Cannes 2013 : Benicio Del Toro est le "Jimmy P." de Depleschin

Arnaud Depleschin fait son entrée en compétition avec "Jimmy P.", porté par Benicio Del Toro et Mathieu Amalric. Qu'en ont pensé les critiques?

Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines) d'Arnaud Desplechin

Avec Benicio Del Toro, Mathieu Amalric, Gina McKee...

En Compétition

De quoi ça parle ?

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un indien ayant combattu en France, est admis dans un établissement médical au Kansas pour des troubles au cerveau. Très vite, les spécialistes se rendent compte que la cause de ces maux n'est peut-être pas physique, mais mentale. Georges Devereux, un ethnologue et psychanaliste français, est appelé pour l'aider. Entre les deux hommes se tisse une relation de confiance...

Ce qu'il faut savoir

Desplechin, Amalric, Del Toro : trois noms chéris de Cannes pour ce film français mais en langue anglaise, tourné aux Etats-Unis. Arnaud Depleschin s'est inspiré d'une histoire vraie en adaptant le livre de Devereux, Psychothérapie d'un Indien des plaines. Jimmy P. marque sa 5ème participation en compétition officielle, la dernière remontant à 2008 avec Un conte de Noël.  Il retrouve son acteur fétiche Mathieu Amalric, également présent au casting de La Vénus à la fourrure de Polanski. Quant à Benicio Del Toro, il épingle un nouveau grand rôle à son palmarès, déjà bien rempli après le Prix d'Interprétation masculine décroché pour Che en 2008 (de Steven Soderbergh, qui concourt aussi pour la Palme avec Liberace).

Ce qu'en pense la presse

Scott Foundas / Variety : "Alors que la thérapie à l’écran n’est plus vraiment une nouveauté à l’époque des Sopranos, In Treatment ou du Dangerous Method de David Cronenberg, peu de films se sont aussi intensément penché sur les menus détails de la psychanalyse que celui de Desplechin – une stratégie sans compromis qui mettra sans aucun doute à distance certains spectateurs, tandis qu’elle impliquera les autres plus profondément encore."

Rania Hoballah / Métro : "Rendre cinématographique une psychothérapie est un exercice casse-gueule. Avec Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines), Arnaud Desplechin se prend les pieds dans le divan. Trop bavard, trop long et complètement dépourvu d'émotions, le premier film américain du réalisateur français est une grosse déception."

Olivier Delcroix / Le Figaro : "Cela faisait vingt ans qu'Arnaud Desplechin rêvait d'adapter le livre de l'ethnologue et psychanalyste Georges Devereux, Psychothérapie d'un Indien des Plaines. [...] Il aurait eu tort de se priver, son film, aux antipodes du Desplechin que l'on connaît depuis le début des années 90, est tout bonnement "passionnant"."

Deborah Young / The Hollywood Reporter : "[…] Transformer l’analyse d’un homme en divertissement filmé est une idée pour le moins excentrique. Le projet dans son ensemble est largement sauvé grâce au sous-texte sur la discrimination ethnique qui parcourt le film et à deux performances captivantes, qui l’emportent sur un début vacillant, pour parvenir à un équilibre émotionnel sur la fin."

Théo Ribeton / Critikat : "Une fièvre gagne le film au fil de ces entretiens quotidiens qui laissent peu à peu l’avantage aux séquences de souvenirs, de rêves, comme un effacement du réel devant l’imaginaire ; à mesure que l’« âme blessée » de l’Indien avance vers la guérison, Jimmy P. s’achève en s’éteignant, se dilue dans son rythme laiteux. Singulièrement privé d’aplomb, de voltige, de franc volontarisme, il passera certainement pour mineur. À chaud, l’on ressent encore dans cette sédation une sorte de pudeur un peu sèche mais étrangement touchante ; c’est le temps de la digestion qui déterminera si cette bulle affective éclatera ou au contraire infusera dans le film."

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