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    Rencontre avec l'équipe de "Azul"
    28 févr. 2007 à 06:00

    A l'occasion de la sortie de "Azul, le réalisateur Daniel Sanchez Arévalo et son acteur principal Quim Gutiérrez ont accepté de nous livrer leurs impressions sur ce film plusieurs fois récompensé dans les festivals. Morceaux choisis...

    AlloCiné : Dans le film, Jorge, le personnage principal, est diplômé d'un master de gestion. Vous aussi, avant de devenir réalisateur, vous aviez fait les mêmes études. Existe t-il un lien entre vous et votre personnage ?
    Daniel Sánchez Arévalo : Je n'ai pas vécu les mêmes situations que ce personnage mais j'ai déjà éprouvé les mêmes sentiments que lui. Je pense que cette histoire a déjà été racontée au cinéma, mais ce qui peut la rendre différente, c'est votre vision, votre approche personnelle. J'ai ressenti le besoin de m'impliquer dans ce personnage avec mes peurs, mes désirs, mes sentiments. Dans le film, Jorge a l'impression qu'il doit être responsable de son père et de son frère, mais il doit comprendre qu'il doit trouver son chemin et accepter ses désirs, et que pour être heureux, il doit trouver la solution en lui, et non en s'occupant constamment des autres.

    Quim, qu'aimez-vous dans ce personnage de Jorge ?
    Quim Gutiérrez : J'ai déjà ressenti les mêmes sentiments que Jorge. Dans une interview, Daniel a dit que ses personnages trouvent en eux leur pire ennemi. Je suis d'accord avec ça. A travers mon interprétation j'ai senti que je pouvais expliquer ce qu'il arrive à Jorge car je connais ses sentiments, et c'est pour cela que j'ai trouvé le personnage intéressant.

    La fin du film est très différente d'une fin hollywoodienne, correspond-elle à votre philosophie de vie ?
    Daniel Sánchez Arévalo : Dans la vie, les choses se présentent souvent comme ça. Ni de fin tragique ni de fin heureuse. Ce que je veux transmettre dans le film, c'est surtout d'accepter ses limites, d'accepter une voie positive, dans laquelle vous pouvez prendre vos propres décisions, c'est très important dans une vie. Le problème de Jorge ce n'est pas d'être un géniteur ni d'être un gardien d'immeuble. Le problème c'est de ne pas être capable de choisir son job, et donc pour moi, je trouve que la fin est optimiste, parce qu'il choisit sa voie en prenant une décision personnelle et va être probablement heureux.

    La mise en scène de "Azul" reflète parfaitement l'évolution des personnages...
    Daniel Sánchez Arévalo : J'accorde beaucoup d'importance à la mise en scène pour révéler le changement et l'évolution des personnages. J'ai dû travailler très dur, pour cacher au long du film le beau sourire de Paula interprétée par Marta Etura. Quand on la voit sourire vers la fin, ça créer quelque chose de très intense. Quant à Jorge, je me suis dit qu'il fallait laisser parler le personnage. Il fallait montrer au fur et à mesure quelques indices sur ce personnage, jusqu'au moment où le spectateur comprend qu'il a évolué. On a également beaucoup travaillé sur l'aspect physique de Jorge. Quim Gutiérrez) Très bon travail ! (Rires).

    Dans le film chaque personnage est confronté à une situation difficile qu'il doit finalement accepter. Ne pensez-vous pas que certains spectateurs pourraient être frustés par rapport à ça ?
    Daniel Sánchez Arévalo: Oui je pense que certains spectateurs attendent une fin ou une intrigue hollywoodienne, mais je ne pense pas que la vie soit comme ça. Et peut être que la frustation pourrait venir du fait qu'ils peuvent s'identifier aux situations que vivent les personnages. Mais pour moi, c'est un voyage sur le thème du bonheur et je pense que les gens apprécieront le message positif du film.

    Pensez-vous que les personnages reflètent notre société ?
    Daniel Sánchez Arévalo: Oui bien sûr. J'ai toujours obervé les gens. J'enrichie mes histoire de mes observations, non par des choses qui m'arrivent mais des choses qui arrivent aux autres. Les spectateurs peuvent se référer aux personnages tout simplement parce qu'ils ont été inspiré de leurs vies.

    Quim Gutiérrez : Il y a dix ans, quand vous allez à l'université, vous aviez plus de possiblité de trouver un travail que maintenant. J'ai des amis qui ont fait des études à l'université et qui ont beaucoup de difficultés pour trouver un travail. Jorge a étudié dans des conditions particulières, mais il rencontre la même difficulté. Donc, je pense que ça reflète ce qu'il se passe maintenant.

    "Azul" a remporté de nombreux Prix, et a fait un vrai carton au box-office espagnol. Vous attendiez-vous à un succès pareil ?
    Daniel Sánchez Arévalo: Je ne m'attendais pas à un tel succès. Pour moi, le succès rime avec le bonheur que ce film m'a procuré et aussi d'avoir réussi à le mener à terme. Ce n'était pas un échec, donc, si il y avait eu peu de personnes qui auraient vu le film, car j'ai vécu une très bonne expérience avec ce premier long métrage. Nous avions des attentes de la part des spectateurs espagnols, mais jamais nous avons pensé que le film ferait une première en France, où qu'il serait vu en Europe ou aux Etats-Unis et qu'il aurait des prix dans les festivals. C'est très beau, et ça vous aide à vous sentir plus confiant, mais j'ai davantage de pression pour le prochain film. Mais en même temps j'aime cette pression, je pense que les gens seront plus intéressés par mon prochain film et qu'il arrivera à atteindre plus d'audience.

    Justement, que pouvez-vous nous dire sur ce prochain film ?
    Daniel Sánchez Arévalo: Je suis en train d'écrire un scénario sur quatre histoires différentes. Un film choral. Une comédie dramatique dans laquelle les relations humaines, l'amour et le sexe seront au rendez-vous. Mais ce sera un film différent de . En fin de compte, toujours un film sur la recherche de l'amour.

    Propos recueillis le 16 février à Paris par Annie Chhan




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