Amnesty International, via un communiqué, a appelé ce mardi 10 mai l'Iran à libérer le cinéaste Jafar Panahi, arrêté début mars, afin qu'il puisse se rendre au Festival du film de Cannes, où il est invité comme membre du jury de la 63e édition qui s'ouvre ce mercredi. "Une chaise vide au Festival du film de Cannes (...) montrera la folie et l'injustice de la répression iranienne à l'encontre de ceux qui ont pacifiquement critiqué les élections de juin dernier", a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, responsable d'Amnesty International pour le Moyen Orient, citée dans le communiqué. Le ministère iranien de la Culture et de la Guidance a accusé le cinéaste d'avoir "préparé un film contre le régime portant sur les événements post-électoraux", en référence aux manifestations ayant suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Jafar Panahi, 49 ans, qui soutient ouvertement l'opposition, est l'un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne. Il a récemment reçu le soutien de grandes figures hollywoodiennes comme Steven Spielberg et Martin Scorsese.
Clément Cuyer avec AFP