"Vue sur les docs" à Marseille

Le Festival du documentaire de Marseille, qui se tiendra du 27 juin au 1er juillet, présentera 28 films de tous les continents, sauf d'Afrique.

Décidément, l'Afrique se fait bien rare. Déjà absente du Festival de Cannes, elle ne présentera aucun film au 12e Festival international du documentaire de Marseille qui se tient à partir de mercredi et jusqu'à dimanche au théâtre de la Criée à Marseille. Le directeur artistique, Laurent Roth, et son adjointe, Sylvie Brunet, sont "souvent partis au loin" à la rencontre de cinéastes, pour redonner à Marseille son rang de "festival de découvertes" mais ils n'ont rien glané du côté du continent africain.

Sur les 800 oeuvres reçues, ils en présentent quatorze en compétition internationale, sept en compétition française et sept dans la catégorie premiers films. Marseille aura ainsi la primeur mondiale de Sky of Rostam-Abad is cloudy de l'iranien Mohammad Jafari (Christine), filmé dans un village du Nord de l'Iran dévasté par le tremblement de terre de 1990, ou de 800 kilomètres de différence de la française Claire Simon (Coûte que coûte, Sinon, oui) qui a filmé sa fille de 15 ans et l'amoureux de celle-ci, séparés par la distance. Pierre Carles, l'auteur de Pas vu, pas pris et de La Sociologie est un sport de combat, présentera Enfin pris !

Les festivaliers pourront également découvrir ou redécouvrir trois documentaires présentés au Festival de Cannes : ABC Africa d'Abbas Kiarostami qui traite de la prévention du Sida en Ouganda, Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures de Claude Lanzmann, témoignage de Yehuda Lerner qui a réussi à s'échapper d'un camp nazi, et Le Cas Pinochet de Patricio Guzman présenté à la Semaine de la critique.

Irruption du politique

"Cette douzième édition de Vue sur les docs est surtout marquée par l'irruption du politique dans les films", souligne Laurent Roth, qui dirige pour la deuxième et la dernière fois ce festival qu'il a contribué à revigorer après une grave crise financière. Les cinéastes posent des questions qui fâchent : Marie-France Collard conte la rencontre des ouvrières des usines Levi's du Nord avec celles du Sud dans le contexte de la mondialisation (Ouvrières du monde), l'israëlien Nizar Hassan brosse un portrait de nouveaux habitants d'Israël, sur les ruines d'un village palestinien (Cut), tandis qu'Erik Gandini et Tarik Saleh décortiquent l'assassinat de Che Guevara (Sacrificio). Corinne Moutout a tourné dans la nouvelle Afrique du Sud, où Noirs et Blancs apprennent à vivre ensemble sur les lieux où ils étaient autrefois séparés (Lettres de fin d'apartheid en première mondiale).

Ce douzième festival, dédié à son fondateur Olivier Masson, décédé fin février, resserrera les liens qui s'étaient distendus avec le marché international "Sunny side of the doc" qui attire chaque année plus de 400 producteurs, diffuseurs et distributeurs. Doté d'environ 4 millions de francs, le festival a accueilli plus de 10 000 spectateurs en 2000.

M-C.H. avec AFP

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