Cannes vu de l'étranger

Nos confrères de la presse européenne et internationale portent un regard décalé sur le phénomène "Cannes". Revue de presse.

Vu dans la presse canadienne

  • "Des millions et des millions de portables sonnent pendant les conférences de presse, dans les restaurants, aux coins de chaque rue, dans les bureaux, les bus, les voitures, les trains, et encore et encore et encore... Mais le pire dans ce raz-de-marée de portables, c'est qu'ils sonnent également à chaque projection officielle, toujours à cause de crétins égoïstes de l'industrie du cinéma et des médias qui refusent de les couper...".

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    Bruce Kirkland, The Toronto Sun, le 13 mai

  • "Officieusement, cette année marque le retour triomphant d'Hollywood lors du Festival. Après des années passées à couronner agressivement (certains diront perversement) d'obscurs petits films étrangers en ignorant le travail des studios américains, Cannes est finalement rentré dans le rang, pour utiliser une expression qui serait mal reçue sur la Croisette. Le Festival a réalisé qu'il était en danger en se montrant en décalage avec la grande majorité des spectateurs, et en perdant de nombreux grands films et de nombreuses grandes stars au profit de rivaux amicaux comme le Festival International du Film de Toronto. Mais même si Cannes se prépare à accueillir à nouveau Hollywood à bras ouverts, c'est fait à la manière d'un amant qui cherche toujours à séduire, mais jamais à s'engager.

    Il y a une certaine fantaisie dans cette sélection, qui suggère que Gilles Jacob et son nouveau directeur artistique Thierry Frémaux ont passé un moment agréable à glorifier des films dont Hollywood ne savait pas trop quoi faire (Moulin Rouge, Mulholland drive, The Pledge). (...)

    Shrek (...) est le premier film d'animation américain à être présenté en compétition ici depuis Peter Pan en 1953, quand le Festival de Cannes comptait de rares visiteurs. La question mérite d'être posée : est-ce qu'aucun film d'animation hollywoodien n'aurait pu être considéré comme assez bon pour une sélection lors des 48 dernières années ?

    Le choix de projeter la version longue d'Apocalypse Now pourrait être interprété comme un aveu des organisateurs du Festival sur le genre de films américains qu'ils veulent vraiment voir : moins de futilités romantiques et plus de critique sociale profonde.

    La chose merveilleuse concernant le Festival de Cannes, et c'est pourquoi il est tellement intéressant d'y retourner malgré les complications, le glamour et les hôtels complets, c'est qu'il est impossible d'y avancer un pronostic. Peu importe le nombre de froncements de sourcils que vous accorderez à la sélection des organisateurs, vous ne pourrez certainement pas prédire le résultat de la manifestation. Si les éditions précédentes sont une indication, la liste des vainqueurs devraient être composée de gens dont vous n'avez jamais entendu parler et de films que peu de gens verront, aucun ne correspondant aux théories mises en avant ici ou ailleurs. Comme le dit Gilles Jacob, la mission du Festival de Cannes n'est pas seulement de célébrer l'amour du cinéma, mais c'est également la curiosité qu'il inspire, et cette dernière qualité se traduit souvent ici par un pur émerveillement à propos de tout, dans une divine folie permanente".

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    Peter Howell, The Toronto Star, le 14 mai

    Vu dans la presse britannique

  • "Les remarques de Monsieur Frémaux (directeur artistique du Festival) signifient que les britanniques ne peuvent plus rivaliser avec le meilleur cinéma, celui de la France, du Japon, de l'Iran et des Etats-Unis. (...) Monsieur Frémaux a blessé les Britanniques, les Allemands et les Danois en ne choisissant pas leurs films. Non seulement il n'y a pas de films britanniques en compétition pour la Palme d'Or, mais il n'y en a pas non plus dans la section Un Certain Regard ou dans celle de La Quinzaine des Réalisateurs. Le seul film britannique à Cannes cette année sera une chronique sociale mettant en vedette un garçon originaire d'une ville minière dont la seule source de bonheur est un animal de compagnie. Malheureusement, le film, intitulé Kes a été réalisé il y a 32 ans et n'est montré que dans le cadre d'un hommage au réalisateur Ken Loach. (...) Colin McCabe, membre du British Film Institute, accuse le gouvernement britannique de ne pas avoir mis en chantier un programme de qualité pour le Festival de Cannes".

