Le 23e Festival de Moscou s'est achevé samedi 30 juin sur des airs de french cancan. Imitant le Festival de Cannes qui avait choisi de projeter Moulin Rouge en ouverture, la capitale russe a préféré finir sa manifestation en beauté, dans les jupons des danseuses du célèbre cabaret parisien. Outre la programmation de cette tragédie musicale, la cérémonie de clôture a été marquée par la venue de Jack Nicholson, auquel le Festival a rendu hommage en lui décernant le Prix Stanilslavski.
Par ailleurs, le jury du Festival, présidé par Margarethe von Trotta, a remis Le "Saint George d'or" à un autre Américain, Henry Bean, pour son premier film The Believer. Le tout jeune metteur en scène qui fait ses débuts au cinéma, y raconte l'histoire d'un étudiant juif attiré par l'idéologie fasciste. Autre réalisatrice récompensée pour ses prises de position, l'iranienne Rakhsham Bani Etemad, s'est vue attribuer un prix spécial pour sa chronique sur la vie à Téhéran, intitulée Sous la peau de la ville. Quant au prix de la critique FIPRESCI, il a été décerné aux Aveugles du hongrois Peter Timar.
La Russie, qui ne présentait aucun long métrage en sélection officielle, figure malgré tout dans le palmarès grâce au prix très controversé du meilleur acteur, remis à Vladimir Machkov pour son rôle dans la production allemande Quickie. Rie Miyazava a été couronnée meilleure actrice pour sa performance dans le film chinois Peony Pavillon.
Une fois n'est pas coutume, le Festival de Moscou s'est démarqué par la qualité de sa programmation et de son organisation. En témoigne la présence de Sean Penn, Woody Harrelson, Lara Flynn Boyle, Peta Wilson, Tilda Swinton et Sandrine Bonnaire qui, contrairement aux années précédentes, ne se sont pas décommandés à la dernière minute... Parmi les nouveautés, les festivaliers ont également pu découvrir deux sections parallèles, aux noms évocateurs de "Liaisons dangereuses" et "Europe nouvelle".
Seule ombre à ce tableau moscovite : le manque de dynamisme flagrant de son marché du film... La création d'un marché du téléfilm n'y a rien changé : les projets de productions ou de coproductions russes se font toujours aussi rares ! Ce qui s'annonçait comme une renaissance du Festival de Moscou aux rangs des grands événements consacrés au cinéma, reste donc sévèrement entaché par le manque de fiabilité technique nationale.
A.Z.