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    Cette actrice va vous impressionner : Rebecca Marder illumine la comédie Les Goûts et les couleurs
    22 juin 2022 à 07:00
    Brigitte Baronnet
    Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 10 ans. Elle anime le podcast Spotlight.

    Rencontre avec Rebecca Marder, révélation de la comédie romantique et musicale, à l'affiche : Les goûts et les couleurs, nouveau film de Michel Leclerc, derrière le succès du Nom des gens. Interview-portrait avec une jeune fille qui va bien.

    On l'a vu illuminer le premier long métrage de Sandrine Kiberlain, Une jeune fille qui va bien, en début d'année. Et en attendant de la découvrir dans le film événement Simone, le voyage du siècle, dans lequel elle joue Simone Veil jeune, Rebecca Marder, 27 ans, enchante son monde dans Les Goûts et les couleurs, au cinéma ce mercredi 22 juin.

    Les Goûts et les couleurs
    Les Goûts et les couleurs
    Sortie : 22 juin 2022 | 1h 50min
    De Michel Leclerc
    Avec Rebecca Marder, Félix Moati, Judith Chemla, Philippe Rebbot, Eye Haïdara
    Presse
    3,4
    Spectateurs
    3,6
    Séances (521)

    Dans cette comédie romantique et musicale, dans laquelle elle partage l'affiche avec Félix Moati et Judith Chemla notamment, Rebecca Marder, et y montre un peu plus l'étendue de son talent puisqu'elle y chante.

    Elle joue Marcia, une jeune chanteuse passionnée. Elle enregistre un album avec son idole Daredjane (Judith Chemla), icône rock des années 1970, mais celle-ci disparait soudainement. Pour sortir leur album, elle doit convaincre l’ayant-droit de Daredjane, Anthony (Félix Moati), placier sur le marché d’une petite ville, qui n’a jamais aimé sa lointaine parente et encore moins sa musique. Entre le bon et le mauvais goût, le populaire et le chic, la sincérité et le mensonge, leurs deux mondes s’affrontent...

    Pyramide Distribution
    Félix Moati et Rebecca Marder dans Les Goûts et les couleurs de Michel Leclerc

    Film musical donc, en attendant sa première vraie comédie musicale au cinéma (elle sera au générique de La Grande magie de Noémie Lvovsky, prochainement en salles), mais était-ce une évidence pour elle de chanter? Et d'où vient le don de Rebecca Marder pour la chanson? Nous lui avons posé la question au cours d'un entretien pendant lequel elle a accepté de revenir sur son parcours.

    "Je chante depuis l'enfance. J’'ai fait de la chorale pendant longtemps. C'est même par la chorale que j'ai fait mon premier film parce que je chantais dans un conservatoire d'arrondissement. Il y a un directeur de casting qui passait, qui cherchait une enfant pour une comédie sur les enfants (Demandez la permission aux enfants d'Éric Civanyan, en 2007, Ndlr.). C'est comme ça que j'ai commencé à faire du cinéma."

    D.R.
    Rebecca Marder dans Demandez la permission aux enfants, en 2007

    Bruno Calvo - Gaumont
    Ici avec Gad Elmaleh dans La Rafle de Rose Bosch, en 2010.

    "L'apprentissage des cours de solfège, du piano, du saxophone tout ça… J‘ai toujours chanté : à la Comédie-Française, j’ai fait des spectacles musicaux, notamment un spectacle sur Gainsbourg, qui s'appelait Serge, je chantais. Avec ce film de Michel Leclerc aujourd'hui, c'est la première fois qu'on m'offre un rôle chantant au cinéma".

    Chanter au cinéma, était-ce un rêve ? "Oui, c’était un rêve, parce que même en tant que spectatrice, ce sont souvent les comédies musicales qui m'ont donné envie de faire ce métier. Que ça soit sur scène ou au cinéma. Les comédies musicales, ça donne tellement envie d'être avec eux !" Elle cite, avec des étoiles dans les yeux, Chantons sous la pluie, West Side Story, les films de Jaques Demy, mais aussi Hairspray de John Waters...

    Aimer chanter au point d'en faire son métier ? "Mon père est musicien, contrebassiste et compositeur (Marc Marder, Ndlr.), donc c'est vrai que ça appartenait déjà à quelqu'un. J'ai l'impression que le fils du cordonnier est toujours le plus mal chaussé !

    Le chant, ça me libère complètement.

    "J'ai pris des cours de piano pendant dix ans. Mon père était assez exigeant. J'ai vraiment des souvenirs de moi, à six ans, devant le piano, en larmes, bloquée ! La chanson? Pourquoi pas en faire peut être sans le cinéma."

    "Pour les acteurs, on se dit que de chanter s'est être mis à nu, encore plus que de jouer sans chanter, poursuit-elle à notre micro. Sauf que personnellement, j’ai l’impression que ma voix chantée est beaucoup plus assurée que ma voix parlée. Ma voix parlée est peut être un peu timorée. Le chant, ça me libère complètement. Ce trac était donc un peu ôté."

