Les Ecrivains et l'Utopie au cinéma

Du 17 au 30 janvier, quinze écrivains animent à Bordeaux des débats autour de l'Utopie, illustrée par une programmation de plus de vingt fictions.

A Bordeaux, cinéma et littérature font bon ménage. Pour la onzième fois, le Festival "Les écrivains font leur cinéma" convie une poignée d'écrivains à donner leur conception de l'Utopie, thème de cette édition 2001, et de l'illustrer par un ou plusieurs longs métrages de leur choix. Les approches s'avèrent aussi diverses que passionnantes.

Alors que Frédéric Boyer conçoit l'utopie dans son acception religieuse (Thérèse d'Alain Cavalier, Les Onze Fioretti de Saint-François d'Assise de Roberto Rossellini), Lionel Richard choisit d'aborder la face sombre de l'utopie en évoquant le nazisme (L'Architecture du chaos de Peter Cohen, La Vallée dorée de Veit Harlan).

Pour François Salvaing, l'utopie sous-tend l'idée de communauté (La Ferme des animaux de John Halas, La Ligne générale de S. M. Eisenstein). Une approche que partagent Camille Laurens, lorsqu'elle évoque la communauté féminine (La Cité des femmes de Federico Fellini), ainsi que François Cavanna et Gébé, les deux piliers de Charlie Hebdo (L'An 01 de Jacques Doillon, Un Autre futur de Richard Prost, Mourir à trente ans de Romain Goupil, Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir).

Thomas More définissait l'Utopie (Utopia) comme une cité. Louise Merzeau (eXistenZ de David Cronenberg) et Françoise Choay (Métropolis de Fritz Lang) reprennent cette idée à leur compte et projettent des cités idéales sur grand écran. Michel Tournier, quant à lui, préfère s'exclure du monde et glorifie ce qu'il appelle la "Robinsonnade" et l'état de nature (L'Enfant sauvage de François Truffaut, Les Voyages de Gulliver de Dave Fleischer, Les Aventures de Robinson Crusoé de Luis Buñuel).

Jean-Hubert Gailliot invite à "inverser le temps" (L'Armée des 12 singes de Terry Gilliam), quant à Yves Simon, il prévoit, non sans ironie, un avenir radieux (Aelita de Jacob Protazanov, Les Temps modernes de Charles Chaplin, Brazil de Terry Gilliam, Mon Oncle de Jacques Tati, Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol, 20 000 Lieues sous les mers de Richard Fleischer).

En marge du Festival de Bordeaux, des professionnels abordent les rapports qu'ils entretiennent avec l'écriture. Ainsi Michel Iturria évoque le "Journalisme et caricature politique" et propose Un Enfant de Calabre de Luigi Comencini ; Pierre Christin, la bande dessinée (Brazil de Terry Gilliam) ; Patrick Raynal, la série noire (Tout sur ma mère de Pedro Almodovar) ; et Yves Harté, les grands reporters (Reporters de Raymond Depardon).Alternant débats, rencontres et projections, "Les Ecrivains font leur cinéma" proposent un éclairage nouveau sur le cinéma, revisitent certains classiques et permettent à des hommes de plume de clamer leur amour du 7e Art.

V.G

Cinéma Jean Vigo

6, rue Franklin

33000 Bordeaux

Tel. 05.56.44.35.17

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