Douze lesbiennes canadiennes, américaines, françaises, d’âge, de couleur, de culture différentes (universitaire, artiste, écrivain, etc…) parlent sans détour et avec humour des multiples aspects de l’identité lesbienne. Leur seul point commun est leur affirmation et leurs plaisirs de lesbienne. Loin du dogmatisme, ce document est une joyeuse suite de prises de positions.
Cette année, Philippe va connaître un “vrai changement de vie”. Il prend sa retraite, et doit quitter la ferme, dont il n’est pas propriétaire. Alors dans l’herbage, juste à côté, là où ils ont toujours mis les vaches, il va construire sa maison. Une maison “Cléverte”.
Les rêves sont-ils décidément inconciliables avec une carrière florissante ? Entre sa future vie de médecin et son attirance pour le milieu de la danse, Jérôme va devoir choisir. Si ses amis l’aident à entretenir le feu de sa passion, ses parents voient d’un mauvais œil ses aspirations artistiques.
“– Ne vois-tu rien venir ? – Je ne vois que le ciel qui rougeoie et le chemin qui poudroie…” Depuis une tour de guet en Ardèche, la réalisatrice apprend avec une amie à repérer et signaler les départs de feux de forêt. Dans le même mouvement, son regard ainsi déplacé interroge des histoires de violence dite domestique. Que voit-on, alors, que l’on ne s’attarde pas à nommer d’habitude ?
1895. Les Frères Lumière mettent au monde le cinéma. Pierre Tchernia rend hommage à l'œuvre originelle "L'arroseur arrosé" avec ces sketchs joués en mode Far-West, Hitchcokien ou comique troupier... Pierre Dac, Roger Pierre ou encore Jean-Marc Thibault n'hésitent pas à se mouiller et livrent des variations stylistiques loufoques ou bourrées d'humour.
Serge Daney a été collaborateur des “Cahiers du cinéma”, avant d’en devenir le rédacteur en chef dans les années 1970, puis responsable des pages cinéma et éditorialiste à “Libération”. Il fut enfin l’un des fondateurs de la revue de cinéma “Trafic”. En 1992, dans ces entretiens avec Régis Debray pour l’émission Océaniques, celui qui se définit comme un “ciné-fils”, fait défiler sa vie et les films qui l’ont vu grandir. En racontant le cinéma américain (Hawks, Hitchcock…), la “Qualité française”, la Nouvelle vague, Mai 68 et la politisation de la cinéphilie, l’irruption de la télévision et de ses codes spectaculaires, il nous lègue non seulement une mémoire mais surtout une morale de l’image.
À Soulac-sur-Mer, en Gironde, la résidence Le Signal, bâtie en 1967, a été évacuée le 29 janvier 2014, en toute urgence, parce que l’ensemble du bâtiment risquait de basculer dans l’océan. Raconter l’histoire de cet immeuble, c’est faire le récit de ce qui arrive ou arrivera pour plus de la moitié des habitants de cette planète, ceux qui vivent sur le littoral et qui assistent impuissants à l’érosion du trait de côte.
“Madame Saïdi” est le portrait d’une comédienne iranienne pas comme les autres. Mère de martyr de plus de 70 ans, figure d’Ali Abad, son quartier populaire du sud de Téhéran, elle est devenue, sur le tard et à la surprise générale, star de cinéma.
Dans un petit village de l’est de la France se répètent quotidiennement les mêmes gestes. Couper du bois, traire une vache, coudre un vêtement, faire sortir un légume de terre…
Une scène, un cercle, un “ron” ! Anne, Carpanin, Francky et d’autres poètes s’y succèdent. Leur langue créole claque, leurs pieds vibrent sur la terre basaltique en mémoire aux ancêtres. “Oté fonnkézèr, detak la lang, demay lo kèr” (Oh poète, débloque ta langue, démêle ton cœur), souffle Axel. Si la poésie avait cet étrange pouvoir d’aider à panser les plaies et les injures de l’Histoire, si elle était une manière d’être au monde, alors, sur l’île de La Réunion, elle se nommerait “fonnkèr” (fond’cœur).
