Le programme de Deauville

Aujourd'hui s'ouvre la 25e édition du festival du cinéma américain de Deauville. Au programme, les derniers films hollywoodiens et un palmarès.

Le 25ème festival du cinéma américain de Deauville, qui s'ouvre aujourd'hui, présente jusqu'au 12 septembre un large éventail de l'actuelle production cinématographique d'outre-Atlantique, à l'exception de deux films très attendus en cette rentrée : Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et La menace fantôme, le dernier épisode de la saga Star Wars de George Lucas.

Le premier, déjà sorti aux Etats-Unis, a réservé l'exclusivité de sa première européenne à la Mostra de Venise. Le second fait l'impasse sur les festivals, son réalisateur estimant qu'il n'a rien à gagner à se risquer dans des compétitions qui sont rarement tendres à l'égard du cinéma grand public.

En dépit de l'absence de ces deux poids lourds, les amateurs de divertissement se consoleront avec quelques productions hollywoodiennes qui devraient faire le bonheur du box-office de fin d'année. En premier lieu : Mafia Blues (Analyze This en version originale), comédie de Harold Ramis avec Robert de Niro en "parrain" dépressif ainsi que Thomas Crown, remake de L'affaire Thomas Crown signé par John McTiernan (Piège de cristal) avec Pierce Brosnan, alias James Bond, dans le rôle titre.

Attendu aussi, The General's Daughter (Le déshonneur d'Elisabeth Campbell) de Simon West, polar sur fond de scandale militaire avec un très efficace John Travolta. Conscients de la difficulté d'attirer sur les côtes normandes les productions de Hollywood, qui hésitent à affronter les risques inhérents à une compétition, les organisateurs de Deauville se sont tournés depuis cinq ans vers le cinéma "indépendant".

Un cinéma qui n'a d'indépendant souvent que le nom car, à l'exclusion de quelques rares francs-tireurs, il est paradoxalement souvent produit par le biais des filiales des multinationales ou majors. A défaut d'être indépendant financièrement, ce cinéma l'est un peu dans la nature des sujets proposés, moins conventionnels que ceux proposés par les grands studios, et également parfois par son traitement artistique.

Deauville a ainsi permis au cours de ces dernières années de mettre en lumière des cinéastes plus atypiques comme Tom DiCillo (avec Ca tourne à Manhattan), Neil LaBute (En compagnie des hommes, Entre amis et voisins), ou les frères Andy et Larry Wachowki (Bound en 1996), passés depuis "à l'ennemi" avec Matrix, un des triomphes de l'été.

Cette année, parmi les 10 films en compétition, on note le retour de Amos Kollek, sensation de l'édition 98 avec Sue perdue dans Manhattan, qui propose cette fois Fiona, avec son actrice-fétiche Anna Thomson, et celui de Marc Levin, Caméra d'or à Cannes l'an dernier avec Slam, qui lèvera le voile cette année sur Whiteboys, étonnante comédie racontant la fascination pour la culture hip-hop de teenagers du middle-west américain.

Le jury de Deauville, présidé par Régis Wargnier (Est-Ouest), décernera trois prix : le Grand Prix du cinéma indépendant américain, le Prix du Jury du cinéma indépendant américain et le Prix du court métrage américain. Pour choisir les vainqueurs, il sera épaulé de huit membres : six comédiens (Marie Gillain, Marie-France Pisier, Elsa Zylberstein, Jean-Hugues Anglade, Richard Berry et Gabriel Byrne), un producteur (Humbert Balsan), un journaliste/producteur (Jean-Pierre Dionnet) et un écrivain (Michel Houellebecq). Dix oeuvres sont en compétition, dont six premiers films. Voici la liste complète :

- Being John Malkovich de Spike Jonze

- The Minus Man de Hampton Fancher

- The Bumblebee Flies Anyway de Martin Duffy

- Go! de Doug Liman

- Judy Berlin de Eric Mendelsohn

- Twin Falls Idaho de Michael Polish

- Whiteboys de Marc Levin

- Happy, Texas de Mark Illsey

- Guinevere de Audreu Wells

- Fiona de Amos Kollek

Attendus également, hors compétition, Jacob le menteur, une comédie tragique de Peter Kassovitz, avec Robin Williams comme interprète principal, qui se déroule pendant la guerre, dans le ghetto de Varsovie, et, en clôture, Le songe d'une nuit d'été, adaptation de la pièce de William Shakespeare signée par Michael Hoffmann, avec une distribution de prestige (Rupert Everett, Claire Forlani, Kevin Kline, Sophie Marceau, Michelle Pfeiffer...).

Enfin, hommage sera rendu pendant le festival à cinq personnalités du 7e art : Robin Williams, Al Pacino, Michael Caine, le compositeur Maurice Jarre et Ang Lee dont le dernier film, Ride With The devil, sera présenté en avant-première mondiale le 9 septembre. AFP

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