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    Les grands studios d'animation : "en route" vers plus de diversité ?
    Par Thomas Imbert — 18 avr. 2015 à 19:00
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    Alors que le nouveau film des studios Dreamworks met en scène Tif, une héroïne afro-américaine, retour sur l'évolution de la diversité chez les personnages animés...

    DreamWorks Animation / Walt Disney France

    Un drôle de bonhomme violet, une voiture volante, et une adorable petite fille. Depuis quelques semaines, le nouveau long métrage des studios Dreamworks (aujourd’hui en salles), s’affiche dans les couloirs du métro, sur les abribus, les panneaux publicitaires.

    Le point commun de ce nouveau film avec ses grands frères ? Son humour ravageur, doublé d’un univers totalement barré. La différence ? Son héroïne principale, qui pour la première fois dans l’histoire de Dreamworks Animation, est afro-américaine.

    DreamWorks Animation

    "Quelle différence cela fait-il ?," seriez-vous en droit de vous demander ? "Aucune," pourrions-nous d’ailleurs répondre. Simple détail, en effet, si l’on est simplement en train de regarder l’affiche de En route !. Mais différence majeure, si on la regarde à travers le prisme de l’Histoire de l’animation dans son ensemble.

    Si le même film était sorti 50 ou 30 ans plus tôt, il y a fort à parier que la petite Tif (doublée par Rihanna aux Etats-Unis et par Leïla Bekhti en France) aurait eu la peau blanche. En effet, depuis son invention et jusqu’à très récemment, le dessin animé n’a jamais réservé que la seconde place aux personnages de couleur, préférant confier le haut de l’affiche à de caucasiennes princesses.

    Premiers pas, premiers stéréotypes

    Pour analyser le phénomène dans son ensemble, il faut revenir aux balbutiements de l’animation, et aux cartoons des années 30 et 40 qui, fidèles aux mentalités qui avaient souvent cours dans la société américaine de l’époque, faisaient fréquemment preuve d’un indicible racisme.

    C’est ainsi que dans certains courts métrages de Tex Avery, de Friz Freleng ou de Chuck Jones, les personnages afro-américains pouvaient être représentés de façon humiliante et caricaturale à outrance, campant des domestiques ou des vagabonds, et parlant avec un accent à couper au couteau.

    D.R.

    Bugs Bunny, Betty Boop et autres Droopey se sont plus souvent qu’à leur tour rendus complices de cette discrimination. Si bien qu’en 1968, soit 4 ans après le Civil Right Act, les plus racistes de ces cartoons furent purement et simplement interdits, et placés sur la liste dite des "Censored Eleven" (Les 11 censurés).


    Du côté du grand écran, les géants Disney qui ne souffraient pas (ou peu) de concurrence à cette époque, réservaient aux aussi la part belle aux personnages blancs, reléguant les autres à des rôles plus que secondaires.

    Ainsi, dans Dumbo (1941), les seuls Afro-américains du film étaient des ouvriers sans visage travaillant sous la pluie. Dans la première version de Fantasia (1940), le segment de la Symphonie Pastorale montrait une jeune centaure de couleur nommée Sunflower, totalement caricaturée par rapport aux autres créatures, blanches et sveltes. Ce personnage a d’ailleurs été supprimé du film en 1960.

    D.R.


    Blanche-Neige, Cendrillon, Alice, Peter Pan… Tous les premiers héros du studio enchanté semblent ne pas même savoir ce que signifie la notion de "diversité ethnique". Il faut donc attendre 1967 et Le Livre de la Jungle pour qu’apparaisse le premier (et le seul avant longtemps) protagoniste Disney à ne pas avoir la peau blanche. Le précurseur s’appelle Mowgli, et vit dans les jungles de l’Inde.

    Les années 90, un vent de diversité 

    Après une période pour le moins compliquée aux studios Disney suite à la mort de l'Oncle Walt, un vent de fraicheur se fait sentir dès le début des années 90. La nouvelle génération d’animateurs est en marche, et ose enfin sortir des sentiers battus. Prise de risque rime avec savoir-faire, et alors que le studio aux grandes oreilles connait un succès sans précédent, il part à la conquête de nouveaux horizons.

    Dès 1992, c’est le Moyen-Orient qu’il visite en tapis volant, faisant d’Aladdin son premier héros oriental et de Jasmine la première princesse de cet élan de diversité. Elle sera bientôt suivie par Pocahontas (1995), fille du chef des Powhatans d’Amérique du Nord.

    Walt Disney Pictures

    Autres figures féminines fortes et typées de ces années 90 chez Disney : la gitane Esmeralda, au cœur de l’action du Bossu de Notre-Dame (1996) et la guerrière Mulan, qui défendra héroïquement sa Chine natale contre les Huns (1998).

    Peu à peu, d’autres studios d’animation viennent défier la suprématie du royaume enchanté, s’inscrivant à leur tour dans cet élan de diversification. C’est ainsi que Dreamworks Animation met successivement en scène le peuple hébreu de l'Ancien Testament dans Le Prince d’Egypte (1998), les Mayas du XVIème siècle dans La Route d’El Dorado (2000) et les Indiens de l’Ouest américain dans Spirit (2002).