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    Stuart Jeffries et Fiachra Gibbons, The Guardian Unlimited, le 11 mai

  • "Le Festival de Cannes est encore pour moi un bon moment. Il représente une chance de regagner un peu de cette naïveté qui vous donne le sentiment qu'un film peut changer le monde. (...) La plupart des figures importantes qui gravitent autour du Festival ne sont là que pour interrompre le trafic sur la Croisette. (...) Les critiques avec un grand "C" sont les grands personnages des magazines français Les cahiers du Cinéma ou Positif. Le festival n'a pas vraiment commencé tant que l'un d'eux n'a pas émergé d'une projection en annonçant : "Nous avons vu le premier chef d'oeuvre de cette année" .

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    Jonathan Romney, The Independant, le 6 mai

  • "Cannes, pour ceux qui représentent le gratin de l'industrie du septième art, c'est un endroit très accueillant : tous les films, les restaurants les plus cotés et les hôtels sont aisément accessibles. Mais pour l'individu lambda, le Festival de Cannes peut s'apparenter à un événement hostile. Plus qu'autre chose, c'est une rencontre à caractère professionnel. Et une rencontre tellement dense qu'il est impossible de la suivre dans son intégralité".

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    BBC on Line, le 8 mai

    Vu dans la presse allemande

  • "Cannes n'est pas Berlin. (...) Le festival français promet toujours le paradis du cinéma sur terre et comporte toujours des points forts. Mais ce sont rarement les films qu'on avait beaucoup attendu qui provoquent ces moments privilégiés. Naturellement, on ne peut pas réduire le lustre d'un Festival au nombre de stars qui y viennent. La Berlinale le prouve à chaque fois : cette année, seulement une douzaine de stars sont présentées et personne n'est satisfait. Contrairement à Berlin, Cannes offre aussi le côté coulisse, adopte le goût du sensationnel et affiche une attitude de supériorité. A Berlin, celui qui veut emprunter le tapis rouge doit descendre sans enthousiasme jusqu'au Palais du Festival. Rien de bien prestigieux. A Cannes en revanche on doit gravir un escalier sans fin. Et le "bas peuple" ne peut pas pénétrer à l'intérieur du Palais du Festival."

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    Gunter Göckenjan, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 9 mai

    Vu dans la presse autrichienne

  • "Tout le monde pourrait être d'accord sur le fait que des festivals de cinéma comme celui de Cannes pourraient être eux-même des films dont le titre serait Les Beaux et les Fascinantes".

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    Der Standard, le 10 mai

  • "Moulin Rouge, qui faisait la soirée d'ouverture du Festival de Cannes avec la participation très appliquée de Nicole Kidman, personnage féminin principal du film, a déclenché jeudi des réactions divergentes dans la presse française. Le fossé de la critique se situe entre les médias de gauche et ceux de droite".

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    Der Standard, le 10 mai

    Vu dans la presse néerlandaise

  • "Dans la commune hype de Cannes (...), les lunettes de soleil arborées sur la Croisette sont de couleurs appuyées, mauves ou roses, inspirées des années 70. Dans les salles de projection climatisées, on évoque pendant ce temps le sida, la guerre ou l'esclavage des femmes".

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    Belinda van de Graaf, Trouw, le 14 mai

  • "La présence néerlandaise est une nouvelle fois minimale au plus important festival de films du monde. (...) Il reste toutefois suffisamment de films à voir, et même trop en douze jours".

