Avant de recevoir le 15 mai prochain le Trophée du Festival de Cannes pour "la richesse, la diversité et la pérennité d'une carrière hors du commun", l'acteur Philippe Noiret s'est vu remettre ce mercredi 27 avril, lors d'une cérémonie de prestige à Madrid, le Prix Rudolph Valentino. Une distinction qui récompense "la brillante carrière des plus grands acteurs du monde du cinéma".
Fort de ses 130 films, dont de nombreux chefs-d'oeuvre (Le Vieux Fusil, La Vie et rien d'autre, Un taxi mauve, L'Horloger de St Paul, Cinema Paradisio) en un demi-siècle passé sur les plateaux de tournage, Philippe Noiret a qualifié ce prix de "petit signe d'amitié d'un pays étranger", soulignant qu'il se trouvait en très bonne compagnie car "les deux personnes que j'admire le plus au monde, Robert Mitchum et Marcello Mastroianni, l'ont aussi reçu".
Décerné depuis 1972, le Prix Rudolph Valentino, en hommage à l'acteur séducteur italo-américain des années trente (Le Cheikh, Quatre cavaliers de l'Apocalypse, Monsieur Beaucaire), honore chaque année, à travers leur talent et leur charisme, des personnalités du monde cinématographique dans la catégorie "comédien" et "réalisateur". Placé sous le parrainage du gouvernement italien, de la région des Pouilles (dont était originaire Rudolph Valentino, amant du monde excentrique et sensuel) et de l'industrie cinématographique transalpine, le gala se déplace depuis 1986 dans une capitale européenne, après s'être exilé à Los Angeles (de 1982 à 1985).
Depuis sa création, ont été honorés pêle-mêle les réalisateurs Pedro Almodovar, Bernardo Bertolucci, Francis Ford Coppola ou Franco Zefirelli, les comédiens Antonio Banderas, Sean Connery, Lauren Bacall, Liza Minelli, Elisabeth Taylor, Marcello Mastrianni ou Juliette Binoche.
Outre Philippe Noiret, la comédienne ibère Marisa Paredes (grandiose dans Tout sur ma mère d'Almodovar) et son compatriote réalisateur Carlos Saura (Noces de sang, Ana et les loups, El Dorado, Tango) se sont vu remettre également le prix Valentino pour leur contribution au septième Art. Un Carlos Saura très remonté, critiquant la cérémonie des Oscars qui est organisée uniquement pour vendre le cinéma américain, alors que "le prix Valentino est très sympathique parce qu'il n'est pas américain".
L.B avec AFP