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    Work in Progress sur Canal+ Séries : pourquoi il faut voir cette pépite
    Emilie Semiramoth
    Emilie Semiramoth
    Cheffe du pôle streaming, elle a été biberonnée aux séries et au cinéma d'auteur. Elle ne cache pas son penchant pour la pop culture dans toutes ses excentricités. De la bromance entre Spock et Kirk dans Star Trek aux désillusions de Mulholland Drive de Lynch, elle ignore les frontières des genres.

    Apparue fin 2019, la comédie intimiste Work in Progress a révélé Abby McEnany, une humoriste géniale qui livre ici une œuvre très personnelle et attachante. Focus sur cette série dont la saison 2 commence aujourd’hui sur Canal+ Séries.

    De quoi ça parle ?

    A Chicago, Abby, 45 ans, s’identifie comme une "grosse lesbienne queer". Ses mésaventures et son désespoir la mènent à une relation inattendue qui va transformer sa vie. Lorsqu'elle rencontre un jeune homme trans, Abby commence à changer radicalement de perspective en ce qui concerne son identité et l’estime d’elle-même. Elle reconsidère alors ses choix et va même affronter la femme qui a "ruiné sa vie", Julia Sweeney.

    Work in Progress, une série créée par Abby McEnany et Tim Mason avec Abby McEnany, Theo GermaineCeleste Pechous et Julia Sweeney. Sur Canal+ Séries

    Work in Progress
    Work in Progress
    Sortie : 2019-12-08 | 30 min
    Série : Work in Progress
    Avec Celeste Pechous, Karin Anglin, Julia Sweeney
    Spectateurs
    3,0

    Atypique

    Work in Progress fait partie de ces séries qui ont tendance à passer inaperçues et pour lesquelles on a envie de clamer son amour instantanément. Elle se distingue de prime abord grâce à son actrice principale et co-créatrice. Abby McEnany joue une version très proche d’elle-même et ouvre la porte sur ses tourments intimes et ce, d’une façon peu commune.

    Et puis, Abby n’est pas le genre de personnage que l’on croise souvent dans les séries. Elle se décrit elle-même comme une "grosse lesbienne queer" ce qui, avouons-le, ne court pas les écrans. Elle a la quarantaine bien tassée et ne correspond pas aux standards de beauté actuels avec ses rondeurs et son look androgyne.

    Le conformisme n’étant pas vraiment sa préoccupation majeure, elle met la lumière sur des femmes – et des personnes en général – qui n’ont généralement pas le droit de cité dans l’univers pas si démocratique de la télévision. Ces considérations vite mises de côté, on apprend à connaître Abby et très vite s’attacher à elle.

    Adrian S. Burrows/Showtime

    La dépression positive

    Ça commence dès la première scène de la série qui pose son humour. Dans le cabinet de sa psy, alors qu’elle déballe toutes ses angoisses et son envie (très sérieuse) de mettre fin à ses jours, elle fait face au silence de son interlocutrice… Et finit par se rendre compte que celle-ci est en fait décédée ! La situation a beau être terrible, la scène est hilarante.

    Cette scène à elle seule donne un joli aperçu de la personnalité d’Abby. Elle est en proie à de l’anxiété et ce, depuis sa petite enfance. A tel point que cela constitue un véritable handicap dans sa vie quotidienne. Pour autant, elle parvient à partager son désarroi sans en faire porter le poids au spectateur. On compatit avec elle, mais elle a suffisamment de grandeur d’âme pour nous faire rire de ses malheurs.

    Et chez elle, la force de vivre l’emporte presque malgré elle. Dans la première saison, sa macabre résolution est mise à mal après sa rencontre avec Chris (Theo Germaine), un garçon trans qui parvient à conquérir son cœur tout en y appliquant un baume de bienveillance. Une série à découvrir sans modération et dont la saison 2 démarre aujourd’hui.

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