Depuis son arrestation en mars 2010, le monde du cinéma n’a cessé de montrer son soutien au réalisateur du Cercle. Alors qu’il était l’un des jurés officiels du Festival de Cannes en mai dernier, une chaise vide avait été laissée pour protester contre son arrestation en Iran. Condamné en décembre à une peine de six ans de prison assortie d’une « interdiction de réaliser des films et d’écrire des scénarios », Jafar Panahi paie injustement son combat contre les inégalités et l’absence de liberté dans son pays.
La Société des réalisateurs de films qui, chaque année depuis 2002, remet le Carrosse d’Or à l’un des leurs pour « les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production », a choisi de récompenser cette année le réalisateur iranien, se disant « attentive à toute atteinte à la liberté d’expression et de création ». La SRF affirme ainsi soutenir « Jafar Panahi et tout le peuple iranien dans leur combat pour la démocratie » et vouloir « honorer tous les cinéastes iraniens qui, en exil ou dans leur pays, continuent de faire des films ».
Après Agnès Varda en 2010, Jafar Panahi sera donc le dixième cinéaste à se voir remettre ce prix, emboîtant le pas à des réalisateurs prestigieux tels que Clint Eastwood, Nanni Moretti, David Cronenberg ou encore Jim Jarmusch. Habitué de la scène cannoise, Jafar Panahi avait obtenu la Caméra d’Or en 1995 pour son premier long-métrage Le Ballon blanc et remporté la sélection un Certain Regard pour Sang et or en 2003.
La cérémonie de remise du Carrosse d’Or aura lieu le 12 mai à 19h, dans le cadre de la soirée d’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes.
Camille Lamourette avec AFP