Depuis neuf ans, la cérémonie la plus (cul)culte du rendez-vous cannois déchaîne toujours les festivaliers, masculins en priorité. Un événement incontournable auquel tous veulent assister... mais beaucoup se retrouvent sur le carreau, faute (là encore) du fameux bristol d'invitation.
Pour leur neuvième édition, les Hots d'Or ("Les oscars du Q") se sont déroulés dans les feutrés salons de l'Hôtel Casino de Cannes-Mandelieu. Une arène du sexe loin de la Croisette et de son côté glamour, paillettes et autres oréalisées.
Fesses rebondies, décolletés surbustés modèles grand Canyon, seins siliconés, robes échancrées aux couleurs flashy, blondes platines, brunes vaporeuses, lèvres collagénées, strings fluos, chutes de reins vertigineuses... les donzelles du X sont là - tout comme, rassurez-vous gent féminine, les surmembrés Apollons - ; affolant les babines, les téléobjectifs, les caméras au poing et les (a)mateurs de chair fraîche. "A poil !", "Mets de l'huile !", "On veut rentrer"..., pouvait-on entendre des refoulés, amassés derrière les barrières métalliques, dans un concert de sifflets et autres remarques salaces.
La grande famille du hard prend place pour son dîner de gala. Un préservatif dans chaque verre. Cadeau. La soirée commence sous les sonorités brésiliennes de Salomé de Bahia (vous savez le tube entubant que l'on entend au Macumba le samedi soir). Le cinéma anti-conventionnel fête ses stars dans un étalage charnel.
Pêle-mêle, des Hots d'Or vont à Laure Angel, meilleure actrice européenne (pour son rôle dans Harcèlement au féminin) ; Meridian est faite meilleure starlette européenne. Fred Coppula (responsable de Niqueurs-nés) est couronné comme meilleur réalisateur ; son Emmerdeuse comme meilleur scénario original (!).
Invitée d'honneur, l'Allemande Beate Uhse, 80 ans, repart avec une statuette pour sa contribution au sexe. Cette ancienne aviatrice dans la Luftwaffe ouvrit des centres de conseil en contraception, puis des sex-shops dans l'Allemagne de l'après-Seconde Guerre mondiale. Développant par la suite la VPC de gadgets en tout genre. Bref, une véritable capitaine d'industrie du sexe (sa société est introduite en Bourse de Francfort), dévouée, corps et âmes, aux choses de la vie.
1h00 du matin, la soirée s'achève. L'étalon transalpin Rocco Siffredi repart, penaud, avec sa femme. Sans trophée (il concourait pour le meilleur scénario original, Rocco Nic'k le Net). Il reviendra. Il l'a promis. Toujours sans Viagra. (voir Cannes au zoom 24)
Vous n'y étiez pas, rassurez-vous ; vous pourrez reluquer ce défilé pulmonaire le 20 mai, à partir de 0h20, sur CinéCinémas. Au bon plaisir ! L.B