Le Fouquet's, mercredi 21 février, 22 h.
C'est la seconde fois que la Fondation Barrière remettait un prix à un réalisateur. Après Frédéric Schoendoerffer, récompensé pour son premier film, Scènes de crimes, c'est Philippe Le Guay qui a obtenu le prix, cette année.
Après L'Année Juliette avec Fabrice Luchini, le cinéaste a choisi d'adapter à l'écran un fait-divers ayant pour toile de fond le travail à l'usine. Trois Huit, qui sortira le 14 mars, raconte l'histoire de Pierre, interprété par Gérald Laroche (Cantique de la racaille de Vincent Ravalec) qui décide de passer de service de jour en service de nuit dans une usine de bouteilles. Dans sa nouvelle équipe, il tombe sur Fred, un homme violent qui prend plaisir à l'humilier.
Ce personnage est campé par Marc Barbé (Paddy de Gérard Mordillat) qui avait accompagné, mercredi soir, le réalisateur. "C'est un rôle difficile à interpréter, non pas à cause du côté sombre de Fred, mais parce qu'il y a beaucoup d'ambiguïtés. Mon personnage entretient une relation très compliquée avec Pierre. Chacun apprend de l'autre", nous a confié Marc Barbé.
La Fondation, qui soutient les oeuvres de nouveaux talents, a attribué 150 000 francs pour la promotion du film et 50 000 francs au réalisateur. "C'est encourageant. Comme c'est un film sans vedettes, avec un petit budget, il peut, avec ce prix, prétendre à un circuit de distribution plus important, à des affiches. C'est une manière de l'imposer dans le paysage du cinéma qui compte, chaque semaine, quinze films", a affirmé Philippe Le Guay.
Le réalisateur apprécie d'autant plus cette récompense qu'il avait eu des difficultés pour financer son dernier projet. "Après L'Année Juliette, j'ai écrit une comédie, mais je n'ai pas trouvé de producteur. J'ai alors voulu changer complètement de style. Je pensais à un fait-divers depuis des années. Ce sujet s'est imposé à moi."
Le jury, présidé par Jean-Loup Dabadie, était composé de Blandine Harmelin, Macha Méril, José Giovanni, Christophe Malavoy, Claude Pinoteau et Frédéric Schoendoerffer. Ce dernier, lauréat l'an dernier, nous a confié que le prix l'avait beaucoup aidé pour la promotion de son premier long métrage.
Quant au choix de Trois Huit, le cinéaste explique ne pas avoir eu d'hésitations. "C'est un très bon film avec deux grands acteurs. Il y a à la fois une fiction de cinéma et une part de documentaire. Il vous fait découvrir le monde de l'usine et les gens qui font les trois-huit. C'est un grand film sur les rapports humains", a confié Frédéric Schoendoerffer.
M-C.H.