    Son départ de la Comédie-Française en début d'année

    Rebecca Marder évoque, plus haut, la Comédie-Française, prestigieuse institution où elle a officié pendant 7 ans, de 20 à 27 ans. Elle vient d'en partir, en février dernier, afin de laisser plus de place au cinéma et d'autres projets. Et parce que cela correspondait à la fin d'un cycle : "7 ans comme 7 ans de réflexion ou l'âge de raison" dit-elle dans un sourire. Le théâtre, c'est ce qui la protégée : "ça muscle énormément". "Il y a quelque chose très artisanal au théâtre", ajoute-t-elle. 

    Sur son parcours et ses figures tutélaires, elle mentionne en premier lieu un pilier de cette institution, en la personne d'Eric Ruf. "C'est lui qui m'a engagé au Français et qui a changé ma vie". D'une figure tutélaire à l'autre, Rebecca Marder salue Dominique Blanc, qu'elle a également cotoyée grâce à la Comédie-Française.

    D'offrir la confiance est ce qui vous donne des ailes

    "On ne se connaissait pas et au bout de trois semaines de répétition, elle m'a pris sous son aile, en me proposant de boire un café. Elle m'a dit : "je te regarde, tu as une écoute extraordinaire, mais maintenant tu vas me faire le plaisir d'arrêter de te tenir comme le Bossu de Notre-Dame et de tourner le dos au public, et reprendre confiance en toi". Je me suis demandée comment elle m'avait cernée, alors que c'était un moment où je doutais; je me disais, je ne suis pas bonne, je ne suis pas faite pour ça. Elle m'a dit : si tu doutes encore, tu m'appelles, et si tu doutes à nouveau, tu me rappelles !

    "Avec ce genre de personnes, cela peut juste être un mot. Quand c'est quelqu'un que vous admirez, cela vous change votre vie", reconnait-elle, avec estime pour la comédienne Dominique Blanc.

    Bestimage
    Rebecca Marder et Sandrine Kiberlain sur le tapis rouge de Cannes en 2021. Rebecca Marder tient le premier rôle d'Une jeune fille qui va bien.

    Et enfin, troisième figure qui a compté dans son parcours, Sandrine Kiberlain : "dans le genre générosité d'une actrice envers une autre actrice... c'est fou ce qu'elle m'a offert. D'offrir la confiance est ce qui vous donne des ailes. Jamais j'ai été aimée dans le travail comme elle m'a aimé. C'est le plus beau cadeau C'est une rencontre rare".

    Une jeune fille qui va bien
    Une jeune fille qui va bien
    Sortie : 26 janvier 2022 | 1h 38min
    De Sandrine Kiberlain
    Avec Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon, Françoise Widhoff, India Hair
    Presse
    3,6
    Spectateurs
    3,4
    louer ou acheter

     

    Dans la plus jeune génération, qui sont les acteurs et actrices avec lesquelles elle s'est liée au fil du temps? "Dans les rencontres fortes de jeu, il y a India Hair (avec qui elle partage justement l'affiche d'Une jeune fille qui va bien, Ndlr.). C'était la meilleure partenaire que je n'ai jamais eu de ma vie. Je l'admire artistiquement et humainement. Elle donne tellement qu'on vit la scène pleinement. Elle est très vraie dans le jeu et tellement travailleuse."

    "Je pourrais également citer Suliane Brahim, qui était ma collègue à la Comédie-Française (et vue notamment dans La Nuée de Just Philippot). Pareil, elle m'émeut au plus haut point." Elle nomme également Pauline Clément, de la Comédie-Française. "Ce sont mes trois copines, vraiment."

    "J’ai la chance pour l’instant d’avoir participé à des projets que je trouve trop beaux. Je ne me sens pas du tout trahie ni dans mes choix, ni dans mes goûts, ni dans mes convictions. Le film Les Goûts et les couleurs parle aussi de ça : qui a le monopole du bon goût ?" Prochainement, outre Simone, dans lequel elle joue Simone Veil de 15 à 27 ans, on pourra la voir dans un thriller politique, nommé De grandes espérances.

    Quelles sont justement à présent ses "espérances"? Que peut-on lui souhaiter qu'elle n'aurait pas encore joué ? "J'aimerais bien tourner une comédie avec Nakache-Toledano. Tourner à l'étranger, aussi. Mon père est américain donc ce serait un peu un rêve de pouvoir jouer aux Etats-Unis". Et d'ajouter : "J'ai envie de tout jouer, et ce sont des rencontres à chaque fois avec un rôle. Je continue à passer des castings. On m'offre pas les rôles comme ça sur un plateau."

    Le nouveau long métrage de Michel Leclerc, Les goûts et les couleurs, avec Rebecca Marder, est à découvrir ce mercredi 22 juin 2022 au cinéma.

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