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    L'Effet Papayon : interview du scénariste de la série d'Oasis
    14 avr. 2014 à 10:00

    Scénariste de "L'Arnacoeur", Yoann Gromb a mis sa plume au service des fruits déjantés d'Oasis pour "L'Effet Papayon", une série "à mûrir de rire" de quatre épisodes. Rencontre.


    ©Oasis Studio

    Il a écrit pour Dany Boon, Vanessa Paradis, Romain Duris, Diane Kruger... Il imagine aujourd'hui les aventures de Ramon Tafraise, Frambourgeoise, Orange PressléMangue Debol, Chris Passion et Cebo Lamûre. Alias "les petits fruits d'Oasis". Yoann Gromb est le créateur et scénariste de L'Effet Papayon, première série de la marque, passée de la pub animée et décalée ("La Source" en 2009) à un vrai univers fictionné. En quatre épisodes dévoilés entre avril et juillet à raison d'une aventure par mois, l'auteur et la société promettent aux fans 397 jeux de mots, 692 références pop-culture et surtout de nombreuses lectures et relectures pour découvrir tous les éléments cachés et autres contenus additionnels de leur univers transmédia. A l'occasion de la mise en ligne du premier épisode, Le Cocoloc, nous avons rencontré l'auteur.

    AlloCiné : comment ramène t-on sa fraise dans une aventure comme celle-là ?
    Yoann Gromb : Je travaille dans le long métrage, au sein de la société de production Quad. Quad travaille par ailleurs en publicité, à travers la société Wizz qui imagine des formats multimédia, notamment à travers le médium de l’animation. Dans la mesure où Oasis cherchait à développer de la fiction autour de ses personnages, ils ont fait appel à moi. On a tout de suite accroché avec l’agence Marcel et avec la marque, nous étions sur la même longueur d’ondes et ils ont aimé notre projet. Ça s’est donc passé très simplement et très sereinement.

    Sachant que votre volonté était, j'imagine, de sortir de la pub et de livrer une vraie fiction ?
    Oui, et c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont venus me voir : Oasis cherchait un scénariste habitué à la fiction. Dans ce cadre, je n’ai pas eu besoin de changer ma façon d’écrire et de travailler, si ce n’est que ce format très court demande à être très efficace et à raconter en quelques minutes une mini-histoire tout en développant une trame narrative tout au long de la série. Ça m’intéressait de m’essayer à ce format, d’être efficace, d’aller très vite, tout en racontant une histoire sans tomber dans le sketch ni faire de la vanne pour de la vanne. Et puis quand même, il y a un vrai truc récréatif qui me plaisait.


    ©Oasis Studio

    Comment définiriez-vous ce projet ? Une web-série ? Une anthologie ?
    Si vous voyez un seul épisode, ils se suffit à lui-même. Et vous pouvez les voir chacun de manière distincte. Mais c’est quand même mieux de les voir dans l’ordre : il y a une petite trame narrative autour de cette histoire d’amour entre la fraise et la framboise. C’est donc une à la fois une série et une anthologie, qui évite d’être frustré…

    Fruistré, même !
    Exactement ! (rires) On évite d’être fruistré, donc, par un goût de "pas fini". C’est donc plus un feuilleton qu’une série, mais dans son ensemble, il y a une histoire de fond qui a un sens.

    Parlons des jeux de mots justement, la marque de fabrique des fruits Oasis. A l'écriture, c'est une contrainte ? Un plaisir ?
    J’en fais pas mal dans ma vie de tous les jours, donc ce n’était pas douloureux. Mais c’est vrai que c’est une mécanique à mettre en place. En amont de l’écriture, j’ai téléchargé une liste de fruits, et j’ai imaginé pour chacun une ou plusieurs vannes. Une fois la mécanique en place, ça vient assez facilement. Au final, il y en avait beaucoup et on a gardé que les meilleurs.

    Comment s'est déroulée l'écriture de la mécanique du projet, qui dévoile la fin au début de chaque épisode pour ensuite montrer comment les fruits en sont arrivés là ?
    J’avais toujours le début et la fin. Et entre les deux, je me suis amusé à construire et à partir complètement en sucette pour voir comment relier les deux. L’idée était toujours de trouver un début très banal comme la colocation, le babysitting, le shopping… Quelque chose qui soit ancré dans le quotidien des spectateurs. Et de l’amener à un final complètement délirant, à l’image de nos petits fruits. J’ai amené des choses de mon univers cinématographique aussi, avec des codes assez forts comme les zombies ou la SF. C’était un peu un travail de couturier.


