Retrouvez notre site spécial Deauville
L'origine du projet
Matt Dillon : L'idée pour City of ghosts m'est venue à la suite d'un voyage que j'avais fait au Cambodge, en Asie du sud-est. J'y ai rencontré pas mal de vétérans de guerre, des personnes qui semblaient fuir quelque chose. J'ai eu envie d'en savoir plus sur ce genre de personnages. L'ébauche de l'histoire, l'idée de base m'est donc venue de là ; l'idée qu'un homme puisse fuir les États-Unis pour rejoindre son mentor, son associé, son ami et mentor.
Tourner au Cambodge
Cela représentait beaucoup de stress, surtout à cause des délais. Nous étions pressés par le temps pour tourner le film. Nous disposions que de sept semaines pour tout faire. Certains endroits en particulier nous ont posé des difficultés... Par exemple, nous avons filmé en haut d'une montagne, le Mont Bokor. Mais, il y avait eu de fortes pluies et les routes avaient été emportées. Nous avons dû reconstruire les routes afin de pouvoir atteindre le sommet. Autre problème, nous devions nous méfier des mines. Il fallait faire vérifier tout un terrain pour retirer les éventuelles mines avant de pouvoir filmer. Sans oublier les conditions climatiques ! Voici donc le genre de défis que nous avons dû affronter lors du tournage.
Le métier de réalisateur m'a appris à être patient face à toute épreuve, surtout quand vous travaillez en Asie. C'est un autre monde, qu'il faut respecter. Si vous acceptez le défi de travailler dans des conditions difficiles, alors, tout se passe bien. En revanche, si vous essayez de résister, de lutter contre, c'est là que les choses se compliquent.
L'atmosphère du Cambodge
Parce que nous filmions sur place au Cambodge, l'atmosphère ne pouvait être qu'inhérente. J'ai essayé d'être réceptif à tout ce qui m'entourait, y compris l'atmosphère et la ‘consistance' de ce pays, les possibilités de casting, etc. J'ai rencontré de nombreuses personnes, dans la rue, dans des cafés... Pendant le tournage, j'ai souffert d'une forte fièvre. Un médecin vietnamien, enfin une sorte de médecin masseur, qui était aveugle, est venu me soigner. Sa tête m'avait plu. Je l'ai mis dans mon film, ainsi que d'autres personnes qui m'avaient intriguées : un casting spontané. La plupart d'entre eux n'étaient même pas des acteurs professionnels.
Propos recueillis par Thomas Colpaert et traduits par Camille Joubert