Le Festival du jeune cinéma de Valence qui se déroulait ce week-end a remis le Prix du meilleur long-métrage 2001 à Sanam. Réalisé par l'iranien Rafi Pitts, le film déjà auréolé du Grand Grix du jury et du Prix de la meilleure interprétation masculine au Festival de Paris, met en scène la vie d'un enfant qui assiste à l'assassinat de son père. Forcée à s'exiler, sa mère se battra avec les autorités iraniennes pour rendre justice à son mari, accusé à tort du vol d'un cheval.
Ancien étudiant en photographie et cinéma de l'école polytechnique de Londres, Rafi Pitts s'inscrit dans la lignée de son compatriote Abbas Kiarostami. Composition de l'image chiadée, bande sonore impeccable, le jeune cinéaste se caractérise pas son soin du détail... Un perfectionnisme contrebalancé par le montage saccadé de Sanam qui fait se succéder trois points de vue, mais aussi par un dénouement ouvert qui laisse au spectateur tout le loisir d'imaginer sa propre version de l'histoire.
Tourné dans le village maternel du cinéaste, le film a bien failli s'arrêter faute de comédien susceptible d'incarner le personnage principal. C'est au hasard d'une rencontre que Rafi Pitts a découvert Ismael Amini, un jeune Iranien de dix ans qui y interprète à la perfection son tout premier rôle...
Le Festival consacre pour la deuxième fois Rafi Pitts. En effet, le réalisateur s'était déjà fait remarquer avec la coproduction franco-iranienne La Cinquième saison, Lune d'or de Valence en 1998. Cette année, il devance le français Eric Jameux qui a reçu la Lune d'argent pour Faux contact et l'australien Peter Carstairs récompensé de la Lune de bronze pour Gate. Egalement au palmarès, les courts métrages Chambre froide du belge Olivier Masset-Depasse, Kuppet du danois Dennis Petersen et Swindless and slim de l'anglaise Suzy Evans ont remporté une mention spéciale du jury.
A.Z.