autre chose par la voix, en plus du corps et du physique.

    Quelles sont vos séries préférées ?
    En ce moment, j'aime beaucoup Nip/Tuck et j'ai beaucoup aimé Six pieds sous terre. Avant j'étais très fan de Seinfeld. J'aime beaucoup Kramer (Michael Richards) et ses entrées clownesques. J'adorais son travail sur l'entrée, l'ouverture d'une porte. Je trouvais ça magistrale. Il y avait aussi une autre série que j'ai adorée, c'était Cosmos 1999. C'était sur la Lune qui s'était décroché de son orbite et qui partait dans l'espace, sur celle-ci se trouvait une base lunaire dans laquelle des gens vivaient. Et encore avant, il y avait Le Prisonnier et Les Mystères de l'Ouest.

    Propos recueillis par Emilie Lefort, novembre 2005
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