Ce n'est pas un gag. En allant faire un tour du côté du site officiel du comédien Bernard Menez vous risquez d'être surpris.
L'acteur fétiche de Jacques Rozier (Du côté d'Orouët, Maine Océan) et de Pascal Thomas (Pleure pas la bouche pleine, Le Chaud lapin, Celles qu'on n'a pas eues) et accessoirement crooner discoïde (souvenez-vous de l'anthologique Oh, oh, oh, jolie poupée...) annonce – sérieusement - son intention de se porter candidat aux prochaines élections législatives qui auront lieu en 2002.
A l'heure où les politiques abattent leurs dernières cartes pour se faire élire aux Municipales, Bernard Menez lance, quant à lui, sur le Net, sa campagne pour la députation. En effet, il a décidé de partir à la conquête du Palais Bourbon, en se présentant dans le 15e arrondissement (la 13e circonscription électorale), fief du député-maire sortant RPR, René Galy-Dejean. Son leitmotiv : "tenir parole et donner l'exemple". Il souhaite des changements dans le paysage politique français, car il en a ras-le-bol "des promesses, toujours des promesses" que ne tiennent pas les candidats, une fois élus, sur les bancs de l'hémicycle.
Il part ainsi guerroyer "contre les mêmes candidats, partagés entre l'intérêt de leur parti et leur intérêt personnel et (...) qui ont souvent largement dépassé l'âge de la retraite". Selon lui, le Parlement a besoin "de gens nouveaux, au casier judiciaire encore vierge qui osent dire tout haut ce que les gens pensent tout bas". Cela a le mérite d'être clair.
Ouvertement déclaré indépendant, sans aucune étiquette politique, plutôt celle des "Incorruptibles", afin d'être à mille lieux de toutes les rivalités et querelles politiciennes, Bernard Menez se sent proche des attentes et des préoccupations de ses concitoyens-contribuables du quartier de la Motte-Picquet. Quartier où il a élu domicile depuis trente ans.
Sa campagne sera articulée autour de douze travaux "innovants", qui seront présentés au rythme d'un par mois sur son site. Premier d'entre eux : un "nettoyage de toutes les taxes sur les bulletins de salaire qui ne sont pas liées directement au travail", préconisant ainsi la suppression de la CSG et de la RDS en période de croissance. Le salarié ne se verrait alors imputer que 10 % de charges sociales sur le brut (et 20 % de charges patronales), ceci afin de financer uniquement la Sécurité sociale, la retraite et le chômage. Les autres travaux concerneront la sécurité, le logement, l'environnement...
Celui qui fut, l'année dernière, sous la caméra de Caroline Vignal, dans Les Autres filles un prof modèle de LEP section coiffure donnant des leçons d'amabilité et de savoir-vivre, se lance un nouveau défi : convaincre l'électorat de son quartier pour se faire élire à l'Assemblée nationale.
L.B.