La pression monte autour des Oscars. A une semaine de l'annonce des heureux nominés, le 13 février prochain, la campagne de promotion bat son plein pour les états-majors des films. Les équipes enchaînent les émissions de télévision, les séances de photos et de signatures. Ainsi Juliette Binoche qui défend Le Chocolat de Lasse Hallström et Jamie Bell, le petit danseur de Billy Elliot de Stephen Daldry, sont apparus dans l'émission matinale Today, l'une des plus écoutées de NBC, pour générer le maximum de bruits autour de leurs films.
Parallèlement, les directeurs marketing de chaque studio cherchent à placer autant de pubs qu'ils peuvent dans la presse, et réalisent d'impressionnants mailing de "kits" contenant des VHS et des DVD de leurs films, plus quelques petits objets de merchandising. Tous les moyens sont bons pour capter l'attention des 5 600 votants membres de l'Académie des Oscars. "Parfois, les membres de l'Académie ont besoin d'être poussés du coude pour aller voir les films qui sortent", explique Laura Sosin, de Lions Gate Films, qui défend L'Ombre du vampire. Les studios doivent donc s'assurer que les votants voient leurs films, afin d'espérer être parmi les heureux nominés, ce qui constitue la première étape vers l'obtention de la statuette tant convoitée.
L'enjeu est d'importance, car les films primés se voient ouvrir de nombreux horizons : ressortie en salles, ventes à l'étranger, en vidéo et DVD... L'Oscar est une véritable mine d'or ! Cependant, cette effervescence n'a pas toujours existé. Il y a encore quinze ans, les marchés secondaires d'exploitation des films n'étaient pas si développés, les Oscars représentaient donc un enjeu moindre. Le film pouvait, bien sûr, ressortir en salles, mais la statuette avait un impact limité sur son exploitation. Aujourd'hui, c'est l'inverse. D'où cette course folle qui mêle suspense et marketing dans un mix tout à fait hollywoodien.
F.M.L avec l'AFP