    ©Oasis Studio

    Avec un format court, on peut penser que ça tient en quelques pages de scénario mais il y a tellement de références que chaque image doit être un mini-scénario à elle toute seule...
    A la base, le scénario de chaque épisode faisait entre trois et cinq pages. On les a ramenés au final à un format de 2mn30 pour des raisons de budget car une seconde d’animation coûte extrêmement cher. On s’est amusé ensuite tous ensemble, avec l’agence et les réalisateurs, à ajouter sur chaque image des couches de lectures, car on sait que ce sera consommé différemment qu’un film de cinéma : les gens vont les voir et les revoir, parfois image par image, etc… Une approche à laquelle je n’étais pas habitué et qui m’a vraiment fait marrer.

    C'est la première fois que vous vous essayez à l'animation, un médium extrêmement libre... mais qui oblige à être cadré aussi, pour ne pas partir dans tous les sens.
    Oasis a un vrai univers, avec des personnages qui ne peuvent jamais mourir, qui peuvent aller un peu n’importe où, etc… En ça, l’animation est idéale. Après, personnellement, j’aime quand il y a quand même un peu de crédibilité et une vraie trajectoire de personnage. L’idée n’était donc pas d’aller dans le cartoon pur et dur à la Bip Bip & Coyote, mais d’ancrer ces histoires dans une certaine réalité. Et en ça, j’ai l’impression que nous avons réussi à proposer quelque chose d’assez construit. Le tout intégré avec du live. Les précédents spots avaient déjà initié cela avec des interactions entre les fruits et des humains. On l’a poussé plus loin ici : ils vivent dans un univers qui est le nôtre, mais un peu plus paradisiaque, un mélange entre Miami et une île imaginaire. Après le boulot, c’était de mettre en place une charte et une bible, au niveau de la taille des fruits notamment, afin que tout soit constamment à l’échelle.


    ©Oasis Studio

    Justement cette bible, vous a t-elle limité ? 
    Il n’y a pas eu de soucis dans la mesure où il y a des sujets avec lesquels je ne suis pas à l’aise et surtout dans la mesure où je n’avais pas envie d’amener les fruits vers des choses trop sombres. Il faut que ce soit léger et fun, en utilisant des codes de la pop-culture et en détournant ses grandes figures, comme Kim Kardashian dans le premier épisode. Donc au final, je ne me suis pas interdit grand-chose et je n’ai jamais franchi la ligne rouge.

    Vous êtes quand même allé jusqu'à montrer Ramon Tafraise surfant sur Youpomm !
    Typiquement, c’est le genre de chose qui n’a posé aucun problème. Quand je vois une série d’animation comme Les Simpson ou American Dad!, j’ai envie qu’on joue avec les codes culturels avec lesquels je vis au jour le jour. Oasis était parfaitement en phase avec ça et voulait justement pousser le curseur, afin de vieillir leur cœur de cible pour aller vers du 18-25. Voire plus. C’est avec des choses comme ça qu’on parle aux gens de nos générations : en utilisant des outils comme YouPomm, qu’on n’imagine pas lié à l’univers d’Oasis à la base.

    Vous êtes partant pour une saison 2... voire un long métrage ? 
    Si ça se passe aussi bien que sur cette saison 1, avec plaisir. Mais il faut déjà attendre que nos quatre épisodes soient sortis et qu'ils plaisent. Mais ça me ferait marrer, oui… Quant au long métrage, il y a la place pour faire vivre ces personnages sur 1h30 ou 1h40, selon moi. C’est assez fou quand on regarde la base de fans qui suit Oasis, 3 millions de fans sur Facebook ! Ils arrivent à faire vivre leurs fruits, à les projeter dans des univers différents, à en faire autre chose comme dans notre série… Donc je pense qu’il y a un petit espace jouable, oui. Ça me ferait marrer d’y songer peut-être un jour… s’il n’y a pas de barrière légale. Car c'est quand même une marque. Mais après tout, LEGO l’a fait, pourquoi pas Oasis ? Il ne faut juste pas que ce soit une pub d’1h30. Et ce n’est pas ce que je ferais.

    Propos recueillis par YS le 10/04/2014 à Paris

    Ramon Tafraise, Orange Presslé et leurs amis face à des zombies ? C'est dans l'épisode 1 !

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    Commentaires
    • LordGalean
      "tout en racontant une histoire sans tomber dans le sketch ni faire de la vanne pour de la vanne. " Alors c'est raté, parce qu'il n'y a aucune histoire, et on tombe en plein dans la vanne et la vanne et la référence pour de la référence. Peut-être une autre fois.
    • Yannick V.
      Pub ? dans le nom, oui .. dans l'animation des fruits utilisés, à la limite.. le reste c'est de la créativité. C'est une mini série, et le nom finalement.. si vous montrez ça a des gens qui ne connaissent pas Oasis, ... ils ne seront pas que ça part d'une marque de soda.
    • CONANLEBARBARE
      "Comment définiriez-vous ce projet ? Une web-série ? Une anthologie ?"Comme de la pub !!!!
    • MC4815162342
      Pourquoi maintenant ?^^
    • Johnsilvergun93sisilemac
      Allocine devient une plateforme de pub maintenant?
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