La nouvelle vague iranienne
On se souvient encore de l'émotion de la jeune Samira Makhmalbaf au festival de Cannes, lorsqu'elle reçut le Prix du Jury pour Le Tableau noir. L'année 2000 a d'ailleurs été faste pour le cinéma iranien. A Cannes tout d'abord avec la Caméra d'or partagée par Un Temps pour l'ivresse des chevaux de Bahman Gobadi et Djomeh de Hassan Yektapanah. Puis à Venise avec le Lion d'or attribué au film Le Cercle de Jafar Panahi. Dans le sillon du maître Abbas Kiarostami, c'est toute la nouvelle vague du cinéma iranien que le monde entier a célébrée cette année.
L'essor du cinéma chinois
Le cinéma de langue chinoise se porte à merveille si on en juge par les prix remportés dans les festivals et leur médiatisation organisée de par le monde. La Chine, tout comme Taïwan et Hong-Kong ont fait très bonne figure à Cannes en affichant au palmarès : Devils on the doorstep de Jiang Wen, Yi Yi d'Edward Yang et In the mood for love de Wong Kar Waï. Tony Leung a remporté le prix d'interprétation et hors compétition Tigre et dragon a été ovationné par les festivaliers. Malgré cette reconnaissance mondiale, ces films restent très mal distribués dans leur pays d'origine.
Au Kosovo le cinéma retrouve progressivement ses droits
Premier film kosovar depuis dix ans, L'Automne des roses d'Agim Sopi, est sorti en novembre dans les salles du Kosovo. Sans industrie du cinéma et faute d'aides gouvernementales, le réalisateur avait du vendre son appartement pour obtenir les 335 000 francs nécessaires à la réalisation de ce film-témoignage sur l'horreur de la guerre. Une belle image d'espoir donc pour une province qui se remet lentement de ses blessures. Car depuis 1989, le régime de Milosevic avait bel et bien étouffé toute velléité culturelle dans la province. Aujourd'hui l'art retrouve enfin ses droits.
Rétrospective Souleymane Cissé
Le cinéma africain a été le grand absent du festival des Trois Continents qui s'est tenu à Nantes au mois de novembre, festival qui avait notamment fait découvrir le cinéaste malien Souleymane Cissé. Celui-ci a tout de même été à l'honneur cette année : une rétrospective lui a en effet été consacrée à Tourcoing au mois d'octobre. L'occasion de revoir des oeuvres fortes telles que Yeelen, Waati, ou Finyé, qui évoquent l'Afrique d'aujourd'hui à travers les rapports entre les générations, les sexes et les classes sociales.
Création en Malaisie d'un gigantesque studio de production
La Malaisie devrait accueillir un Hollywood asiatique. Une firme malaise, E-Village, a décidé de créer un gigantesque centre dédié à l'industrie de l'audiovisuel. Il comprendra des studios de production pour la télévision et le cinéma. Presque 800 millions de dollars seront consacrés à la création de ce site dans l'intention de faire de la Malaisie le centre de l'industrie du film en Asie. Hollywood, prend garde à toi...
Un film réalisé grâce au web à Singapour
C'est à Singapour qu'un jeune réalisateur du nom de Cheah Chee Kong a réussi à faire son film très loin des grosses productions américaines qui pourtant dominent ce pays. Avec pour tout bagage ce qu'il avait pu apprendre sur le web, il a monté sa propre maison de production, embauché des acteurs amateurs, pris trois mois de congés sans solde et s'est mis au travail. Résultat : Chicken Rice War, une comédie romantique sortie en novembre à Singapour. Le film y a obtenu un certain succès.
E.M