S. Sarandon et T. Robbins anti-FMI

Lors d'une conférence de presse lundi à Washington, Tim Robbins et Susan Sarandon ont apporté leur soutien aux manifestants anti-FMI.

Les causes politiques ont la côte chez les acteurs américains. Après Andy Garcia soutenant Elian, le couple Sarandon – Robbins (Broadway 39e rue) est venu s'engager aux côtés des opposants de la mondialisation lors d'une conférence de presse qui s'est tenue lundi à Washington, sixième et dernier jour des réunions du FMI et de la Banque mondiale. Tim Robbins et Susan Sarandon avaient été invités à prendre la parole par Mobilisation pour une justice mondiale, l'organisation qui coordonne les manifestations.

Les deux acteurs ont manifesté leur soutien aux manifestants, rassemblés pour dénoncer les décisions du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale, qui servent à leurs yeux les intérêts des pays riches en aggravant l'écart avec les pays en développement. Entre 10.000 et 20.000 personnes s'étaient mobilisées alors que se réunissait le Comité du développement de la Banque mondiale, qui traite de l'allégement de la dette, du commerce et de la lutte contre le sida. Les acteurs se sont félicités de leur unité.

M. et Mme Robbins ont qualifié de "succès" cet événement, parce qu'elle a servi de révélateur à l'opinion publique américaine. A croire qu'avant la manifestation, la population américaine ignorait l'existence du FMI et de la Banque mondiale.

Tim Robbins, lui, en sait déjà trop : "plus j'apprends à connaître le FMI, moins j'apprécie son action". Selon l'acteur, c'est injuste de demander à la population d'un pays d'assumer des dettes résultant de décisions prises par leurs dirigeants. Le mari de Susan Sarandon a par ailleurs ajouté que "le plus important est la quête d'information sur le FMI et la Banque mondiale qui résultera de cette prise de conscience. (...) Ce n'est que le début de l'apprentissage sur ces problèmes."

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale – officiellement Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) – sont nés en 1944, lors de la Conférence de Bretton Woods. L'objectif du premier était la régulation du système monétaire international, en accordant des prêts aux pays dont la balance des paiements était en déficit, accompagnée de politiques de redressement. La seconde devait aider à la reconstruction et au développement des territoires des États membres, en facilitant l'investissement de capitaux destinés à des fins productives.

Au fil des années, le FMI a pris conscience des difficultés d'ajustement et des délais nécessaires. Et a donc infléchi ses habitudes, accordant des prêts long terme, et développant des programmes d'ajustement structurels en relation avec la Banque mondiale. Ce qui a bien sûr augmenté l'endettement de certains pays, causant ainsi la polémique en cours sur l'effacement ou l'allègement de la dette.

M.C.B.

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