    Quant aux studios Pixar, ils font du meilleur ami des Indestructibles l’Afro-Américain Frozone (un super-héros capable de manier la glace et doublé par Samuel L. Jackson), et du compagnon de route de Carl Fredricksen dans Là-haut un jeune scout d’origine asiatique.

    DreamWorks Animation / Disney Pixar

    Mais même si les cartoons des années 30 sont bien loin derrière, le mouvement reste encore assez timide, il faut bien l’avouer.


    En Route !... vers plus de diversité ?

    C’est en 2010, alors que sort en salles La Princesse et la Grenouille et que cette dernière s’avance pour rejoindre le cercle très fermé des princesses Disney, que les studios aux grandes oreilles réalisent une avancée majeure, du moins symboliquement.

    Car Tiana a la peau noire, et son prince aussi. Le parti pris est fort, puisque l’histoire se base sur un conte de fées traditionnel, volontairement transposé dans la Nouvelle-Orléans. "La Princesse et la Grenouille est unique en ce sens qu'il s'agit du premier conte de fées américain de Disney," explique le réalisateur John Musker. Rien à voir, d'ailleurs, avec la récente élection du Président Barack Obama, puisque le script du film avait été écrit trois ans plus tôt.

    Walt Disney Pictures / Dreamworks Animation


    Et pourtant… Le symbole est important. Suffisamment pour que 5 ans plus tard, ce soit au tour des studios Dreamworks de réserver le haut de l’affiche à une petite fille de couleur.

    Du haut de ses 12 ans, de sa voiture volante, de ses colonnes Morris, c’est à la petite Tif de venir défendre la diversité dans les films d’animation. Les stéréotypes et les personnages stigmatisés restent encore nombreux, mais l’égalité, on l’espère, est en route !

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    15 personnages animés qui participent à la diversité
    15 photos

    Faites connaissance avec la petite Tif...

    En route ! - EXTRAIT VF "Je peux rentrer dehors ?"

     