Comment tenir le coup suite à l’annonce du handicap de son enfant ? Cette nouvelle est comme un raz-de-marée, quelque chose qui vous fait vous vider de votre sang. Tout ce qu’on a rêvé éclate face à ce drame qui s’empare de votre vie. Et puis, très vite, c’est autre chose qui prend le relais. “Pour rester vivante, j’ai filmé au quotidien ce que je vivais avec mon fils et je suis partie en tournée avec une troupe de danseuses quelques jours par mois pendant deux ans. Si je voulais aider mon petit, je devais aussi penser à moi.” C’est d’abord aux parents que les hôtesses de l’air conseillent de placer le masque à oxygène en cas de dépressurisation. Puis sur leurs enfants.
Dans un bar, des filles légèrement vêtues et des hommes en costard-cravate se rencontrent pour la première fois. Elles sont là pour leur tenir compagnie et ne semblent pas s’opposer à la drague ouverte. Ils boivent, s’amusent et passent la nuit dans ce bar, nouant des relations ambigües, s’adonnant à des jeux lascifs et des conversations pleines de sous-entendus. Sans aller jusqu’au rapport sexuel.
Adaptation du conte musical de Serge Prokofiev par la troupe de marionnettes géantes d'Angoulême. Dans un décor de toile peinte, les manipulateurs déambulent avec leurs personnages grandeur nature tandis qu'un récitant, présent sur la scène, raconte l'histoire de Pierre et du Loup.
Dans ce documentaire scénarisé, une famille de citadins se réfugie à la campagne pour exploiter une ferme. La mère s'occupe de la maison et des volailles, la petite fille des moutons... Le père cultive les champs sans tracteur sous le regard amusé des paysans. Une idée du père va cependant révolutionner la vie du pays...
Pour beaucoup, le nom d'Anouk Aimée évoque l'amoureuse endeuillée du film "Un homme et une femme", de Claude Lelouch. D'autres encore revoient Lola et sa silhouette à collant ajouré dans le film de Jacques Demy, ou encore, l'évoquent, nocturne et provocante, dans le rôle de l'aristocrate libertine de la "Dolce Vita", de Fellini. Malgré sa carrière internationale et ses récompenses, Anouk Aimée avait su préserver son intimité et sa vie privée. Elle était discrète, secrète et ses confidences étaient rares. Dans ce film, la comédienne revenait sur les lieux de sa vie, comme l'arrondissement parisien où elle vivait petite fille sous l'Occupation, la bohême Saint-Germain-des-Prés, ou les planches de Deauville, en compagnie de Claude Lelouch.
Olivier est un pharmacien hypocondriaque qui consulte régulièrement ses collègues médecins. Incapable de répondre à la question récurrente des antécédents familiaux, il décide de mener l’enquête sur son père biologique. Obnubilé par ses recherches et inquiet des réponses qu’il trouve, il en oublie l’essentiel…
Sheperds montre à quel point les vaches sont un élément fondamental de la vie et de la société au Lesotho, un pays minuscule enclavé à l’intérieur de l’Afrique du Sud. Leur valeur est tant symbolique que matérielle, leur possession est donc capitale. Le film a été tourné dans une prison pour voleurs de bétail. Ils racontent leur vie et expliquent pourquoi ils en sont arrivés là.
Il y a ce fil tendu entre la machine et le vide, entre le dameur et la pente, entre Guillaume et ses pensées. Chaque nuit d’hiver, Guillaume parcourt les pistes et la montagne pour redonner forme à la neige. Seul dans la cabine, il fait corps avec sa machine dans un équilibre fait d’allers et venues, sans cesse répétés. Il lui faut s’accrocher à la nuit, à ses zones d’ombres, inventer sa route.
Un jour, je ne sais plus pourquoi, je repensai à Bertrand, étudiant en cinéma. Il avait filmé de longs plans fixes dans la maison où nous avions fait l’amour. Trente cinq ans plus tard je remis sur le tourne-disque de Jean Lambert (seul objet qui me soit resté de lui) « Variation pour une porte et un soupir » que Bertrand avait associé à ses prises de vues.
Quelque part en France, des hommes découvrent l’enregistrement en russe d’un texte mystérieux. En essayant de l’interpréter, chacun d’entre eux révèle quelque chose de sa propre pensée, de son propre destin. Pendant ce temps, la voix à jamais inconnue poursuit sa litanie enchantée.
