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    Grand Hôtel : les références, la saison 2... les secrets du soap de TF1 selon ses créateurs
    Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 24 sept. 2020 à 13:18
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    "Grand Hôtel" s'achève ce soir sur TF1. Les deux créateurs sont revenus pour nous sur cette aventure, le travail d'adaptation, leurs inspirations, la fin de la saison aussi...

    François LEFEBVRE / CAPA / TF1

    La diffusion de la première saison de Grand Hôtel s'achève ce soir sur TF1. L'occasion de revenir avec ses deux auteurs, Aurélie Belko et Sébastien Le Délézir, sur cette proposition de soap totalement assumée et hybride, qui fait du bien dans un paysage de fiction saturé par le polar et la comédie familiale. 

    Un soap "sans frein, sans tabou"

    Si Grand Hôtel peut surprendre au premier abord, c'est parce qu'elle est clairement plus excessive que les récentes tentatives de soaps à la française et se rapproche davantage à la fois de ce qui se fait dans les feuilletons quotidiens, d'où vient Aurélie Belko qui a travaillé sur Demain Nous Appartient, et les grands soaps de prime-time américains, dont ils sont tous les deux friands. "Qu'il s'agisse de TF1 et ses conseillères, de nos producteurs chez CAPA ou de nous, l'idée était d'aller à fond dans le soap, on avait tous envie de ça parce qu'on adore tous ça. Il n'y a pas eu de censure, on s'est sentis très libres. TF1 n'a mis aucun frein, il n'y avait aucun tabou". Pour preuve : l'idée que le personnage d'Alfred (Matthias Van Khache) soit bisexuel a tout de suite été acceptée.

    De la même façon, certaines répliques plutôt osées sont passées sans problème. Comme lorsque que Sophie (Marie Kremer) déclame "Notre mère est une salope machiavélique !" Aurélie Belko raconte : "On a rendu le texte en se disant que ça n'allait pas passer. Et finalement, ça a eu un très bon accueil. D'ailleurs, Carole Bouquet elle-même trouvait ça super. Elle s'est beaucoup amusée sur la série. C'était très rigolo pour les comédiens qui sont surtout connus pour jouer des héros positifs d'habitude et qui là pouvaient composer tout autre chose.

    Les différences avec la série originale

    Grand Hôtel est l'adaptation de la série espagnole éponyme, dont plusieurs versions ont vu le jour à l'international, mais une adaptation libre, qui en reprend surtout le concept. "La production nous a appelé pour adapter la série américaine à l'origine, mais ça n'a pas pu se faire; du coup on a repris la série originale mais de manière contemporaine". Pour rappel, l'originale est une série d'époque. "On a forcément dû changer l'idée du mariage forcée pour l'héroïne, qui n'aurait plus de sens chez nous aujourd'hui; on a gardé l'univers, les personnages, et le ton s'est affiné de version en version" raconte Aurélie Belko. Un personnage a d'ailleurs été ajouté, celui d'Andrieux incarné par Hippolyte Girardot : "C'est un nouveau personnage qui changeait beaucoup de choses. Pour nous, c'est Cliff Barnes de Dallas, si on simplifie !" Quant au personnage de la soeur, il reste jusqu'au bout de la saison dans la version française, ce qui n'était pas le cas dans la série espagnole. 

    Il fallait toutefois garder un élément de polar, déjà présent, mais le modifier : "On a besoin d'un fil rouge sur les chaînes hertziennes, un "whodunnit". C'est ce qui permet de structurer une saison et puis surtout les téléspectateurs adorent ça ! Mais ce sont les trahisons et les secrets qui nous plaisent le plus." Grand Hôtel s'éloigne toutefois de la saga de l'été, notamment dans sa structure : "On démarre aussi sur une héroïne qui revient, comme dans les sagas, sauf qu'on ne suit pas seulement son point de vue à elle et son enquête. Nous avons 39 personnages !" Sébastien Le Délézir révèle d'ailleurs : "Certains personnages ont disparu au montage, on n'avait plus assez de place.

