Créé lors du dernier Festival de Cannes, le Prix Altadis du Jeune Réalisateur, dont c'était cette année la première édition, vise à promouvoir la distribution de premiers ou deuxièmes films français à l'étranger. La société Altadis, organisatrice de l'événement, étant le résultat de la fusion entre le Service d'exploitation industrielle des Tabacs et des Allumettes français (Seita) et son homologue espagnol Tabacalera, le film gagnant se verra attribuer 150 000 francs afin de favoriser son exploitation au-delà des Pyrénées. Le réalisateur primé se voit, quant à lui, accorder une récompense de 50 000 francs.
Avant l'annonce des résultats mardi matin dans un salon de l'hôtel Sofitel Le Faubourg à Paris, cinq premiers ou seconds films étaient en lice. Avaient été sélectionnés, outre De L'Histoire ancienne : Drôle de Félix de Jacques Martineau et Olivier Ducastel, Kennedy et moi de Sam Karmann, Petite chérie d'Anne Villavecque, Les Autres filles de Caroline Vignal et Le Premier du nom de Sabine Franel.
Le jury, composé de six journalistes français et espagnols et présidé par Elisabeth Depardieu, a choisi de récompenser le premier film d'Orso Miret, De L'Histoire ancienne, co-produit par la société Sunday Morning. Une oeuvre grave relatant les questionnements de trois jeunes gens après la mort de leur père, un héros de la Résistance. "Ces jeunes vont s'interroger sur les valeurs qu'incarnait leur père et sur la façon dont ils pourront les assumer", a confié Orso Miret à AlloCiné Télévision. Un sujet qui a séduit la présidente du jury. "C'est un film qui mélange les souvenirs personnels aux souvenirs de la mémoire collective" , remarque Elisabeth Depardieu. "Ce prix veut favoriser la distribution d'un film français en Espagne. Or, dans ce pays, le franquisme, cet autre totalitarisme, n'est pas si éloigné que ça". Daniel Toscan du Plantier, président d'Unifrance, un partenaire d'Altadis pour cette remise de prix, s'est, lui, réjouit de cette récompense attribuée "à un très beau film qui, de plus, sort très bientôt sur les écrans" (le 21 février).
De l'aveu même de son réalisateur, De L'Histoire ancienne correspond à une démarche très personnelle. "J'avais des raisons particulières pour m'intéresser à cette histoire", raconte Orso Miret,"j'avais vu un documentaire sur la Résistance lorsque j'étudiais le cinéma, mais je le trouvais inabouti et je pensais qu'il fallait que j'en reprenne tous les éléments pour pouvoir les développer comme je le souhaitais dans un film".
Le jeune réalisateur travaille actuellement au scénario de son deuxième long métrage, qui devrait être à nouveau produit par Sunday Morning.
T.C.