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    Commentaires
    • Clark Wayne
      Je suis d'accord avec ce que t'as dit, juste pas la dernière phrase que je ne comprends toujours pas à ce jour. J'ai aucunement une vision racialiste, tu ne me connais pas à ce que je sache. Pour ton information je partage les mêmes "caractéristiques" que l’héroïne en question d'où mon intervention.
    • Maexim
      Peut être parce qu'il y a majoritairement des "blancs" aux USA?Qu'il n'y a quasiment pas d'Arabes aux USA?
    • Maexim
      Dans beaucoup de films d'animation, on est dans une autre dimension, on se fiche d'ou viens le héros, on n'a pas une vision racialiste comme la tienne.C'est juste une fille dont les caractéristiques sont d'avoir la peau foncée et des cheveux châtains.Après on en a d'autres on l'origine donne un intérêt, comme la princesse et le grenouille qui se passe en Louisiane.
    • 21Cha
      Ah et l'article ne le précise pas mais il y a aussi Big hero 6 de Disney dernièrement !
    • sashyko
      Je ne suis pas d'accord avec tes propos car je les trouves contradictoire, le dossier met en avant que c'est la première fois que CE studio prend comme héros un personnage issu de la diversité et retrace le processus de diversification des personnages des films d'animations. Disney à fais jurisprudence avec Tiana c'est pas pour autant que l'on en parle tout le temps. Le choix des héros est très important dans l'industrie du film surtout quand en connait l'histoire Hollywood. Lorsque Harry Roselmack est passer au 20h en a parler c'était nouveau et ça a marqué les esprits et ouvert des portes. Maintenant un arabe un noir ou autre dans ce genre d'exercice fais parti du quotidien et n'étonne plus donc c'est pas contre productif d'en parler. Petit à petit on va vers un normalisation et sera pareille avec les films d'animation. Le mariage pour tous on a eu droit à de la surmédiatisation sur se sujet pendant des mois maintenant c'est dans les normes, et le jour au un dessin animé prendra pour héros un gay en parlera c'est inévitable. Je pourrai te donner d'autre exemple, y en a tellement. Donc en parler comme d'un événement je pense que c'est normal de le faire et de le féliciter.
    • brice O.
      oui j'ai regardé et même si c'est pas parfait ça a rien a voir avec ce qui se faisait y a 15 ou 20ans .Pour le reste je peux pas vous répondre puisque je me rappelle detout mon com et que allociné l'a censuré sans aucune raison ou en tout cas je vois ce que j'ai de mal,je pensais que c'était un site français mais visiblement ils sont en Corée du nord;merci allociné de nous laisser nous exprimer
    • Cin?mangaeek
      Ah ok, j'avais pas compris.Oui effectivement, ils mettent des choses pas très pertinentes. En plus, comme tu l'as dit, leur classiques sont très réussis :)
    • #diez
      Pour que la diversité puisse être ancré en nous il faut également éviter d'n fait des phénomènes à chaque fois que cela arrive. Un noir, asiat ou arabe dans un rôle important ou autre ne devrait pas soulever des questions sur l'évolution ou la maturité. Je pense que cela est contre productif. Il faudrait que cela rentre dans la normalité, que la différence n'existe plus, qu'on ne fasse pas de polémiques ridicules quand un noir pourrait incarner Bond, qu'on ne remette pas en cause l’échec artistique d'un film parceque le héros n'as pas sa couleur d'origine (Wild Wild west). Souligner ce détail c'est peut-être mettre en avant la diversité, mais cela ne tant pas à la banaliser, mais plutôt à en faire un événement. Je suis content que les films à gros sous ne se content plus du héros type des années 50, mais j'espere que cela n'est pas fait pour créer l’événement, mais que le héros soit choisit, car c'est le meilleur choix possible. Bon après c'est sur que le monde à bien changé, mais les stigmates restent bien trop présent dans notre société.
    • lexcalvin
      Après avoir épuisé tous les animaux et insectes et avoir épuisé tous les concepts les plus débilos, le monde de l'animation pourrait enfin atteindre la maturité un jour ... un jour.
    • sashyko
      J'aime bien ce dossier parce qu''il est vrai que la diversité à l'écran c'était pas gagné. Pour ce qui disent que ça n'a pas d'importance et que l'on n'a pas besoin de le souligner, je dis que si et que même sans le vouloir en le fait. Le nombre de fois que les enfants s'exclament devant leur télé quand il vois un noir (ou un asiatique,arabes) avoir des rôles importants ou des responsabilités à la télé me prouve qu'ils sont conscient de cette évolution. Quand j'ai vu l'affiche j'était surpris de de l'aspect général de Tif qui contrairement à Tiana n'a pas les cheveux raide mais frisé et ça aussi ça change aussi. On aura plus à en parler de diversité le jour ou sera ancré en nous et malheureusement ça avance dans ce sens mais lentement.
    • Stevens B.
      Au final, les principaux concerné (noirs, dont j'en fais parti, asiatiques et autres) ne sont pas ceux qui soulignent le plus de genre de détail; Surtout au niveau de dessin animé. Mais quand tu vois des critiques faites à propos de choix d'acteurs noirs qui joue le role de perso au départs blanc tu te dis qu'au bout d'un moment il y a une certains réponse à donner, dire "hey on est là, aussi égaux que les autres, on a aussi le droit de jouer tel ou tel perso, etre tete d'affiche de tel ou tel film" car quoi qu'il en soit les gens ne se diront pas "Michael B Jordan est un très bon acteur qui fera une Torche très convaincante et profonde" mais on dira "Je suis pas sur qu'un acteur noir sera un bon choix pour le Torche"Donc tant que tu auras ce genre de réaction dans le monde du ciné tu entendras toujours ces histoires soulantes de diversité
    • andiran23
      Il me semble pas qu'il y en ait beaucoup non plus qui aient réussi ...
    • Life_is_hard
      Qu'y a-t-il que tu ne comprennes pas...?Dans cette article, la rédaction met en exergue le fait que les long-métrages d'animations Disney, les fameux classiques, sont encrés dans une culture ethnique unilatérale, ignorant royalement la notion de diversité.Ils citent à cette fin les célèbres Blanche-Neige, Cendrillon, Alice, Peter Pan et consorts, autant d'oeuvres d'origine littéraires qui n'ont en aucun cas été crées pas Disney.En résumé, sur ce coup, ils sont carrément à côté de leurs pompes. Reprocher à un studio de respecter les oeuvres qu'ils adaptent - de bonnes adaptations en plus - c'est quand même la charité qui se fout de l'hôpital.
    • Cin?mangaeek
      Hein ??
    • Cin?mangaeek
      On aurait pu parler du Disney "Mélodie du Sud", mais bon. Très bon dossier en tout cas. Et heureusement que les mentalités ont changées, faut que les problèmes de racistes se finissent, c'est absurde.
    • Clark Wayne
      Cheveux châtains donc elle est blanche d'après toi ? Que tu le veuilles ou non elle est clairement "afro" comme tu dis.
    • Nick T.
      C'est exactement ça! La vraie diversité consiste à ne même pas remarquer la diversité! ;)
    • Marceau G.
      Bien sûr que non, quoi ?
    • Mr Nice
      Et les asiatiques ? Ah bah non, eux on s'en tape .. quelle hypocrisie !
    • Mr Nice
      La vraie diversité c'est celle qu'on ne voit pas et qu'on ne cite pas, le travaille des lobbying est très important, certain d'entre eux ce plaignent également (le lobby asiatique) mais, ayant moins de moyen son rôle s'en voit amoindri, quoi qu'il en soit lorsque je vois un personnage noir je ne me dis pas "oh .. il est noir", non, j'en ai simplement rien à faire ... c'est peut-être ce que les pro-diversité ne comprennent pas :/
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