1967 : près de 100.000 jeunes déferlent spontanément à San Francisco pour changer de vie, et tenter de dépoussiérer le vieux monde. C’est le "Summer of Love". 1969 : Woodstock et la naissance des festivals, symboles forts de la contre-culture et de l’anti-capitalisme. 50 ans plus tard : les festivals ont pris la forme ultime d’industrie culturelle ; et ses festivalier·ères, celle de la masse qui les consomme de manière passive. Peut-on encore vivre une expérience spirituelle dans ces nouveaux sanctuaires de consommation ? Les spectateur·rices réussissent-il·elles à créer leur propre expérience subversive comme autant d’individus constituant une masse ? Ces questions ont animé (LA)HORDE tout au long du tournage. Tout en scannant la foule avec leurs caméras, il·elles ont capturé la grâce certaine que le rassemblement possédait. Et des moments suspendus inattendus ont fait osciller le propos entre paganisme désenchanté et spiritualité animale, liesse et inquiétude, extase et descente, désenchantement et lumière.
Sur les traces d’Augustinas Baltrušaitis, réalisateur et acteur renommé de l’époque soviétique, Audrius Stonys mène l’enquête sur les motifs qui ont conduit son alter-ego à être envoyé dans les oubliettes de la société et de la mémoire.
À la vieille de Noël un garçon de huit ans rêve de cadeaux mais sa mère, une modeste blanchisseuse veuve, lui rappelle leur pauvreté ! Son fils décide alors de "jouer au réveillon" ! Le jeune acteur, Emmanuel Salinger deviendra l’interprète de plusieurs rôles dans les films d’Arnaud Desplechin.
Koffi conduit des personnes “en situation de handicap et à mobilité réduite”. Calme et silencieux, il part chaque jour sillonner Paris dans son véhicule. Attentats, état d’urgence, manifestations, campagne électorale : rien ne semble pouvoir interrompre le temps suspendu de son vaisseau qui le tient à distance de l’agitation d’une capitale dans la tourmente.
Depuis la scène d’un théâtre de plein air du Bois de Boulogne, Heden, Claudia et Samantha, travailleuses du sexe, racontent le Bois comme leur lieu de travail. Par-delà leurs récits, les paysages du Bois accueillent la voix-off d’une narratrice queer qui raconte des histoires. Partant de sa création sous le Second Empire, alors en pleine expansion coloniale, pour mieux revenir au présent, elle donne à comprendre le Bois comme une chasse gardée de la haute société française où des travailleuses du sexe se sont fait une place depuis plus d’un siècle.
“La sculpture c’était une manière de me consoler moi-même. C’est pas uniquement en lien avec la tristesse, c’est en lien avec toutes les émotions. C’est comme si je pouvais bercer mes émotions, ou leur offrir un berceau”. Dans son atelier, l’artiste Johanna Monnier nous parle de son lien avec son travail : sculptures vivantes, costumes d’êtres imaginaires… à travers ses créations elle a trouvé une sécurité, une manière d’exister et d’aimer. Sa parole éclaire les univers sensibles qu’elle invente, ses créations s’animent, mises en scène dans un jeu complice entre l’artiste et la réalisatrice. Un film sur l’acte de création comme force de vie.
Dans la province de Salerne, en Campanie, un village attire de plus en plus de pèlerin·es, quelquefois plusieurs centaines par jour. En bus, voiture individuelle et même à pied, il·elles viennent intercéder auprès de Saint Antoine afin d’obtenir une protection contre les démons et les catastrophes. Cela par l’intermédiaire d’une certaine Giuseppina qui s’incarne dans l’âme défunte du jeune Alberto, petit-fils de l’ancien séminariste décédé accidentellement une dizaine d’années auparavant. D’incroyables comportements (crises d’hystérie, délires de possession), discrètement tolérés par les instances catholiques – mieux vaut une brebis égarée qu’un incroyant communiste – apparaissent et l’on assiste à la “naissance d’un culte” …
Mahamadou, Diané et Farid ont chacun perdu un frère à la suite d’une intervention de la police française au cours des dix dernières années. Depuis, ils vivent au quotidien avec la souffrance, l’impossibilité de faire le deuil et la détermination à obtenir justice.