Truffaut en noir

Depuis ce mercredi 20 juin, et pendant tout l'été, le cinéma MK2 Hautefeuille propose de redécouvrir quatre polars de François Truffaut.

Grand lecteur, admirateur de Julien Green et d'Henry James, François Truffaut a trouvé dans la littérature la substance de ses longs métrages. Abordant tous les genres, il a notamment porté à l'écran, et souvent avec la complicité du scénariste Jean Grault, les romans d'Henri-Pierre Roché (Jules et Jim, Deux Anglaises et le continent) ou encore de Ray Bradbury (Fahrenheit 451). Mais son genre de prédilection reste le roman policier américain. Depuis mercredi, et pendant tout l'été, le cinéma MK2 Hautefeuille (Paris 6e) donne aux spectateurs l'occasion de redécouvrir quatre de ses longs métrages inspirés de polars américains.

Au programme de cette rétrospective figurent Tirez sur le pianiste (d'après David Goodis), La Mariée était en noir et La Sirène du Mississippi (d'après William Irish, qui écrivit ses deux romans sous le pseudonyme de Cornell Woolrich), ainsi que Vivement dimanche ! (d'après Charles Williams).

Loin de l'imagerie machiste du polar traditionnel américain ou même français, les films policiers de François Truffaut accordent une attention toute particulière aux comédiennes. De Marie Dubois (Tirez sur le pianiste) à Fanny Ardant (Vivement dimanche !), les héroïnes de Truffaut surclassent les hommes par leur énergie, leur malice (Catherine Deneuve dans La Sirène du Mississippi) et leur détermination (Jeanne Moreau dans La Mariée était en noir). Même dans un cinéma régi par des règles aussi établies que le film policier, Truffaut appose sa patte et confirme, si besoin en était, qu'il reste le cinéaste de la femme.

V.G.

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