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    Cher Joaquin Phoenix...
    Par Léa Bodin — 13 nov. 2017 à 19:00
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    Dans "A Beautiful Day", qui lui a valu le prix d'interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, Joaquin Phoenix crève l'écran. Comme d'habitude, finalement. L'occasion pour nous de lui (re)dire toute notre admiration.

    SND

    Cher Joaquin (j’ai envie de t’appeler Jojo car j’ai un peu l’impression de te connaître, mais en réalité on ne se connaît pas),

    La première fois que je t’ai vu, si je me souviens bien, c’était dans Gladiator, de Ridley Scott. La foule scandait « Maximus, Maximus », mais soyons honnêtes, le monde n’avait d’yeux que pour toi. Dans le costume de Commode, tu offrais une performance d’exception, proche de la perfection. « J’aurai assassiné le monde entier. Si seulement tu m’avais aimé. » Une scène de parricide absolument magistrale où le visage de Commode était tour à tour traversé par une douleur indicible et la haine qui en résultait. Quel grand moment de cinéma !

    Qui mettra en doute le fait que tu es le plus grand acteur de ta génération ?

    United International Pictures (UIP)
    Gladiator (2000)

    A la fin des années 1980, c’est plutôt ton frère, l’incroyable River Phoenix, de quatre ans ton aîné, qui amorce avec sa gueule d'ange une carrière prometteuse, mais il meurt brutalement d'une overdose dans la nuit du 31 octobre 1993. Son visage, le visage d'A bout de course et de My Own Private Idaho, restera figé sur la pellicule dans son éclatante jeunesse. 

    En 1995, c'est ton talent à toi, Joaquin, qui éclate aux yeux des spectateurs dans la comédie noire Prête à tout, signée Gus Van Sant, où tu brilles sous l'influence de Nicole Kidman. C'est l'entrée dans la cour des grands, pour toi qui connais les plateaux de télévision et de cinéma depuis l'âge de huit ou neuf ans. Ton enfance, d'ailleurs, elle est un peu particulière, car lorsque tu nais en 1974, tes parents, hippies jusqu'au bout des ongles, appartiennent à la secte des Enfants de Dieu et vivent en Amérique centrale. Ce n'est que lorsqu'ils quittent la secte, quatre ou cinq ans plus tard, qu'ils adoptent le nom de Phoenix et déménagent en Californie. Jusque là, tu t'appelais Joaquin Bottom, pas très vendeur, il faut l'admettre, mais je digresse. 

    DR
    Prête à tout (1985)

    Après la collaboration avec Gus Van Sant, dont tu diras qu'il t'a permis de savoir quel genre d'acteur tu voulais être, on te propose de plus en plus de rôles. En 2000, l'année de Gladiator, de Quills et de The Yards, ton premier film avec James Gray, plus personne n'ignore qui tu es. Tu travailles de manière fidèle avec certains cinéastes, tu tournes finalement assez peu et témoigne d'une exigence certaine dans tes choix. M. Night Shyamalan, étoile montante de la mise en scène, te dirige dans Signes, où tu excelles, évidemment, puis dans Le Village. Tu te fonds dans chacun des personnages que tu incarnes autant que ta figure les absorbe. 

    Tes yeux immenses, ton regard triste, souvent, ton sourire fendu d'une cicatrice, font de toi un acteur différent. Ta puissance, ta profondeur de jeu, la permanence de ton charisme, font de toi un acteur important. Plus important. 

    Tu n'éclipses pas tes partenaires pour autant. Walk the Line en est un bel exemple : Reese Witherspoon et toi éblouissez avec la même force lorsque vous incarnez June Carter et Johnny Cash. 

    DR
    Walk the Line (2005)

    En 2008, tu annonces que tu mets fin à ta carrière de comédien pour te consacrer à la musique et te lancer dans le rap, Jésus Marie Joseph. Heureusement, quelques mois plus tard, on apprend que c'était une blagounette, un canular monté de toute pièce, une performance, même, pour lancer le faux documentaire - le documenteur - I'm Still Here, tourné par ton pote Casey Affleck, qui fait un four, il faut bien le dire. Après cette petite parenthèse inattendue, qui a duré un long tunnel tout de même, tu reviens dans la course (aux Oscars, on ne sait pas comment il a pu t'échapper, celui-ci), pour l'un de tes plus beaux rôles, celui du vétéran rachitique Freddie Quell dans The Master, le chef-d'oeuvre de Paul Thomas Anderson.

    Et une claque, une de plus. De porté disparu, tu passes en un battement de cils à génie absolu. Devant la caméra, sous le regard du grand PTA, c'est toi le patron, MAIS tu n'éclipses pas tes partenaires pour autant, et tu partages dans l'élégance la plus totale cette incroyable performance avec Philip Seymour Hoffman. 

