Révélé au cinéma par son interprétation de jeune homme anticonformiste amoureux de la belle Jeanne Moreau dans Les Amants de Louis Malle (1958), le comédien d'origine suisse Jean-Marc Bory, est mort d'un arrêt cardiaque samedi à Belle-Ile, à l'âge de 67 ans, a-t-on appris dimanche à Paris par ses proches. Il est décédé à la suite d'un malaise survenu alors qu'il tondait sa pelouse.
Jean-Marc Bory était né le 17 mars 1934 et il avait quitté sa Suisse natale à 19 ans avec dans ses valises une formation d'art dramatique et un amour de la scène que lui avaient communiqué ses parents.
Il venait de signer une mise en scène de l'opera seria de Mozart "Lucio Silla" à l'Opéra de Lausanne, production qui avait été récemment reprise au Théâtre de Caen.En tant que comédien dont les maîtres avoués étaient Maria Casarès et Serge Reggiani, Jean-Marc Bory avait acquis sa notoriété d'abord au cinéma, où, jeune premier, il était le principal partenaire masculin de Jeanne Moreau dans Les amants de Louis Malle en 1958.Le film, avec les étreintes audacieuses pour l'époque de Jean-Marc Bory et Jeanne Moreau, causa un scandale. C'est le réalisateur André Cayatte qui l'avait engagé trois ans plutôt dans Le Dossier noir, où il interpréta un juge d'instruction de province guerroyant contre les abus de pouvoirs.
Par la suite, d'autres films, mais en petit nombre, comme Adorable menteuse (Michel Deville - 1961), Le Repos du guerrier (Roger Vadim - 196é), La Race des seigneurs (Pierre Granier-Deferre - 1973), Le Juge fayard dit le Shérif (Yves Boisset - 1977), L'Amour Braque (Andrzej Zulawski - 1985) allaient suivre. Sa dernière apparition sur grand écran remonte en 1987 pour Bernadette du vétéran Jean Delannoy, où il campe le curé Peyramale de Lourdes qui prit fait et cause en 1858 pour la jeune Bernadette Soubirous.
Mais le théâtre avait toujours eu sa préférence et correspondait davantage à son éthique. Secret et discret, il n'avait pas d'ailleurs apprécié la médiatisation à outrance du monde du cinéma après Les amants.
La scène lui offrit en plus de superbes rôles dans "Lulu" de Wedekind montée par André Engel, la "Locandiera" de Goldoni et "La vie de Clara Gazul" par Alfredo Arias avec le groupe TSE, "Le laboureur de bohême" de Johannes von Saaz par Christian Schiaretti, le récitant de "L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky mis en scène par Jean-Marie Simon.
Ces dernières années, Jean-Marc Bory, toujours curieux d'expériences et de textes nouveaux et d'un théâtre exigeant (Peter Handke, Vinaver etc...), s'était surtout produit sur les planches et notamment avec le metteur en scène Jean-Louis Martinelli à Lyon, puis à Strasbourg.
L.B avec AFP