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    De la "Déchirure" au "Temps des aveux" : 5 films sur la terreur Khmere rouge
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    De "La Déchirure" au "Temps des aveux" en salle cette semaine, rares sont finalement les documentaires et oeuvres de fictions à évoquer les terribles années de la dictature Khmère rouge, qui tua plus de 1,7 millions de personnes en moins de 4 ans.

    Old Street Films

    Enemies of the People

    De quoi ça parle ?

    Trente-deux ans après leurs crimes, quatre hauts dirigeants de la terrifiante dictature Khmer Rouge sont jugés en juin 2011. Sur le banc des accusés : Ieng Sary, ancien chef de la diplomatie; Khieu Samphân, ancien chef d'Etat; Leng Thirith, ex-ministre des Affaires Sociales; et enfin Nuon Chea, alias "frère n°2". Quatre hauts dirigeants à la tête d'un régime génocidaire, ayant fait entre 1975 et 1979 plus d'1,7 millions de morts, par une campagne systématique d'exécutions et l'utilisation de la famine comme arme politique.

    Auréolé d'une moisson de prix dans le monde, dont le Prix spécial du Jury au festival international du documentaire de Sundance en 2010, Enemies of the People a la particularité de se concentrer sur le bourreau Nuon Chea, "frère n°2" du régime. Mais le documentaire met aussi en lumière la vie de Thet Sambath, également auteur du documentaire.

    Ancien reporter du Phnom Penh Post, il a perdu sa mère, son père et son frère sous le régime khmer Rouge. Pendant sept ans, Sambath a visité tous les week-ends Nuon Chea, partageant le diner avec sa famille, jouant avec ses enfants ou lui projetant des reportages sur l’Irak ou d’autres pays. Ce n'est pas le "comment ?" qui intéresse le journaliste, mais le "pourquoi" de la dérive meurtrière qui avait ravagé sa famille et le pays dans les années 1970. Durant de nombreuses années, Thet Sambath tisse des liens de confiance, sans réel succès au début, jusqu'à ce que le bourreau finisse par briser la glace, expliquant pourquoi il fallait éliminer les enemis du peuple, qui risquaient "d'infecter le système".

    Un témoignage -capital et terrifiant- qui fait le prix de Enemies of the People.

     

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