    Metropolitan FilmExport
    The Master (2012)

    Chacune de tes prestations est d'une efficacité remarquable. Le miracle de ton être tient sans doute à ce que tu parviens à rendre solaires des personnages tourmentés. Her, L'Homme irrationnel, et puis ce rôle incroyable que t'a offert Lynne Ramsay dans A Beautiful Day. Ce rôle massif, en or massif, où tu te fonds avec une intensité simplement inouïe. C'est beau, que c'est beau. C'est cassé, brisé, fou. Joe est pathétique, paumé, au fond du trou, et puis la lumière au bout du tunnel, c'est ton regard. 

    Franchement, c'est compliqué, de mettre des mots sur l'admiration qu'on porte à un artiste. Les mots, c'est toujours fragile, trop grandiloquent, ou à côté. Et puis on pourrait se dire que tu n'es qu'un acteur, après tout, mais les acteurs, c'est tout, justement. Franchement, c'est compliqué, de mettre des mots sur l'admiration qu'on porte à un artiste, mais je me dis que toi, Joaquin Phoenix, tu valais bien la peine d'essayer.

    J'ai envie de terminer en te souhaitant bon vent, toi qui, enfant, voulais qu'on t'appelle Leaf. 

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    La bande-annonce de A Beautiful Day, actuellement en salle : 

    A Beautiful Day Bande-annonce VO

     

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    Commentaires
    • Jake Amberson
      Effectivement je viens de voir que l'on m'a coupé la parole ! Pas très sympa...
    • Chrisgoug
      Moi c'est l'inverse ^^
    • The Prestige
      Pour moi Dicaprio est au-dessus.
    • David D.
      Oh mon dieu!Je ne vous en voudrais jamais assez à vous... Bande de commentateurs d'articles, de m'avoir finalement convaincu.J'ignorai totalement le contenu du texte, digne d'une petite fille qui envoie une lettre aux musclés du club dorothé, avant d'être forcé par vos éloges :/Me voilà maintenant forcé (oui moi aussi je sais faire des répétitions! ) de briser les rêves d'une journaliste :(Tu vas devoir jouer dans HIM!
    • Ale56
      Très bon acteur mais pour le « meilleur acteur de sa génération », je lui préfère Christian Bale
    • C?venole30
      Portrait d'un comédien et récit de sa carrière à la sauce admiration plus un zeste d'humour ;-)
    • C?venole30
      Franchement, c'est compliqué, de mettre des mots sur l'admiration qu'on porte à un artiste. C'est peut-être compliqué mais ici c'est réussi. Beau texte, bravo (et tant pis pour les jaloux qui prétendent le contraire), non seulement bien écrit dans un français correct mais intéressant, original, maintenant l'intérêt du début à la fin avec une pointe d'humour pour relever le tout.
    • ServalReturns
      « J’aurai assassiné le monde entier. Si seulement tu m’avais aimé.» Si seulement tu m'avais aimé --> j'aurais assassiné. : conditionnel présent. J'aurai, c'est du futur simple de l'indicatif.
    • L?a B.
      Pardon, mais laquelle ?
    • Chuck Carrey
      Oui. Surtout ceux qui sont peu connus mais qui font à chaque fois un travail remarquable, mais si ça passe parfois inaperçu.
    • Julien B.
      Clairement! Sans aller à la déclaration d'amour à chaque fois, je trouverais ça bien de mettre en avant des acteurs, réals, monteurs, ingé son....
    • spielbergismygod
      Du bon goût qui ne semble pas plaire à Allociné...Faire de la pub pour Arte ??!! Mais enfin, vous n'y pensez-pas, nous avons un standard de médiocrité à préserver !
    • ServalReturns
      Première faute de conjugaison au bout de six lignes. J'abdique.
    • David D.
      Désolé j'ai du m’arrêter à J'ai envie de t'appeler Jojo... :/Mais sinon, Bravo l'artiste, Joaquin Phoenix est un très bon acteur en effet
    • spielbergismygod
      Tout à fait d'accord avec toi. On peut quand même dire dans le même temps que c'est d'une platitude éhontée et dénué de tout style.
    • spielbergismygod
      Franchement, c'est compliqué, de mettre des mots sur l'admiration qu'on porte à un artiste.A la lecture de ce texte insipide, en effet, ça semble très compliqué.
    • Chrisgoug
      Et ? ^^
    • Chrisgoug
      Personnellement je trouve Phoenix bien plus talentueux que DiCaprio ^^Et c'est pas des mauvais films dans une filmographie qui fait d'un acteur son talent ^^
    • Aschmidt
      Pas tout à fait d’accord avec le titre de « meilleur acteur de sa génération » ... Il y a Leonardo DiCaprio !De plus pas mal de films ne sont pas cités dans ce texte écrit sur le coin d’une table en cinq minutes...
    • Cuderoy
      L'écharpe sauve tout t'inquiètes.
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