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    Les Marvel de la honte : Captain America version 1979
    3 juin 2022 à 17:01
    Corentin Palanchini
    Le MCU de Kevin Feige a pris la place du western et des sérials des années 30 à 50, Corentin suit donc cette prise de relais avec attention. L’écriture de l’émission FanZone pendant des années lui a fait creuser les secrets de cet univers connecté multi-plateformes inédit dans l’Histoire du cinéma.

    Découvrez à travers cette collection d'articles les films que Marvel préférerait effacer des écrans. Et pour commencer la série, voici Captain America version 1979 !

    Universal

    Il y a des films utilisant les personnages et l'univers Marvel que certains voudraient bien oublier. Dans cette série d'articles, nous explorerons ces "Marvel de la honte", des productions si ratées qu'elles ne parviennent jamais à se hisser à la hauteur de la licence qu'elles exploitent. N'y a-t-il cependant rien à y sauver ? Nous allons voir ça avec les premiers films de notre sélection : les téléfilms Captain America de 1979.

    Captain America
    Captain America
    2h 00min
    De Rod Holcomb
    Avec Reb Brown, Len Birman, Heather Menzies-Urich, Robin Mattson, Joseph Ruskin
    Spectateurs
    2,3

    Captain America y est incarné par Reb Brown, ancien joueur de football américain devenu acteur. Après avoir tourné dans un épisode de Happy Days (S05E12), Reb est approché par un producteur lui demandant s'il sait jouer la comédie. Il répond oui, et on lui offre le rôle de Steve Rogers. C'est sans doute le casting le plus simple de l'histoire de la télé !

     

    Le scénario du téléfilm est écrit par Don Ingalls, le futur producteur de L'Île fantastique d'après une histoire de Chester Krumholz qui avait travaillé sur Kojak ou Mannix. Le pitch présente Steve Rogers, pilote de motocross en pleine remise en question. Il découvre que son père a créé une "super hormone" baptisée F.L.A.G., Force Latente d'Agilité Grandissante.

    Le père de Steve s'était injecté son sérum et était devenu un combattant du crime. Steve refuse de reprendre le flambeau. Bien plus tard, alors qu'il a été victime d'un incident mortel, on lui injecte finalement le sérum pour le guérir. Il est convaincu d'utiliser ces capacités contre un terroriste millionnaire souhaitant mettre la main sur la Californie. Pour passer inaperçu, il revêt l'uniforme de son père, et devient Captain America.

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    Captain America (1979)

    La même année, une autre histoire du super-héros a vu le jour, Captain America II: Death Too Soon, toujours avec Red Brown. Dans cette nouvelle aventure, le général Miguel (Christopher Lee) enlève un professeur qui étudie la gérontologie et lui demande de travailler sur un produit qui accélère le vieillissement. Evidemment, Steve Rogers se met en travers de son chemin.

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    Extrait de Captain America II: Death Too Soon (1979)

    On peut noter que dans le premier téléfilm, le Dr. Wendy Day était incarné par Connie Sellecca mais dans la suite par une autre comédienne, Heather Menzies-Urich.

    Dire que les deux longs métrage sont ratés est un euphémisme puisque l'origin story du personnage n'est pas respectée, son casque décoré d'ailettes a été imposé par les autorités pour des raisons de sécurité, les méchants ne viennent pas des comics et les intrigues sont prétextes.

    Le manque criant de moyens à l'écran (la majorité du budget passant dans les cascades à moto et les images de la moto-deltaplane), l'implication toute relative du casting et une réalisation au rabais font de ces deux films des ratages qui déshonorent l'oeuvre originale. Des scènes de véhicule du premier sont même réutilisées dans le second.

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    Le batwi... la moto-deltaplane !

    Si l'on se replace d'un point de vue historique, ces téléfilms s'inscrivent à l'encontre du Nouvel Hollywood, mouvement cinématographique contestataire du rêve américain né en plein vague hippie en 1968-69 et mettant en scène des personnages paumés et laissers-pour-compte.

    Nous sommes dix ans plus tard, en 1979, et si au début du premier téléfilm, Steve Rogers est lui aussi perdu dans sa vie, et vivant dans un van en cherchant un sens à sa vie, tout change très vite. Dans "Death Too Soon", Steve Rogers est même déjà un héros installé, assurant la sécurité de tous, montré comme l'ami des personnages âgées, des animaux et des enfants.

    Là où les réalisateurs du Nouvel Hollywood montraient alors un déclin de l'idéal américain, ces deux Captain America choisissent de montrer qu'il existe encore pourvu qu'on croit en lui et qu'on veuille bien défendre son pays. Un discours patriotique qui préfigure l'arrivée de la présidence Reagan deux ans plus tard et de son virage conservateur.

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    Reb Brown, alias Captain America

    Leur piètre qualité vaudra à ces téléfilms de ne jamais devenir les pilotes d'une série. Si le succès avait été au rendez-vous, deux crossovers étaient prévus : le premier avec le Spider-Man joué par Nicholas Hammond dans la série L'homme-araignée (1977-1979), le second avec l'incroyable Hulk interprété par Lou Ferrigno dans la série éponyme (1977-1982). Ils ne verront jamais le jour.

    En France, étonnamment, Death Too Soon sort en salles en 1979 sous le titre Captain America et constitue le premier contact du grand public avec le superhéros. Après une autre version désastreuse en 1990, le personnage Marvel ne deviendra culte que dans sa version incarnée par Chris Evans, au sein du Marvel Cinematic Universe. Aujourd'hui, le rôle est tenu par Anthony Mackie.

     

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