La 22ème édition du Festival du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, lancée le 26 février dernier, s'est achevée samedi soir en récompensant le meilleur de la production panafricaine. Le prestigieux Etalon d'or de Yennega a ainsi été remis à Pégase, premier long-métrage du marocain Mohamed Mouftakir. Grâce à cette victoire, le Maroc égale ainsi le Mali, jusque là seul pays par trois fois détenteur du trophée le plus convoité. Touchant aux thèmes difficiles du viol et de l'inceste, Pégase suit le drame de Rihanna, une jeune fille manipulée par son père qui lui fait croire qu'elle est enceinte d'un démon. Le réalisateur, qui a reçu son Prix des mains du président burkinabè Blaise Compaoré lui-même, a déclaré "Le Prix c'est une fierté, c'est une reconnaissance. C'est encourageant". Notons qu'avec une vingtaine de films par an, le Maroc est devenu le pays du continent africain le plus important dans le secteur de la production cinématographique, devant l'Afrique du Sud.
Les autres récompenses
Le palmarès du FESPACO a également couronné de l'Etalon d'argent Un Homme qui crie du tchadien Mahamat Saleh Haroun, déjà récompensé l'an dernier par le Prix du Jury à Cannes. La comédie sentimentale Le mec idéal de l'ivoirien Owell Brown a décroché de son côté l'Etalon de bronze, tandis que Notre étrangère, de la Burkinabè Sarah Bouyain, a remporté le Prix du Jury. Le Prix d'interprétation masculine a été attribué à l'acteur béninois Sylvestre Amoussou, par ailleurs venu présenter en tant que réalisateur Un pas en avant- les dessous de la corruption, dénonciation du détournement des aides humanitaires en Afrique. La prestation de Samia Meziane a quant à elle été saluée par le Prix d'interprétation féminine dans Voyage à Alger d'Abdelkrim Bahloul, également reparti avec le trophée du meilleur scénario. Habitué du FESPACO, le cinéaste haïtien Arnold Antonin a obtenu pour la troisième fois le Prix de la diaspora africaine pour les satiriques amours d'un zombi, après Le président a-t-il le sida ? et Jacques Roumain, la passion d’un pays. Devant le saisissant portrait d'un dictateur africain dans En attendant le vote …, le Jury a accordé une mention spéciale au burkinabè Missa Hebié, pour avoir "somptueusement" adapté l'oeuvre du grand romancier ivoirien Ahmadou Kourouma. Enfin, cette 22ème édition a également mis à l'honneur la carrière du comédien Malo-burkinabè Sotigui Kouyate décédé en avril dernier.
Camille Lamourette avec l'AFP