Un acteur drogué malgré lui !

L'acteur Demetrius Navarro vient de se singulariser, en déposant plainte contre les producteurs du film "Rave". Motif : tromperie sur la marchandise.

A l'insu de son plein gré !

Demetrius Navarro, obscur acteur américain de son état, a fait fort. Très fort pour certains. Il vient, en effet, d'assigner en justice les producteurs de son dernier film, Rave (de Ron Krauss), affirmant que de la marijuana avait été substituée à du tabac dans une des scènes.

Réclamant des dommages et intérêts d'un montant non précisé pour préjudice moral, Demetrius Navarro soutient que, pour le besoin du tournage, il lui avait été remis une pipe à eau. Cet instrument est généralement utilisé pour fumer de la marijuana, mais il affirme qu'il avait reçu l'assurance qu'il contiendrait du tabac.

Lorsque les caméras ont commencé à tourner, il a allumé sa pipe, inhalé la fumée et découvert qu'elle contenait en fait de la marie-jeanne. Dès lors, il a été pris de vertiges, a éprouvé des douleurs à la poitrine et a subi "un désarroi émotionnel anormal, d'un type qu'on ne peut raisonnablement demander à personne de supporter".

"Don't walk on the grass,..." !

Inconnu du grand public, sauf pour les puristes des films d'actions série B style Made In America du jeudi soir et des amateurs de Urgences où il fait quelques apparitions, Demtrius Navarro veut-il, en lançant cette procédure, être Mister Clean (le Monsieur Propre) du cinéma, à l'instar du footballeur Jacques Glassman et du cycliste Christophe Bassons, défenseurs de l'éthique et de la morale sportives ? Ou s'agit-il d'une nouvelle preuve de la judiciarisation américaine à outrance, où pour n'importe quel fait, on peut poursuivre devant un tribunal et ramasser un joli tapis de billets verts ? Nul ne le sait. Mais, il est indéniable que sa plainte fait sourire et ressemble plutôt à une fumisterie et à de l'hypocrisie.

Tout le monde sait, et s'accorde à dire, que bon nombre de personnalités du show-biz usent, plus ou moins en toute impunité, de substances illégales. Alors que certains sombrent dans l'alcool, d'autres préfèrent la fumette ou les drogues euphorisantes pour évacuer le stress des plateaux, la pression des producteurs ou les journées surchargées.

L'équipe de Apocalypse Now de Francis Ford Coppola a confirmé que, des acteurs aux techniciens, beaucoup avaient consommé des produits interdits pour faire face aux conditions dantesques du tournage. Pour Dennis Hopper, cette expérience n'était pas la première. Lors de son biker's picture des seventies, Easy Rider, lui et son acolyte, Captain America, Peter Fonda (L'Anglais) s'étaient impliqués à fond dans leurs personnages, essayant dopants et autres produits cocaïnesques pour leurs chevauchées à travers le désert américain.

Les paradis artificiels, le talentueux cinéaste indépendant à-trois-francs-six-sous, Roger Corman les connaît aussi. Pour les besoins de son film, The Trip, écrit par le débutant Jack Nicholson, il a avoué publiquement de s'être enivré de LSD pour retranscrire à la perfection les effets psychédéliques de ses hallucinations.

Plus récemment, le génial Harvey Keitel avait reconnu que pour interpréter le rôle du flic vicieux et véreux dans Bad Lieutenant du sulfureux Abel Ferrara, il avait profité des joies phantasmagoriques de la coke. Tout comme Matthew Modine pour Blackout du même Ferrara, reconnu d'ailleurs comme consommateur invétéré d'alcool et drogues en tout genre.

La drogue est un phénomène qui n'échappe pas au milieu du Septième Art. La presse people se charge de relater leurs frasques. De Mickey Rourke à Drew Barrymore en passant par Charlie Sheen, Béatrice Dalle, Philippe Léotard, Richard Bohringer, Woody Harrelson, Oliver Stone(d) ou Robert Downey Jr, tous ont plus ou moins avoué la prise de stupéfiants. Certains y ont laissé leur peau, comme River Phoenix ou John Belushi. Sniff !

L.B

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