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    Le passé obscur de Bergman
    10 sept. 1999 à 13:58

    Ingmar Bergman révèle dans un livre à venir, sa fascination de jeunesse pour Hitler, qui a duré jusqu'à la découverte des camps de concentration

    Le magazine suédois Expressen, publie cette semaine des extraits d'un livre-entretien de Bergman qui sortira prochainement. On apprend avec stupéfaction que le cinéaste suédois a été dans sa jeunesse un fervent admirateur d'Adolf Hitler...

    La nouvelle a de quoi effrayer les nombreux fans de Bergman. Il confesse à son interlocutrice Maria-Pia Boethius sa passion pour le leader du nazisme pendant son enfance. Mais il faut replacer l' histoire dans son contexte. Bergman a grandi dans un milieu puritain, sous l'autorité d'un père pasteur, aux conceptions d'extrême-droite. Par ailleurs, a Suède est un des pays qui a le moins résisté à l'invasion nazie.
    Mais Bergman développe ses confessions. Il se rappelle un été où son frère et ses amis avaient " taggé " de croix gammées la maison d'un marchand juif. Et Bergman poursuit sa confession. Pour lui le nazisme apparaissait comme la garantie "du bonheur et de la jeunesse". Il relate un séjour en 1936, chez un correspondant dont la famille était, comme beaucoup d'Allemands à l'époque, pro-nazie. Séjour qui lui avait permis d'assister à un meeting d'Hitler à Weimar. "Il possédait un charisme incroyable, il électrisait les foules", se souvient le cinéaste.

    Heureusement,L'Histoire a eu raison de cette troublante admiration. La découverte des camps d'extermination (qui n'est arrivée qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale) l'a définitivement détourné de son idole de jeunesse. Cette nouvelle laisse tout de même une lourde impression de malaise.

    Alors que dire ? Peut-être rien, peut-être faut-il regarder et regarder encore toute son œuvre. S'il n'y avait qu'un film pour le sauver, ce serait Fanny et Alexandre. Son dernier justement, où la figure paternelle est du côté du mal, et le bien partagé entre l'innocence de deux enfants et la bonté irradiante d'un vieil usurier juif. Une sorte de mea culpa a posteriori ? A.D.
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    Commentaires
    • Guy-De-Loimbard
      Vu l'âge de Bergman, et donc l'époque de son enfance, c'est compréhenssible.Sharzenneger aussi a avoué avoir été fasciné par Hitler dans son enfance ( en Autriche), là aussi c'est compréhenssible ( toute comparaison entre les deux s'arrête là). Quant à la différence de traitement entre les fans de Staline et les fans d'Hitler c'est sùrement dù au fait que Staline ( PolPot et les autres) ne nous a jamais directement attaqué ( c'est un peu con, c'est vrai).
    • J.R.
      En quoi le cas de Bergman est-il différent des intellectuels français, italiens ou américains qui ont admiré, non pas dans leur jeunesse mais à l'âge adulte, les Staline, Mao et Pol Pot de ce monde, assassins de millions de personnes et qui n'ont jamais été jugés par aucun tribunal? Par ailleurs, Bergman a, entre autres, le mérite d'avoir magistralement démonté la mécanique de la machine idéologique du nazisme dans un film méconnu mais admirable: L'oeuf du serpent. Le connaissez-vous?
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