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    Le 13ème homme vu par son producteur Harry Roselmack
    8 juil. 2014 à 19:00
    Maximilien Pierrette
    Maximilien Pierrette
    -Journaliste cinéma
    Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, il fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans l’émission FanZone.

    Centré sur un joueur de foot qui perd pied, "Le 13ème homme" sera visible dans les salles MK2 à partir du 9 juillet. Un court métrage notamment produit par Harry Roselmack, qui est revenu sur cette expérience avec nous.

    A partir du mercredi 9 juillet, les habitués du réseau MK2 pourront découvrir le court métrage Le 13ème homme (visible ci-dessus) dans les salles du circuit. Soient 7 minutes dans la tête d'un footballeur mentalement harcelé par les pressions qu'il subit de toutes parts, chaque son lui rappelant un aspect de son métier. Un film-choc que l'on doit à Alex Dell et Julien Benmussa, mais également Harry Roselmack, producteur de l'oeuvre. Des premiers pas sur lesquelles le journaliste est revenu avec nous.

    AlloCiné : Comment vous êtes-vous retrouvé sur ce projet de court métrage ?

    Harry Roselmack : Le projet m'a été introduit par deux personnes avec qui je travaille depuis plus de quatre ans sur l'émission de reportage documentaire "En immersion" : Alex Dell, qui est journaliste - car il en faut avec moi pour préparer les sujets - et Julien Benmussa, qui est monteur. Quand tous deux m'ont parlé d'un format de fiction, j'ai trouvé qu'il serait sympa de continuer à travailler avec eux ainsi sur quelque chose qui se rapprocherait de "En immersion".

    C'est vrai qu'avec sa façon de montrer une facette méconnue du milieu du football, "Le 13ème homme" ressemble à un prolongement cinématographique de "En immersion".

    Oui : le principe de "En immersion" est d'approcher des personnes par rapport à ce qu'elles paraissent être, afin de dépasser les stéréotypes. Avec Le 13ème homme, nous avons la même approche vis-à-vis du monde du football. C'est un milieu où il y a parfois des suicides médiatiques : des sorties qui sont parfois inexcusables, mais qui font du tort au joueur en question. Donc l'idée, ici, était de chercher à comprendre pourquoi ce genre de chose arrive.

    Profiter de la mise en lumière du sport

    Etait-ce donc prévu que le court métrage soit diffusé dans les salles de cinéma pendant le Mondial au Brésil ?

    Non, ce n'est pas un hasard : on s'est dit qu'il fallait profiter de la mise en lumière du sport pour tenter de trouver des explications à ce que font les joueurs. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est un sujet qui intéresse très peu mes confrères alors qu'il y a beaucoup à dire dessus, notamment lorsqu'un joueur cherche à cacher ses faiblesses et le fait qu'il soit mal dans cette vie-là. La raison, c'est que le football est un milieu ultra-compétitif, où la moindre faiblesse peut vous tuer. Alex connaît bien ce monde pour avoir travaillé dedans, et la prochaine étape serait de réaliser un documentaire. Mais il est très difficile d'en faire parler ses acteurs.

    Pensez-vous que la diffusion du court métrage en salles peut aider à concrétiser ce projet, en incitant les acteurs à parler ?

    L'idée est avant tout de présenter une oeuvre de fiction qui raconte un phénomène, et pas de déclencher quelque chose. Le 13ème homme va au-delà du thème, qui est essentiel, car Alex et Julien tenaient à ce que l'on dise quelque chose. Mais c'est avant tout un exercice de style, et ils ont cherché à faire monter la tension pendant les 7 minutes que dure le court métrage, pour arriver à son paroxysme.

    C'est, à mon sens, très réussi, car il y a eu beaucoup de travail en post-production : vu qu'il n'y a aucune parole de la part de l'acteur principal, et que tous les bruitages ont été ajoutés ensuite. Et nous avons une grande performance de la part de Paco Boublard [interprète principal, ndlr], car beaucoup de professionnels disent qu'il est plus difficile de jouer un rôle sans parole.

    HTO Productions

    On ressent pourtant tout ce qu'un joueur de football peut endurer hors des stades et des caméras.

    Oui, nous avons cherché à montrer un ensemble de pressions que l'on ne voit pas comme telles, mais qui paraissent un peu plus évidentes lorsque l'on se met dans la peau d'un footballeur. Des pressions qui viennent de l'entourage, des supporters et des médias, et qui peuvent conduire à un dérapage.

    Vous êtes vous fait taper sur les doigts vu que vous possédez la "carte TF1", diffuseur de beaucoup de matches, et donnez une image négative du football ?

    Pour moi ce n'est pas une image négative, mais une image qui va rapprocher cet univers du nôtre. Nous montrons que tout n'est pas lié à l'argent, comme dans la vraie vie, et que les footballeurs sont avant tout des êtres humains. Donc on ne peut pas parler d'image négative à ce niveau. Et TF1 m'a aidé puisque j'ai pu rencontrer certains joueurs. Pas dans le cadre de ce court métrage ceci dit, donc je ne vais pas pouvoir vous faire de révélations à ce sujet. Mais Alex, grâce à son travail dans le sport, a côtoyé des gens comme Paco [le personnage principal, ndlr].

    A-t-il été compliqué de convaincre des figures telles que Raymond Domenech, Christian Jeanpierre ou Frédéric Calenge de participer ?

    Non, ça a été facile. Plus que je ne le pensais même. Les acteurs du milieu n'évoquent pas cet aspect car ils ont peur que ça leur nuise, mais il faut saisir toutes les composantes d'un sujet pour en parler, et c'est cette approche qui a séduit Raymond Domenech et Christian Jeanpierre.

    Je cherche surtout à faire du reportage documentaire

    Comment "Le 13ème homme" a-t-il obtenu une diffusion en salles ? Est-ce votre nom a pesé dans la balance ?

    Je pense que ça s'est passé comme pour tous les courts métrages : les producteurs l'ont présenté à différents circuits de salles pour tenter d'obtenir une diffusion. Dans notre cas, il se trouve que Nathanael Karmitz, que nous avons rencontré lors de l'événement Cinema Paradiso au Grand Palais [organisé par MK2, ndlr], a été séduit par la facture du court métrage, et décidé de le projeter dans son réseau.

    Pensez-vous que ce court métrage et sa diffusion peuvent vous ouvrir des portes ?

    Peut-être mais ça n'est pas mon but actuel. Aujourd'hui je cherche surtout à faire du reportage documentaire, et le court métrage permettait de se lancer dans une aventure entre copains, avec un sujet en adéquation avec "En immersion". Mais je n'exclus rien pour la suite : j'aime le cinéma mais je n'ai, pour l'instant, pas cette vocation et on verra sur le long terme.

    Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 2 juillet 2014

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