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    Hans Beerekamp, NRC Handelsblad, le 14 mai

    Vu dans la presse belge

  • "C'est un festival de tripes. Sous l'or et les paillettes, la bidoche qui palpite et tremblotte. Fouetté par l'urgence, le ventre, plus que la tête, écrit, juge, agit. A tel point, et je ne mens pas, que je sais quoi penser d'un film au moment où je relis mon "papier"... Ecriture musique, dont la muse est chair de vécu et le rythme le cliquetis du clavier, dont je ne comprends toujours pas d'où vient la chanson cannoise et que je n'aime que si elle peut faire danser les couples dans des bals populaires. (...). Sous les pavés de la fête, il y a le bitume des classes sociales : si t'as pas une carte avec un point d'or, t'es rien, t'es chassé de l'aristocratie des festivaliers ; une carte jaune rikiki te permettra juste de voir Les Tomates tueuses resservent la soupe après une file d'attente de 120 minutes sous les regards goguenards des nantis du badge".

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    Le Soir, le 9 mai

  • "C'est simple : tout se loue, tout s'achète à Cannes. A des tarifs exorbitants. Le prix des logements, par exemple, dépasse largement celui d'un appartement luxueux sur la 5e avenue new-yorkaise. Les villas se négocient généralement aux alentours de 5 millions (de francs belges soit environ 810 000 francs français) pour quinze jours. Un chiffre à multiplier par dix pour les maisons de grand standing. (...) Dans les palaces, la chambre double flirte avec les 30 000 FB (environ 5000 francs français) par jour. La suite impériale du Carlton, avec ses quatre chambres, quatre salles de bain et son ascenseur privé, revient à 300 000 FB la nuité. (...) Certains acteurs monnaient même leurs interviews auprès des distributeurs étrangers. On parle de cachets variants entre 90 000 FB (15 000 francs français) et 900 000 FB par journaliste rencontré pendant une demi-heure.(...) A Cannes, la parole est d'or. Comme tout le reste, d'ailleurs".

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    Patrick Laurent, DH Net, le 12 mai

  • "La 54e édition du Festival international du film de Cannes donnera lieu au déploiement d'un fort contingent de forces de l'ordre pendant les festivités diurnes et nocturnes. (...) Policiers et gendarmes seront rendus d'autant plus vigilants par la récente augmentation des vols à la portière dans la toute proche ville de Nice, alors que ces mêmes vols sont en baisse depuis le début de l'année à Cannes.Marquée par l'irruption, il y a deux ans, de bandes de jeunes débarquant en train, la SNCF a reconduit un dispositif de "filtrage des indésirables" dépourvus de billet, dans plusieurs gares du sud-est de la France".

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    La Libre Belgique, le 8 mai

    Vu dans la presse norvégienne

  • "Devant la parade de fossiles à laquelle on assiste au Festival de Cannes avec des réalisateurs comme Manoel de Oliveira (93 ans) on peut s'interroger sur la volonté de Thierry Frémaux de donner un nouvel élan au Festival."

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    Liv Jorgensen, Dagbladet, le 14 mai

    Vu dans la presse italienne

  • "La presse italienne est euphorique depuis l'annonce de la sélection. Elle a deux films en sélection officielle et deux autres dans les sections parallèles. Le reste ? Une armée de vétérans. (...) Gilles Jacob, monarque quasi absolu du Festival depuis une vingtaine d'années, a fait appel à Thierry Frémaux pour effectuer la sélection mais parvient difficilement à concilier l'exigence artistique avec le carnaval médiatique..."

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    Mario Sesti, L'Espresso, le 3 mai

    Vu par la presse espagnole

  • "Dans une ville comme Cannes, le luxe et l'ostentation sont à l'ordre du jour. Voitures de sport flamboyantes, boutiques de mode affichant les plus prestigieuses marques du marché, restaurants qui offrent des plats inabordables pour les bourses moyennes. (...) Du Palais des Festivals jusqu'à l'Hôtel Martinez, il ne doit pas y avoir plus de 600 mètres de distance. Et sur un trajet aussi court, il est possible de tomber sur un de ces joailliers qui sortent des sentiers battus, avec des pièces qu'il est impossible de s'offrir, pas plus d'ailleurs que les bijoux en toc qu'ils proposent et que l'on évite à Cannes pour se donner de l'allure et parvenir à signer quelques autographes (...). Et que dire de ces voitures de sports, qui, selon mon conseiller en questions automobiles - si compétent qu'il devine les modèles au simple bruit de leurs moteurs - atteignent pour certains les 30 millions de pesetas ?"

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    ABC, le 14 mai

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