La Villette dans les étoiles

Le 12e Festival en plein air de la Villette à Paris vient d'ouvrir ses portes jusqu'au 20 août. Découvrez notre reportage vidéo.

Voilà maintenant douze ans que le Parc de la Villette à Paris accueille un Festival de cinéma en plein air dans sa prairie du triangle. Les aléas climatiques ne permettent pas toujours de projeter tous les longs métrages prévus au programme. Mais la plupart des soirs d'été, des milliers de parisiens peuvent s'étendre sur la pelouse et pique-niquer en attendant le film. Un véritable lieu de sociabilité où certains fêtent même leur anniversaire.

L'un des chefs d'orchestre de cette manifestation est Jean-Michel Frodon, critique de cinéma au journal Le Monde mais aussi programmateur du Festival en plein air de la Villette depuis trois ans. Il a confié à AlloCiné comment il choisissait les films. Il commence par concocter une liste en collaboration avec les responsables du Festival, en tâchant d'équilibrer oeuvres à grand spectacle avec films d'auteurs, et d'alterner productions américano-françaises avec cinéma du monde. Il s'agit ensuite d'obtenir les autorisations et de trouver des copies en bon état. La logique de ces projections n'étant pas commerciale mais artistique et culturelle, l'entrée du Festival est gratuite.

Selon Jean-Michel Frodon, loin de concurrencer les exploitants de salles, la Villette peut donner le goût d'aller au cinéma à un public qui ne fréquente pas les institutions cinématographiques classiques, type le Forum des Images. Cette année, sur le thème "Familles, clans et tribus", il a pris soin de placer aussi bien Little big man d'Arthur Penn que Kadosh d'Amos Gitaï, Le Parrain II de Francis Ford Coppola à côté d'A la vie, à la mort de Robert Guédiguian. Avec un écran de 26,50 mètres de base sur 13,50 mètres de hauteur et un son d'une grande qualité, les conditions sont optimales pour savourer l'un des 36 films présentés.

Jean-Michel Frodon conclut: "Quand on voit un film dans ces conditions là, ça crée un plaisir et une sorte d'empathie, un partage collectif, avec à la fois ce qui se passe sur l'écran et la manière dont la salle réagit. L'année dernière par exemple, 7000 spectateurs ont assisté à la projection d'un film soviétique des années trente : Au bord de la mer bleue de Boris Barnet. 7000 spectateurs, c'est plus que ce qu'aurait fait le film en trois mois d'exploitation dans une salle du quartier latin. Ca provoque une sorte d'électrochoc, un court-circuit entre un public, qui pour la plupart ne sait pas qui est Boris Barnet, et un film qui est loin d'être un blockbuster mais qui est porteur d'une émotion accrue par ces conditions de projection."

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Amélie Charnay

Images: Sébastien Raynal

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