Universal Pictures International France
Le film : Ave, César !
De quoi ça parle ?
Eddie Mannix est fixer chez Capitole, l’un des plus célèbres Studios de cinéma américain des années 50. Il est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Un travail qui ne connaît ni horaires ni routine puisqu’il règle à la chaîne les pétrins dans lesquels les artistes du studio ont l’art et la manière de se précipiter tous seuls. Quand l'acteur star du Studio Baird Whitlok est kidnappé alors qu'il tournait le plus gros film du moment, "Ave César", sa journée, d'ordinaire déjà folle, prend alors des tournures inattendues...
Pour aller plus loin...
15 ans après Barton Fink, les frères Coen se glissent à nouveau au coeur de la jungle hollywoodienne mais, cette fois, s'en emparent à 100% avec cet Ave César qui est autant un hommage au Hollywood des années 50 - celui-là même qui les a fait rêver dans l'enfance - qu'une satire d'un milieu aussi capricieux et ridicule qu'irrésistible. Casting 4 étoiles, décors faramineux, costumes plus vrais que nature, parodies de westerns, de comédies musicales ou de péplums fictifs... Les Coen s'amusent comme des petits fous, y vont à fond dans la comédie et dévoilent les coulisses de cette grande messe du cinéma érigée au nom du divertissement tout en glissant quelques vérités qu'ils poussent, évidemment, à la caricature.
Ici, les communistes sont déjà infiltrés, les réalisateurs se coltinent de jeunes acteurs incompétents qu'ils n'ont pas choisis et les studios régissent de A à Z la vie de leurs stars. Ainsi, des amourettes sont construites de toutes pièces et les acteurs, qui sont soit des idiots finis, des égocentriques et/ou des inconscients qui se sont embringués dans de sales histoires, se doivent de respecter l'image que le studio a fabriquée pour eux. Quant au fixer chargé de régler toute cette mouise, il a peur que les cigarettes l'empêchent d'aller au ciel mais oublie qu'il menace, file des claques et soudoie au quotidien ! Pour la petite anecdote, Eddie Mannix, interprété par Josh Brolin, a véritablement existé et officiait à l'époque pour la MGM.
Tous sont en réalité des victimes consentantes d'un milieu louche, fou et usant mais tellement passionnant qu'il devient impossible à quitter, ce que le film ne manque jamais de souligner. Le mirage d'Hollywood auquel on serait tous amenés à succomber ?
Quand une star du western est parachutée "à l'insu de son plein gré" dans un drame !
Raphaëlle Raux-Moreau