Les résultats du Festival

Théo Angelopoulos a reçu la Palme d'Or et Roberto Benigni, remportant le prix du jury n'a pas su cacher sa joie sous un tonnerre d'applaudissements.

Le cinéma européen a raflé les prix lors de la 51ème festival de Cannes, qui a brillé de ses derniers feux dimanche soir, avec au tableau d'honneur des films plutôt en prise avec leurs temps, ancrés dans les problèmes sociaux en cette fin de millénaire.

Palme d'or à l'unanimité, Théo Angelopoulos (Grèce) signe avec 'L'Eternité

et un jour' ('Mia Eoniotita ke mia mera') une réflexion poétique d'une grande beauté formelle sur la mort, l'amour, l'exil, la solitude à travers la rencontre d'un vieil homme, écrivain proche de la fin, et d'un petit clandestin albanais. Une rencontre qui va redonner un sens à une vie en bout de course.

Des gamins il y en eut beaucoup sur les écrans de Cannes, enfants des rues de Medellin (Colombie), de Jakarta ou de Lisbonne, enfant traumatisé, victime de son père, dans 'La classe de neige' de Claude Miller (France); Prix du Jury, ou un enfant déporté, sauvé par l'amour de son père, dans 'La vie est belle', le conte chaplinesque de Roberto Benigni (Italie), couronné du Grand prix. D'un côté le drame, de l'autre la tragicomédie. Le réalisateur italien, qui était l'un des favoris dans la course à la Palme d'or, a été couvert d'applausissements lors de la soirée de clôture, en se prosternant au pied du président du jury, Martin Scorsese.

Les 'galériennes' de Lille, Elodie Bouchez et Natacha Regnier, ont apporté une note de fraîcheur et d'émotion à cette cérémonie, dont était absent 'Dance Me to My Song' de l'australien Rolf de Heer, l'un des films que l'on attendaitau palmarès. Absents également l'Asie et l'Amérique latine. Quant au cinéma américain, il se contente d'un prix du scénario décerné au jeune New-yorkais Hal Hartley, dont la sensibilité est certainement plus proche de l'Europe que d' Hollywood.

Le cru 98 a été jugé dans l'ensemble de bonne tenue, même si les festivaliers n'ont pas eu le grand coup de coeur qui parfois embrase la Croisette. Pour les festivaliers, qui avaient le temps d'aller à la pêche dans les sections parallèles, en dehors du palais des festivals, de bonnes surprises sont venues de la Semaine internationale de la critique et la Quinzaine des réalisateurs. Cette section off, né des événements de mai 68 en France il y a trente ans, présentait 'Slam' de Marc Levin, distingué de la Caméra d'or.Quel que soit le cadre, les thèmes ont souvent été les mêmes : chômage, familles au bord de la crise de nerfs, handicap, débiles vrais ou faux, inceste, traités sur un ton réaliste ou provoquant. Les écrans ont souvent pris une couleur sombre à Cannes alors que dehors le soleil était de la fête, mais l'espoir était aussi là avec des réalisateurs comme Ken Loach.

Le jury qui attendait de l'émotion, une ouverture d'esprit, du coeur et des tripes a été servi. Côté paillettes, le festival le plus 'glamour' de tous, a livré aux marches du palais le strass et les stars requises, de John Travolta à Jean Reno en passant par Claudia Schiffer, Kate Moss, Laetitia Casta, Johnny Hallyday, Gérard Depardieu et Carole Bouquet, Sophie Marceau, Elton John, Gong Li, la resplendissante Sharon Stone et, hors festival, 'Sly' Stallone et Bruce Willis. Le point d'orgue était la soirée de clôture avec un dîner de gala officiel sous un pavillon au bord de l'eau et à quelques encablures un autre dîner à bord du paquebot Norway, rebaptisé France.(AFP)

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