Berlin distribue ses "Lola"

"Die innere Sicherheit" de Christian Petzold a remporté un Lola d'or à la 51e cérémonie du Prix du film allemand à Berlin.

Vendredi soir à Berlin se tenait la grande messe du cinéma d'Outre-Rhin calquée sur les Oscars américains : le Prix du film allemand. La plus haute récompense, le Lola d'or, a été attribuée au long métrage de Christian Petzlod Die innere Sicherheit, présenté dernièrement à Cannes pendant la semaine de la critique sous le titre Contrôle d'identité.

Cette 51e cérémonie des "Lola" s'est déroulée dans le cadre très solennel de l'Opéra National de Berlin. Un hommage a été rendu au réalisateur d'origine autrichienne Billy Wilder qui fêtait ses 95 ans et une longue carrière hollywoodienne faite de succès comme Sept ans de réflexion ou Certains l'aiment chaud. C'est donc sous l'autorité d'un cinéaste qui a su faire valoir son talent à l'étranger que les différents prix ont été décernés. Moritz Bleibtreu a reçu celui de la meilleure interprétation pour sa performance dans Das Experiment (L'Expérience) d'Olivier Hirschbiegel.

Quant au Lola d'argent du film allemand, il est revenu ex aequo à Crazy de Hans-Christian Schmid et Der Krieger und die Kaiserin (Le Guerrier et l'impératrice) de Tom Tykwer. Le Lola d'or a été attribué sans surprise à Die innere Sicherheit, l'histoire d'une famille d'anciens terroristes exilés au Portugal qui rentre sous une fausse identité en Allemagne. Un thème cher aux cinéastes germaniques, tel Volker Schlöndorff qui signait il y a peu les Trois vies de Rita Vogt, l'itinéraire d'une terroriste ouest-allemande passée de l'autre côté du mur.

Malgré l'air de fête qu'affichaient tous les participants à cette soirée qui devait se finir dans le faste de l'Hôtel Adlon, une ombre obscurcissait le tableau. Celle d'une crise du cinéma allemand, question largement débattue dans les colonnes des magazines. Outre la présence du Maire de la capitale Klaus Wowereit et du Ministre de la Culture Julian Nida-Rümelin, les journalistes ont souligné la venue du Gerhard Schröder : un signe politique fort alors que la production cinématographique allemande s'exporte mal.

Le Chancelier estime que le septième art de son pays n'est pas en crise et qu'il n'entend pas renforcer les aides de l'Etat contrairement à la France. Il a également regretté que les Européens soient tentés de copier les films américains. Des déclarations censées rassurer le monde du cinéma allemand.

A.C.

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