    Des références soap (et pas que !) en pagaille

    Certains téléspectateurs l'ont sans doute remarqué : les scénaristes de la série ont pris beaucoup de plaisir  à faire référence à de nombreuses séries cultes, des soaps notamment, mais pas seulement : "ça nous amusait et on avait envie que ça amuse aussi le public, comme un jeu. On ne copie pas mais on s'inspire". Il y a par exemple cette scène où Margaux (Solène Hébert) étouffe dans sa robe de mariée, qui n'est pas sans rappeler un passage culte de Grey's Anatomy où il arrive la même chose à Cristina. "Cette scène de Grey's a déjà été reprise dans quelques comédies romantiques. C'est devenu comme un passage obligé".

    Plus étonnant, une scène d'interrogatoire est inspirée par... True Detective ! L'épisode 8, diffusé ce soir, a une structure en flashbacks qui rappelle un épisode de la saison 1 de Dirty John. Une autre référence a par ailleurs été coupée au montage mais elle aurait ravi beaucoup de téléspectateurs : "On reprenait la fameuse scène des pastèques de Dirty Dancing". Le récent reboot de Dynastie (chez nous sur Netflix) faisait aussi partie des inspirations au moment de l'écriture. Aurélie Belko ne le cache pas : "J'en suis hyper fan. Je le trouve léger, drôle, improbable, rempli de belles fringues, avec trois décors en carton. C'est super divertissant." Elle a d'ailleurs contaminé son partenaire d'écriture. 

    Parmi leurs autres références, on peut citer Santa Barbara, Gossip Girl, Jane the Virgin, The Royals, Desperate Housewives ("On l'aime énormément") et... Succession ("Parce que oui, c'est un soap !"). 

    Un tournage en flux (très) tendu

    Le projet, lancé rapidement, est arrivé à l'antenne tout aussi rapidement et pour cause : "On a dû faire la série vite, tant en terme d'écriture que de tournage; c'était dur, mais on a été super bien accompagnés par les conseillères de TF1 Charlotte Denaud et Céline François. Avec le réalisateur Jérémy Minui, qui est moderne dans sa manière de travailler car à l'écoute des scénaristes, on trouvait des solutions ensemble quand il y avait un souci. On avait accès aux comédiens, il y avait un vrai dialogue avec tout le monde". Une fois n'est pas coutume chez nous, l'écriture n'était pas encore terminée au moment du tournage, ce qui est plus courant aux Etats-Unis : "On continuait à écrire alors que le tournage continuait, donc on s'est adapté d'après les rushes que l'on voyait". 

    Et maintenant ?

    La première saison de Grand Hôtel s'achève sur plusieurs cliffhangers et toutes les intrigues ne sont pas résolues. Un classique du soap, là encore parfaitement assumé : "Les cliffhangers étaient prévus, on en avait encore d'autres, mais pour des questions de durée, tout ne rentrait pas en 42 minutes. Il y a des choses qu'on a gardé pour la suite. On a écrit les arches avec déjà la fin en tête. On a tout de suite réfléchi à une saison 2, ou 3, en fonction des intrigues. On a des pistes pour la saison 2 mais on attend la réponse de la chaîne." A ce jour, la chaîne n'a pas pris sa décision. 

    Vous pouvez aussi rattraper Grand Hôtel sur MYTF1

    Grand Hôtel (2020) - saison 1 Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • meiyo
      J'ai été tellement frustré que je ne regarde plus les séries annulées qui s'achèvent de cette façon.
    • Damien Chainel
      Oui c'est sûr, mais ça ne me dérange pas les cliffhangers ; à condition qu'on soit sûr de proposer une suite à la saison !!
    • meiyo
      C'est le problème des cliffhangers : c'est devenu à la mode, surtout depuis X-files, comme si les diffuseurs en avaient quelque chose à faire.
    • meiyo
      Encore un truc qui va durer dix ans ... au moins.
    • Damien Chainel
      Il y a des choses qu'on a gardé pour la suite (...) On a des pistes pour la saison 2 mais on attend la réponse de la chaîne. A ce jour, la chaîne n'a pas pris sa décision....j'adore lire ce genre de choses complètement méprisantes pour le spectateur. En gros, chers spectateurs, vous n'aurez pas toutes les réponses à la fin de la première saison...et vous ne les aurez peut-être jamais !!! Du grand art :(
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