"Vue sur les docs" rend son verdict

Le Festival international du documentaire de Marseille, qui s'est déroulé du 27 juin au 1er juillet, a récompensé le film chilien "Le Cas Pinochet".

La 12e édition de "Vue sur les docs", qui se déroulait dans le théâtre de la Criée de Marseille du 27 juin au 1er juillet, a privilégié les productions de trois continents. Selon Laurent Roth, directeur du Festival, "l'avenir se décline en trois A : Asie, Afrique et Amérique Latine". Une déclaration qui s'est avérée des plus justes dimanche, puisque le réalisateur chilien Patricio Guzman a reçu le Grand Prix du jury pour son film intitulé Le Cas Pinochet. Présenté à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et encore inédit en France - sortie prévue le 17 octobre prochain -, ce documentaire qui a été filmé pendant l'instruction du procès Pinochet, témoigne des atrocités commises par son régime dictatorial.

Dédié aux "fictions qui reconstruisent le réel avec la distance nécessaire du regard", le Festival affichait cette année une thématique essentiellement politico-sociale. Journaux intimes, fresques poignantes ou documentaires tendance reportages... La plupart des 28 films sélectionnés ont abordé des sujets épineux, n'hésitant pas pour cela à remettre en cause la légitimité de leurs gouvernements respectifs.

Exemple parmi tant d'autres, La Fin de l'infini dénonce la disparition annoncée de certains corps de métiers. Réalisée par un trio de cinéastes brésiliens (Lucas Bambozzi, Cao Guimaraes et Beto Magalhaes), cette galerie de portraits a remporté le Prix Georges Beauregard. Parmi les lauréats des compétitions parallèles : le taiwanais Hsu Juei-Lan s'est vu attribuer le Prix Premiers pour My own private green island. Carnet de notes à deux voix du duo belge Frédéric Fichelet et Rajae Essefiani, a reçu le Prix du jury inter-religieux. Récompensé du Prix Planète, Le Voyage à la mer du français Denis Gheerbrant a séduit un jury composé de spectateurs. Enfin, La Nuit du coup d'état de Ginette Lavigne a remporté la compétition française.

La manifestation prend de l'ampleur. Les organisateurs avouent cette année avoir dépassé le cap des 11 000 festivaliers. Preuve flagrante que le documentaire, encore considéré comme un genre mineur, suscite l'engouement accru des spectateurs.

A.Z.

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