Prime Video : ce film détruit à sa sortie par les critiques est un chef-d’oeuvre incompris
Thomas Desroches
Thomas Desroches
-Journaliste
Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Il aime le cinéma transgressif, queer, horrifique et les documentaires engagés.

Le classique sulfureux de Paul Verhoeven, "Showgirls", est disponible sur Amazon Prime Video. Longtemps pointé du doigt, le film est aujourd'hui réhabilité par de nombreux passionnés de cinéma.

À Hollywood, les accidents industriels ne pardonnent pas. Des cinéastes voient leur carrière s’évaporer en fumée, mais c’est souvent les stars des films qui en payent le prix fort. Beaucoup ne s’en relèvent jamais. C’est le cas d’Elizabeth Berkley.

Showgirls
Showgirls
Sortie : 10 janvier 1996 | 2h 11min
De Paul Verhoeven
Avec Elizabeth Berkley, Kyle MacLachlan, Gina Gershon
Spectateurs
2,6
Disponible sur HBO MAX

En 1995, l’actrice, révélée dans la série Sauvés par le gong, est l’héroïne d’une grosse production à 45 millions de dollars : Showgirls. Après le succès fulgurant de Basic InstinctPaul Verhoeven réalise ce drame satirique qui suit le parcours de Nomi Malone, une jeune femme qui rêve de devenir danseuse. Pour cela, elle se rend dans la ville de tous les excès : Las Vegas.

Outrancier, provocateur et absurde, le film explose les codes du cinéma hollywoodien. Le réalisateur, connu pour son travail plus que sulfureux, vise en plein cœur l’industrie du spectacle américain. Dans Showgirls, le monde de la scène est une arène aussi lumineuse que dangereuse. Tous les coups sont permis sans une once de morale.

Le caractère extrême de cet univers, Paul Verhoeven l’applique à sa mise en scène, très tape à l'œil, et aux jeux de ses interprètes. À l’écran, Elizabeth Berkley insuffle toute son énergie et sa fureur dans un personnage survitaminé, au risque de paraître caricaturale. Ce style risqué, qui fait du mauvais goût sa force, va mettre en péril le destin du film.

Pathé Distribution

Désastre critique et commercial, Showgirls ne rapporte que 20 millions de dollars aux États-Unis. À sa sortie, le long métrage est aussitôt moqué. Il remporte, l’année suivante, 7 Razzie Awards - cérémonie de prix qui récompense les “plus mauvais films de l’année”. Elizabeth Berkley reçoit celui de la pire actrice, quant à Paul Verhoeven, il viendra lui-même récupérer sa statuette.

Vingt-sept ans plus tard, Showgirls continue de faire parler, à la seule différence qu’il reçoit aujourd’hui les louanges de nombreux critiques et professionnels du métier, comme Quentin Tarantino. Le drame transgressif a de nombreuses fois été réhabilité à travers des essais universitaires ou des documentaires, comme You Don’t Nomi qui revient sur le parcours d’Elizabeth Berkley. Vraie catastrophe ou chef-d'œuvre avant-gardiste, le seul moyen de trancher est de se faire son propre avis.

Showgirls est disponible sur Amazon Prime Video.

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