Est-ce l’effet Coupe du Monde ? Nos champions sont-ils des machines à réussite ? En tout cas, le milieu de terrain du Réal de Madrid, marié avec le top-model wonderbramastique Adriana K., a été contacté pour tenir le rôle principal d’un long-métrage.
En effet, des producteurs viennent d’acquérir les droits d’adaptation de Cannibale, une œuvre de Didier Daeninckx, spécialiste des romans noirs (Meurtres pour mémoire, Zapping, Nazis dans le métro). L’histoire est celle du témoignage inhumain qu’auraient subi des néo-calédoniens lors de l’Exposition Universelle de 1931. Ils ont littéralement pensé à Christian Karembeu, puisque, lors de ses travaux de recherche, Daeninckx a retrouvé des photos d’époque de l’ancêtre de Christian.
L’international français s’est dit flatté par cette attention. Mais, pour l’instant, il n’envisage pas de raccrocher les crampons pour se consacrer au septième art. Il pense avant tout à sa carrière de footballeur.
Devenu une pièce maîtresse du dispositif de l’équipe de France, Karembeu, par sa rapidité, s’est fait remarquer par son mariage people avec la blonde Adriana, mais aussi par son transfert rocambolesque de la Sampdoria de Gênes vers le Réal de Madrid en 97. Vainqueur de la Ligue des Champions 98 avec le club madrilène et champion de France avec les canaris de Nantes en 1995, le kanak ne sera pas le premier footballeur à tenter une reconversion vers le cinéma.
La figure emblématique de ce changement de cap est sans nul doute celle d’Eric The King, Eric Cantona. Le bad boy aux allures de macho mal rasé (voir les pubs Nike, Liptonic et Bic) a réussi à intéresser les metteurs en scène par sa décontraction et son physique de baroudeur. Elévé au rang d’icône des stades anglais, le célèbre N°7 de Manchester United a commencé, au cinéma, comme rugbyman chez Etienne Chatilliez dans Le bonheur est dans le pré. Puis, il a été tour à tour un boxeur en fuite au Mexique avec un singe qui parle et un Jacques Villeret en soutane dans Mookie d’Hervé Palud, et un boxeur amoureux dans Les enfants du Marais de Jean Becker (Elisa). Il a aussi interprété en costume d’époque (et en anglais) Monsieur de Foix dans Elizabeth de Skekhar Kapur, où il donna la réplique à Cate Blanchett et Geoffrey Rush.
D’Auxerre à Manchester, en passant par l’OM, Eric Cantona est devenu une idole en s’exilant outre-Manche, s’imposant définitivement dans un pays où les Frenchies n’étaient pas les bienvenus. Maintes fois récompensé comme meilleur joueur du championnat avec le club londonien, Canto, peintre à ses heures perdues, a fait des émules, puisqu’il doit désormais partager ces honneurs avec le ténébreux attaquant de Tottenham, David Ginola, lui aussi, parce qu’il le vaut bien a été approché par le grand écran pour tenir –peut-être- un rôle de playboy en short avec un peigne dans la poche (pour se recoiffer).
Hormis les brothers Cantona (Eric a entraîné dans ses sillons cinématographiques, son petit frère, Joël, ex-professionnel de football et principalement invité-Fureur chez Arthur, qui a joué dans Le bonheur est dans le pré et la comédie ensoleillée Les collègues de Philippe Danjoux), il faut avouer que les expériences de footballeur-acteur n’ont guère été convaincantes.
Qui se souvient d’Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, qui interprétait le rôle de Luis Fernandez (pas le joueur, mais un prisonnier de la seconde Guerre Mondiale) dans A nous la victoire de John Huston ? De Dominique Rocheteau, l’Ange vert et dernier véritable aillier de l’équipe de France de l’ère Hidalgo et Michel, se compromettant dans Le garçu de Maurice Pialat (Police, Sous le soleil de Satan) ? De l’ancienne gloire malienne de St Etienne et Marseille, Salif Kelta dans Le ballon d’Or de Cheik Doukouré ? Ou de Jean-Michel Larqué (dit Jean-Mimi) dans Delphine 1, Yvan 0 de Dominique Farrugia, où il partagea l’affiche avec son acolyte Thierry Roland, dans un véritable rôle de composition : ceux de commentateurs télé, distillant au passage leurs humours ?
Une exception : la prestation de l’ancienne vedette anglaise de Sheffield et Chelsea, Vinnie Jones qui s’est fait brillamment remarquer dans une comédie noire à l’humour british, Crimes, arnaques et botaniques de Guy Ritchie.
Après les pubs, les idylles de nos champions avec des vedettes du show-bizz (Emmanuel Petit et l’actrice Agathe de La Fontaine), des footballeurs sur grand écran, pourquoi pas ? Mais, exigeons alors Jean-Pierre Papin et Rolland Courbis (en plein conflit actuellement) dans un remake marseillais de French Connection avec plein de caléjades et de pastagas. Peuchère. L.B