Festival féministe, Festival du cinéma féminin... Voilà maintenant 23 ans que le Festival de Créteil (Val-de-Marne) échappe à toutes les définitions et impose une vision différente du cinéma dominant, masculin pour l'essentiel.
Cette année, Créteil a retenu en compétition officielle, dix longs métrages de fiction :
Like father du collectif britannique Amber Film Production (Royaume-Uni)
Secret society de Imogen Kimmel (Royaume-Uni)
Bundled de Singing Chen (Taïwan)
Nouvelles du pèlerinage de Pierre et Jacques de Drahomira Vihanova (République Tchèque)
Daughters of sun de Maryam Shahriar (Iran)
Love juice de Shindo Kaze (Japon)
Sobstvennaya Tien de Olga Narutskaya (Russie)
In Den Tag Hinein de Maria Speth (Allemagne)
Time's up de Cecilia Barriga (Espagne)
Honors of the house de Gudny Halldorsdottir (Islande)
Ce programme est complété par une sélection de documentaires.
Le jury présidé par Renée Lichtig (restauratrice de films), et composé notamment de la journaliste Lisa Nesselson (Variety), le cinéaste Vincent Dieutre et l'acteur Jérémie Elkaïm, distinguera les meilleurs courts et longs métrages. Le public décernera, lui aussi, ses prix.
Mais le Festival ne se réduit pas, loin s'en faut, à sa compétition. Pour sa 23e édition, il rend hommage à Maria Schneider, l'héroïne de Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci. Dans le cadre de l' "autoportrait" de l'actrice, cinq films seront projetés : Chers parents (Enrico Maria Salerno), Le Dernier Tango à Paris, La Baby-Sitter (René Clément), Aux pays des Juliets (Medhi Charef) et Profession : reporter (samedi 24 mars), en présence du réalisateur, Michelangelo Antonioni.
En 2001, Créteil célèbre les héroïnes du XXe siècle. Femmes de toutes nationalités, elles ont été des pionnières dans tous les arts, des combattantes et des aventurières. Les festivaliers pourront revoir Madeleine Renaud, l'aviatrice de Le Ciel est à vous (Jean Grémillon), Uma Thurman, la June d'Henry Miller pour Philip Kaufman (Henry and June), ou encore Barbara Sukowa, Rosa Luxembourg dans le film éponyme de Margarethe von Trotta. Le Festival propose également de découvrir les portraits des artistes Louise Bourgeois, Françoise Sagan ou Virginia Woolf.
Reflet de toutes les tendances du cinéma au féminin, le Festival s'attache également à en montrer l'aspect subversif. Stigmatisant les préjugés, les cinéastes femmes pointent les tabous. Sous la caméra de Christine Pascal (Félicité), Catherine Breillat (Tapage nocturne, Une vraie jeune fille), de Sofia Coppola (The Virgin suicides), la sexualité et la famille, cibles de prédilection, volent en éclats. La censure, corollaire de toute subversion, sera au centre d'un débat auquel participeront notamment Catherine Breillat et Shu Lea Cheang (I.K.U.), deux réalisatrices qui furent censurées pour avoir proposé de la sexualité féminine une image trop abrupte et crue.
Des rencontres (dont des leçons de cinéma animées notamment par Catherine Breillat, Brigitte Roüan, Maria Schneider), et des débats (autour des nouvelles technologies) ainsi que des expositions, émailleront la manifestation.
Les années précédentes du Festival avaient révélé des cinéastes aussi prometteuses que Solveig Nordlund (Comedia Infantil), Teresa Villaverde (Os mutantes) ou Lidia Bobrova (Dans ce pays-là). L'édition 2001 devrait nous réserver quelques bonnes surprises.
V.G.
Festival international de Films de Femmes de Créteil et du Val-de-Marne
Maison des Arts - Place Salvador Allende
94000 Créteil
Infos réservations : 01 43 99 22 11.