Toute une génération d’enfants qui ont perdu des proches dans les attentats du 11 septembre 2001 a maintenant atteint l’âge adulte, avec probablement beaucoup de choses sur le cœur. Est-ce le cas pour le réalisateur Eusong Lee, qui nous livre Will, ce tout petit film à la fois poétique et amer ?
Un enfant joue avec un yoyo et écoute inlassablement le dernier message téléphonique laissé par son père, alors que les tours jumelles étaient sur le point de s’écrouler. Le yoyo descend et remonte le long de son fil. L'enfant regarde ce processus en imaginant qu’il peut remonter dans le temps, lui-aussi, et prendre l’appel manqué de son père. Et, pourquoi pas, le ramener à la vie, par la même occasion.
Les plaies laissées par le 11 septembre 2001 sont toujours béantes, mais de talentueux cinéastes font usage de leur art pour les cicatriser. Le court métrage Will est un de ces films qui aident à mieux panser.
Gauthier Jurgensen