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    Interview : "Sangue vivo"
    27 févr. 2002 à 10:00

    Avec "Sangue vivo" à l'affiche ce mercredi, Edoardo Winspeare nous entraîne dans sa région, le Salento, au sud-est de l'Italie. Allociné l'a rencontré.

    AlloCiné : Qu'est ce que la pizzica, la musique traditionnelle du Salento, région du sud de l'Italie où se déroule "Sangue vivo" ?
    Edoardo Winspeare : Avant Sangue vivo, j'avais réalisé Pizzicata où une femme "piquée par une tarentule" se faisait exorciser en dansant la pizzica au rythme des tambourins. Cette pratique permet de se libérer des frustrations en rentrant dans une sorte de transe. "La piqûre par une tarentule" est en fait une métaphore qui représente toutes nos blessures intérieures qu'il faut, à un moment donné, extérioriser. La pizzica, qui se transmet de génération en génération, est, en quelque sorte, un état modifié de la conscience. La famille de Pino Zimba, l'acteur principal du film, avait été exorcisée grâce à la pizzica.

    Pino Zimba joue un personnage inspiré de sa propre vie. Comment l'avez-vous rencontré ?
    C'est le père de la comédienne principale de Pizzicata. Il avait déjà un petit rôle dans ce film. Sur le tournage, il m'a raconté sa vie que j'ai trouvée très intéressante. Alors que tout le monde veut la sécurité (une maison, un travail, une famille qui ne manque de rien), lui s'est marié trois fois, a sept enfants et a fait de la prison. Quand je parlais politique avec Lamberto Probo, l'autre acteur principal de Sangue vivo, Pino nous demandait de nous taire, cela ne l'intéressait pas. Il vit en marge mais est pleinement heureux. C'est un excellent musicien qui fait partie du groupe Zoé qui perpétue la pizzica.

    Parlez-nous de la région du Salento dont vous êtes originaire...
    C'est une région du sud-est de l'Italie, face à la Grèce. On y parle un dialecte qui est un mélange de grec et d'italien. C'est un lieu à part, pas encore influencé par la culture occidentale. Le titre Sangue vivo explique qu'il y a des hommes qui, malgré le chômage et la perte de la vie paysanne, ont le sang vif. Il y a une tranquillité dans les gens liés à cette terre par rapport à l'anxiété des sociétés occidentales.

    L'image de "Sangue vivo" possède des couleurs très chaudes, terriennes. Comment avez-vous travaillé avec votre directeur de la photographie ?
    Pour le rêve du début et de la fin, nous avons utilisé une pellicule qui permettait d'avoir des contrastes très forts. Pour les scènes de nuit avec les quatre garçons, nous avons opté pour une lumière acide qui donne un effet néon afin d'accentuer la tristesse. Nous avons également beaucoup travaillé en fonction de la nature environnante, de la couleur des pierres. Pour filmer les personnages, nous avons beaucoup réalisé des gros plans car, chez nous, la communication passe beaucoup à travers les yeux...

    Propos recueillis par Marie-Claude Harrer

    Retrouvez deux extraits de "Sangue vivo" en version originale ( - )


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