Un meurtre entre adolescents tourne à la campagne anti-Tarantino dans la banlieue de Liverpool : le réalisateur est accusé d'avoir inspiré les deux meurtriers...
Deux adolescents ont coupé l'oreille de leur victime, un garçon de 15 ans, avec une bouteille de vodka cassée, avant de l'achever. Ils ont reconnu s'être inspiré d'une scène célèbre du film Reservoir Dogs (1992), dans laquelle l'acteur Michael Madsen attache et bâillonne un policier, puis lui coupe l'oreille tout en chantant un air pop célèbre. Selon le procureur, cet acte relève de la préméditation.
Après Tueurs-nés, la trilogie Scream, et plus récemment Gladiator, c'est maintenant Reservoir Dogs qui est montré du doigt. Ce nouveau fait divers relance en effet la polémique sur la responsabilité du cinéma dans les actes de violence commis par les adolescents. Depuis une dizaine d'années, on observe en effet que de plus en plus de meurtres sont commis par des adolescents de plus en plus jeunes, qui copient littéralement des scènes de leurs films fétiches, oubliant le temps d'une pulsion la différence entre fiction et réalité. Doit-on pour autant accuser le septième art d'inciter au meurtre ? Loin des généralités dont la presse fait choux gras, c'est à la justice de trancher, au cas par cas, pour chacune des affaires.
En 1995, un jeune couple avait tué un employé de magasin, sous l'influence du film Tueurs-nés disait-il. L'an dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a refusé de s'opposer au procès qu'ont intenté les parents des victimes à Oliver Stone, bien que le réalisateur ait utilisé comme argument que le film était une fiction, et qu'il était protégé par le premier amendement de la constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression de tout citoyen. Le réalisateur devra donc répondre de son oeuvre et de ses conséquences devant un tribunal.
En revanche, Wes Craven, le réalisateur de Scream, ne sera pas inquiété par la justice. Deux américains avaient tenté de tuer la mère de l'un d'eux après avoir vu les deux premiers épisodes de la trilogie Scream. Mais dans cette dernière affaire, le juge n'a pas retenu le film comme ayant directement inspiré l'acte.
F.M.L d'après Mr. Showbiz